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(Crédit photo : Auburn Baseball Twitter)

Etat des lieux en baseball après un mois de compétition en conférence

La saison régulière de baseball universitaire entre actuellement dans sa dernière ligne droite. Il ne reste plus que trois week-ends avant les tournois de conférence et après cela, place à la grande danse. Ce dernier mois de baseball s’est principalement focalisé sur les rencontres internes aux conférences et nous allons vous présenter l’état des lieux à ce stade de la compétition pour les équipes du Power Five. Dossier réalisé en partenariat avec Timothée Gerber-Fleury

Les équipes des conférences ACC et SEC sont en grande forme et offrent un spectacle de qualité. Le quart sud-est des Etats-Unis domine les débats dans toutes les catégories tout en faisant de la place à quelques rares équipes de la Pac-12 et de la Big 12.

Revenons sur ce deuxième mois de la saison de baseball universitaire, avec un aperçu de ce dont il faut s’attendre pour le tournoi national. Vous y trouverez notamment quelles équipes sont les plus susceptibles d’y participer et celles pour lesquels il est trop tard.

Conférence ACC : les Hurricanes de Miami (FL) verront-ils le NCAA Tournament ?

  • Déjà qualifiés : #2 Louisville, #3 North Carolina, #8 Clemson, #13 Virginia, #21 Wake Forest
  • En ballottage favorable : North Carolina State, Florida State
  • En ballottage défavorable : Miami (FLA), Georgia Tech
  • Hors-jeu : Boston College, Virginia Tech, Duke, Pittsburgh, Notre Dame

Dans les classements “Top 25” de pré-saison, la conférence ACC était représentée par sept formations (#3 Florida State, #6 North Carolina State, #9 North Carolina, #12 Louisville, #15 Clemson, #17 Virginia et #21 Miami). Combien d’équipes ont réussi à se maintenir dans ce tableau jusqu’à présent ? Quatre et autant le dire immédiatement, celles qui en sont sorties se sont mis dans une vraie galère. Il s’agit de Florida State, NC State et Miami (FL).

Les Hurricanes de Miami (FL) sont dans la plus fâcheuse posture et auraient besoin d’une série de victoires miraculeuse pour entrevoir le tournoi final de la NCAA. Les floridiens ont notamment perdu des séries contre NC State ou Wake Forest, des matchs contre Duke ou Pittsburgh, sans parler des défaites improbables hors conférence contre Florida International ou Dartmouth. Pour atteindre la marque essentielle des 31 victoires, Miami doit remporter 9 de leur 10 derniers matchs dont 3 se joueront contre Virginia…

Si le miracle ne se produit pas, ce qui est hautement probable, les Hurricanes rateront le NCAA Tournament pour la première fois depuis 1973.

Cette saison cauchemardesque de Miami (FL) s’explique en partie par une inefficacité chronique à la batte, leur moyenne au bâton (.220) est la pire -et de loin- de la conférence. Un total qui s’explique en partie par les départs à la dernière Draft MLB de Willie Abreu (OF) et Zach Collins (C), mais on ne pouvait pas imaginer un tel désastre.

On retrouve aussi NC State en ballottage défavorable. Le Wolfpack se retrouve dans des situations de “must-win” constantes après avoir concédé trop de défaites contre des équipes théoriquement plus faibles comme Wake Forest, Boston College et Notre Dame. En dépit d’une dernière série compliquée contre Clemson à la fin du mois, NC State a un calendrier relativement aisé, mais pour atteindre le tournoi final de la NCAA, le Wolfpack doit faire ce qu’ils n’ont pas réussi encore cette saison : créer un momentum autour d’une série de victoires.

Jamais, NC State n’a trouvé son rythme cette année. Ni nuls, ni bons, ils sont restés tout au long de l’année dans le paquet et ce serait le bon moment pour en sortir.

Florida State a eu très chaud mais les Seminoles ont fini par sécuriser à 90% leur participation à leur 39ème NCAA Tournament consécutif. Malgré un bon départ, la formation devenue #1 des classements à la mi-mars avec un record de 13-3 s’est effondrée par la suite. En cause les blessures d’armes offensives comme Jackson Lueck, Dylan Busby et le freshman vedette Drew Mendoza. Pendant cette période délicate, ils ont notamment été balayés à domicile par North Carolina à domicile.

Depuis le début du mois, Florida State a su se remettre dans le bon sens, pouvant compter leur senior Quincy Nieporte et ses 47 RBI (5ème en ACC). Malgré une dernière série compliquée contre les leaders, les Cardinals de Louisville, les Seminoles ont un calendrier suffisamment favorable pour leur permettre d’accéder au tournoi final sans trop de soucis.

Dans le rang des déceptions dans une moindre mesure on peut évoquer la saison de Boston College, après leur bonne dernière saison, les Eagles sont complètement à la rue. Cette saison, ils n’ont inscrit que 6 homeruns, soit antépénultième total de la Division I, un chiffre scandaleux. On pouvait penser aussi que Georgia Tech et Duke auraient pu être des concurrents plus sérieux. Si on n’attendait rien de Virginia Tech, leur 74 coups de circuits (2ème de NCAA) peuvent être une vraie source de satisfaction.

Le seul “petit” qui fait forte impression dans cette ACC est Wake Forest. Les Demon Deacons poursuivent sur leur bonne dynamique de l’an passé où il avait atteint le tournoi final de la NCAA pour la première fois depuis 2009. Portés par leurs deux outielders juniors, Jonathan Pryor et Stuart Fairchild (respectivement 3 et 11 HR et une moyenne au bâton de .388 et .358), Wake Forest s’est assuré une place pour le tournoi final avec des victoires décisives dans des séries contre NC State ou Miami.

Désormais #21 du “Top 25”, cette équipe domine le pays en HR (75) avec notamment 15 unités pour Johnny Aiello et Gavin Sheets. Seul ombre au tableau : un ERA collectif des lanceurs beaucoup trop élevé (4.19) pour espérer quoi que ce soit en après-saison.

Du côté des têtes d’affiches, chez North Carolina, on vise clairement le titre. Impressionnant depuis le début de saison, les Tar Heels peuvent compter sur leur lanceur titulaire vedette, J.B. Bukauskas. Celui qui devrait être un tout premier choix de Draft MLB en juin, en est à 7 victoires pour aucune défaite en 10 apparitions avec un ERA à 1.53. Des chiffres fracassants qui font de lui le meilleur pitcher de toute la conférence ACC.

Plus globalement, c’est toute la rotation des lanceurs de North Carolina qui carbure très bien avec un ERA collectif à 2.74, soit le deuxième meilleur total de la conférence. Un “pitching staff” de qualité qui a permis aux Tar Heels de survoler cette ACC.

Idem pour Louisville. Schématiquement, on pourrait dire que le succès des Cardinals repose sur un seul homme, Brendan McKay, excellent lanceur et batteur. Il représente un tout premier choix de Draft pour ses qualités dans les deux secteurs de jeu. A la butte, il affiche un ERA à 2.15 et surtout un ratio de 12 strikeouts pour 9 manches. A la batte, il détient une moyenne au bâton de .390 agrémenté de 12 HR. Nous nous trouvons ici face à un phénomène rare, un Babe Ruth universitaire qu’on a hâte de voir à l’oeuvre chez les pros. Une chose est sure : il sera sélectionné très très haut lors de la prochaine Draft MLB.

Derrière Louisville, Clemson possède le troisième meilleur ERA d’équipe (3.16) et fait aussi sagement son trou cette année, avec seulement 8 défaites ils ont dépassé les attentes placées en eux. Les Tigers ont le frappeur avec la 5ème meilleure moyenne au bâton du pays (.413), Reed Rohlman, et un très bon lanceur partant senior Pat Krall (2.62). C’est une équipe globalement complète qui espère enfin passer les stades des Regionals pour la première fois depuis 2010.

Virginia a goûté aux joies du titre suprême en 2015, et cette saison, à défaut de briller dans les matchs de conférence, les Cavaliers se trouvent dans le bon wagon avec une équipe intéressante qui n’est pas spécialement puissante mais tout du moins dangereuse. Ils affichent la meilleure moyenne au bâton de l’ACC (.325) et surtout 72 bases volées -le meilleur total de très loin- dont 25 chipées par Jack McCarthy. Pavin Smith qui devait être leur leader déçoit un peu mais ils peuvent compter sur un Adam Haseley (.399 BA, deuxième meilleur total d’ACC) extrêmement régulier à la batte.

Certes, cette équipe est parfois trahie par ses lanceurs mais elle offre un visage séduisant. Il ne faudra pas les sous-estimer.

Conférence Big Ten : Du tout bon pour Michigan

  • Déjà qualifiés : Maryland, #17 Michigan
  • Ballotage favorable : Nebraska, Iowa, Minnesota, Indiana, Purdue
  • Ballotage défavorable : Michigan State, Rutgers
  • Hors-jeu : Northwestern, Illinois, Ohio State, Penn State

La conférence Big Ten n’est en général pas la plus palpitante des conférences lorsqu’il s’agit de baseball. La situation géographique de la plupart des écoles, au nord du pays, rend l’entrainement de février et les premières semaines de compétitions compliqués pour la plupart de ses programmes. De par ce fait, la conférence est généralement boudée par le comité de sélection du tournoi national et la Big Ten y envoie en moyenne 3 équipes chaque années.

Deux équipes sortent du lot cette saison. Les Terrapins de Maryland et les Wolverines de Michigan sont les deux formations qui sortent du lot alors que la fin de la saison régulière approche.

Michigan a connu beaucoup de succès lors des rencontres hors-conférence. A ce stade de la saison, l’équipe détenait le meilleur pourcentage globale de victoire de la conférence avec .767 et des victoires importantes contre Loyola Marymount, USC, Notre Dame et une série parfaite contre Oklahoma. Cette réussite hors-conférence vaut aux Wolverines une présence au Top 25 depuis sept semaines et actuellement a la 17e position. Le reste des rencontres de conférence devrait offrir aux Wolverines la possibilité de se rapprocher du haut du tableau à l’approche du tournoi de conférence. Et à ce rythme il est certain du Michigan recevra une invitation au tournoi national.

Maryland de son côté domine largement la discussion dans les rencontres de conférence (15-5). Surpassant ses adversaires de la tête et des épaules dans la majorité des rencontres, les Terrapins se sont construit une confortable avance sur le reste des équipes, ce qui devrait leur garantir une seed #1 lors du tournoi de conférence.

Dans leur ligne de mire se trouve cinq équipes ayant toutes de sérieuses chances de remporter le tournoi de conférence et décrocher une qualification pour le tournoi final de la NCAA.

Ce milieu de peloton est divisé en deux groupes : les équipes qui ont de bonnes chances d’être invitées au tournoi, en renforçant leur pourcentage de victoires et en prouvant leur domination jusqu’à la fin de la saison régulière. Il s’agit de Nebraska (9-5-1), Minnesota (9-6), Iowa (9-6), Purdue (9-6) et Indiana (10-7-1). Et quant aux équipes dont les chances sont un peu moins certaines, celles-là devront gagner le tournoi de la conférence Big Ten pour espérer accéder a la grande danse : Michigan State (7-8) et Rutgers (5-7) sont concernés par ce scenario. Et c’est leur seul alternative possible.

Mais ce n’est cependant pas mission impossible dans une conférence aussi ouverte que la Big Ten. Le tournoi se joue à 8 équipes et le seeding coïncide avec le classement à la fin de la saison régulière. En 2016, Ohio State a remporté le tournoi dans une finale face à Iowa. Les Buckeyes étaient entrés dans le tournoi de conférence classé quatrième et Iowa classé huitième. Et le résultat de la finale s’est joué sur un seul run, 8 à 7. Les Hawkeyes, classés huitièmes, sont passés très près du tournoi national. Comme quoi rien n’est perdu pour Michigan State ou Rutgers.

Les tournois de conférence offrent en baseball de grandes chances de rédemption mais aussi de chutes pour les favoris. Toujours en 2016, Minnesota classé premier et Nebraska classé second, ont tous deux échoué au premier tour. Il faut toutefois noter que le sort de Rutgers dépendra de la réussite ou l’échec des Spartans dans leur fin de saison. Si les Scarlet Knights remportent trois matchs de conférence de plus que Michigan State, ils seront qualifiés pour le tournoi de conférence Big Ten. Sinon, fin de saison.

Pour ce qui est des mauvais élèves, Northwestern (6-9), Illinois (5-10), Ohio State (5-10) et Penn State (2-13), les options sont maigres. Northwestern aurait besoin d’un sans-faute sur les 9 prochains matchs et espérer que Michigan State et Rutgers perdent tous leurs matchs pour espérer décrocher le dernier ticket pour le tournoi de conférence. Et pour les autres il n’y a plus rien à faire que jouer pour garder la tête haute. Une situation plutôt triste pour les Buckeyes d’Ohio State, champion en 2016 qui se retrouvent cette année au fond du classement.

Conférence Big 12 : Les texans en force !

  • Déjà qualifiés : #6 Texas Tech, #9 TCU, West Virginia
  • Ballottage favorable : #24 Texas, Oklahoma, Kansas
  • Ballottage défavorable : Baylor, Oklahoma State
  • Hors-jeu : Kansas State

Comme l’année dernière, une certaine tendance se dessine. #6 Texas Tech et #8 TCU domine les débats. Les Red Raiders avec un solide bilan global (36-12) squattent le Top 10 national depuis plusieurs semaines avec les Horned Frogs en embuscade deux places derrière.

Texas Tech peut compter sur la très bonne production de son lanceur titulaire Steven Gingery qui totalise à l’heure actuelle le plus de victoire de la conférence (8) ainsi que le meilleur ERA (1.55) et le plus grand nombre de strikeouts (81). S’il reste en bonne santé, il est un atout de choix pour finir la saison régulière en beauté. Il reste aux Red Raiders trois séries à jouer: à Ohio State, à West Virginia et contre Kansas. Ils devrait s’en sortir avec deux défaites maximum portant leur bilan à 42-14, 16-8 en conférence.

Le comité de sélection envoie en général trois ou quatre équipes de la conférence Big 12 au tournoi national de la NCAA. West Virginia (10-8) semble être en mesure de décrocher son ticket aisément, en particulier avec de bons résultats dans les séries contre Texas Tech, Texas et Gardner-Webb. 6 victoires sur les neufs matchs feront forte impression sur le comité.

Un autre candidat à la sélection, #24 Texas (9-8). Les Longhorns se trouvent dans une situation un peu périlleuse mais rien de dramatique. En ayant fait forte impression lors des rencontres hors-conférence, ils nichent dans le Top 25 depuis quelques semaines. Malheureusement, les résultats internes à la Big 12 sont tout juste suffisants pour flirter avec le milieu du classement. Un bon parcours lors du tournoi de conférence devrait garantir l’accès au tournoi national.

Oklahoma (8-7) peut encore impressionner avant la fin de la saison, notamment avec une série réussie contre TCU à la mi-mai. Une bonne production à la batte de la part de Renae Martinez et Steele Walker peut permettre aux Sooners de prendre l’avantage sur les lanceurs des Horned Frogs. Pour Kansas (9-9) il s’agira de prendre l’avantage sur Texas Tech dans la dernière série de l’année. Mais la tâche sera probablement un peu compliquée pour les Jayhawks, ne disposant pas de réel leader en attaque pouvant effrayer les lanceurs de Texas Tech. Mais un ticket pour le tournoi de conférence est assuré pour Kansas à moins d’une contre-performance dramatique dans les matchs à venir.

Pour Baylor et Oklahoma State, la seule solution pour une qualification au tournoi de conférence sera de devenir champion de saison régulière de la Big 12. Une tâche ardue à la vue des adversaires en présence, mais qui sait, ce n’est pas impossible. Les Cowboys peuvent notamment compter sur Garrett McGain avec la meilleure moyenne de la conférence et sur la bonne production de Conlin Simpson et Tyler Buffett.

Le sort semble être jeté pour Kansas State. Avec seulement 4 victoires pour 11 défaites en conférence, les Wildcats sont tout simplement trop loin d’Oklahoma State et sera la seul équipe à ne pas participer au tournoi de conférence en 2017.

Conférence Pac-12 : Oregon State sans opposition 

  • Déjà qualifiés : #1 Oregon State, #14 Stanford, # 19 Arizona
  • Ballottage défavorable : Utah, Washington, UCLA, Oregon
  • Hors-jeu : California, USC, Arizona State, Washington State

Pas de surprises en Pac-12 dans la hiérarchie. Oregon State mène la danse devant Arizona et Stanford. Les Beavers possèdent le meilleur record du pays et sont désormais classés #1, une saison magnifique symbolisée par le lanceur partant Luke Heimlich. En 11 starts et 80 manches lancées, le junior affiche un ERA à 0.78 (leader national en NCAA). Il est tout simplement intouchable. Sa principale qualité ? La commande de ses lancers. Il trouve systématiquement la strikezone et c’est un avantage fondamental à ce niveau-là. Il a beaucoup progressé par rapport à l’an passé et celui qui en début de saison était envisagé pour être sélectionné vers le 30ème tour de la prochaine Draft MLB devrait plutôt être choisi vers le deuxième tour.

Mais les Beavers n’ont pas qu’un seul fer de lancer sur le monticule mais bien trois ! Jake Thompson avec son ERA à 1.06 en 10 titularisations est le deuxième meilleur lanceur du pays. Non drafté l’an passé après trois premières saisons complexes à Oregon State, le senior est en état de grâce. Et puis comme si cela ne suffisait pas, Jake Mulholland est le meilleur releveur du pays avec ses 5 saves et son ERA à 1.02 (2ème en NCAA).

Tout le succès de cette formation repose donc sur leurs lanceurs car dans les statistiques offensives, les Beavers sont dans le dernier tiers de la Pac-12. A l’aube du tournoi final de NCAA, Oregon State et son ERA d’équipe à 1.88 (leader du pays) fait figure d’épouvantail.

En revanche pour les finalistes de l’an passé, Arizona, le constat est bien différent. Les Wildcats n’étaient pas attendus au top de la Pac-12, néanmoins, leur record de conférence est décevant. C’est principalement leur mauvais pitching qui est en cause ; avec un ERA cumulé à 4.21, Arizona ne peut pas espérer grand chose cette année. Ceci en dépit de battes efficaces, les Wildcats ont le meilleur AVG de la conférence Pac-12, portés par J.J. Matijevic (.401). Ils possèdent en tout 5 batteurs avec une moyenne au bâton supérieure à .330. Seul leur pitcher J.C. Cloney est solide sur la butte et poursuit sur sa grosse dynamique de l’an passé avec un ERA à 2.60.

Malgré leur record de conférence assez médiocre, les Wildcats atteindront une nouvelle fois le tournoi final de la NCAA. Ils détiennent le deuxième meilleure total de victoires de la conférence derrière Oregon et ex-æquo avec Stanford, grâce à 27 succès. Leur très favorable calendrier pour la dernière partie de la saison leur permettra d’équilibrer leur record de conférence.

Il s’agit d’une autre histoire du côté d’Oregon. Les Ducks portés par leur super closer freshman Kenyon Yovan (13 saves, 0.77 ERA) sont en ballottage défavorable pour l’accession au tournoi final de la NCAA. Pourtant, leur record de 25-14 est loin d’être ridicule mais le problème est que dans les semaines à venir, ils vont affronter Oregon State à quatre reprises et UCLA à 3 reprises. De quoi les éloigner d’un record à l’équilibre en conférence.

Les Ducks ne sont pas les seuls à se battre pour une place en après-saison. Utah, resté sur la même dynamique que 2016, solide à la fois à la batte et au lancer, fait face à un calendrier périlleux pour la fin de saison avec notamment une série face à UCLA qui sera en quête d’une qualification miraculeuse.

Car, oui, et cela peu de personnes l’avaient vu venir mais les Bruins sont presque hors course pour la qualification au tournoi final. La faute à des leaders offensifs qui n’ont jamais été dans le coup. Avec la moyenne au bâton la plus faible et un ERA d’équipe pas assez bon pour compenser, les Bruins n’ont jamais convaincu sur la durée malgré quelques belles performances. Pour se qualifier, ils doivent quasiment gagner tous leurs matchs et franchement on n’y croit pas vraiment.

Encore plus surprenant que UCLA, c’est le parcours de Washington cette saison, qui faisait clairement office de prétendant au titre de conférence. Avec leur bilan actuel, il n’y a rien d’alarmant même si on pouvait s’attendre à mieux, le problème c’est que dans leurs 4 séries restantes, ils doivent se coltiner notamment Arizona et Stanford, deux gros morceaux. Le soucis c’est que cette équipe (comme UCLA) est léthargique offensivement, et que derrière leurs deux leaders Joey Morgan (.340) et M.J. Hubbs (.310) il ne reste pas grand chose derrière. Les Huskies se retrouvent donc dans une situation complexe, où chaque match est un must win.

Washington State, Arizona State, USC ne verront pas non plus le tournoi final de la NCAA sans grande surprise même si on était en droit d’attendre un peu plus d’Arizona State qui n’a jamais vraiment existé. Avec un ERA collectif à 5.62, on sait à quoi imputer leur saison catastrophique. California en dépit d’un bon record de conférence a beaucoup trop perdu dans les matchs hors-conférence pour espérer une qualification.

Conférence SEC : Auburn se rêve en Coastal Carolina version 2016

  • Déjà qualifiés : #4 Kentucky, #5 Auburn, #7 Florida, #11 Mississippi State, #12 LSU, #18 Arkansas, Vanderbilt
  • En ballottage favorable : South Carolina, #15 Texas A&M
  • En ballottage défavorable: Ole Miss, Tennessee
  • Hors-jeu : Missouri, Georgia, Alabama

A trois semaines de la fin de la saison régulière, Auburn est qualifié pour le tournoi final de la NCAA. Quiconque aurait pu prédire cela en début de saison a été touché par la grâce. Presque tous les experts plaçaient les Tigers en tant que bon dernier de la division Ouest derrière Alabama. Alabama se trouve bien au fond (2-19, 15-29), mais Auburn surnage (14-7, 32-14) devant LSU ou Texas A&M.

C’est incontestablement la magie du baseball. Ceux qui n’ont pas été champions de conférence depuis 1978 sont désormais classés #7 au niveau national. Les Tigers ont notamment infligé aux Gators de Florida leur seul sweep de la saison et ont gagné de précieuses séries contre Arkansas et Mississippi State.

Beaucoup ont prophétisé la fin de la période de grâce d’Auburn mais rien à faire, les joueurs de l’Alabama ne cessent de gagner même s’ils le font souvent au terme de matchs accrochés. Pourtant, ils affichent un AVG d’équipe moyen (.282) et sont bons derniers en terme de HR (23) et un ERA d’équipe plutôt faible (4.02). Dieu sait que le baseball est un sport intimement lié à la statistique mais pour comprendre le succès d’Auburn, il faut se tourner vers l’état d’esprit de son équipe. Et il est “clutch”. Il se dégage des Tigers une énergie folle, une volonté de décrocher la victoire à tout prix qui frôle l’insouciance, à l’image de Coastal Carolina version 2016.

L’homme fort d’Auburn à la batte se nomme Jonah Todd, un freshman inconnu au bataillon qui propose la deuxième meilleure moyenne au bâton de la conférence SEC (.396). Au lancer, Casey Mize enchaîne après sa bonne saison de freshman et affiche des chiffres impressionnants (1.23 ERA en 9 starts). Le pitcher #1 d’Auburn est épaulé par le très bon junior Keegan Thompson qui, en 10 titularisations, évolue avec un ERA à 2.05.

L’autre surprise de taille s’appelle Kentucky. En tête de la division Est,  les Wildcats doivent ce succès à une grande réussite à la batte. Largement leader en AVG (.315), SLG % et OBP, cette domination des frappeurs à l’image du régulier Tristan Pompey (.376 AVG) et d’un Riley Mahan (18 doubles) toujours dangereux, leur permet de régner sur leur division. Leur pitching est suffisamment solide pour ne pas être surclassé par les gros et grâce à leurs battes en feu, ils ont même réussi à infliger une des six défaites subies par Louisville cette saison. Les Wildcats sans avoir une vraie star sur la butte restent sur une grosse dynamique même s’ils concèdent beaucoup trop de walks.

“La défense fait gagner des championnats” et cela risque de leur coûter cher à terme.

Toujours au rang des qualifiés, classés #2 avant la saison, les Gators de Florida sont les seuls favoris à avoir tenu leur rang. Ils devraient réussir à prendre la tête de la division à la fin du mois. Leur seule déconvenue a été le sweep encaissé contre Auburn. Même s’ils sont avant dernier en terme de moyenne au bâton dans la conférence, c’est évidemment leur staff de lanceurs qui les portent. Notamment leur duo de lanceurs partants Alex Faedo et Brady Singer en plus de leur closer Michael Byrne.

Vanderbilt sera aussi présent au tournoi final de la NCAA mais les Commodores un peu à l’image de Florida State n’ont pas eu la vie facile. Jaren Kendall, leur OF prévu pour être un très haut choix de Draft, répond présent. Il domine son équipe dans la quais-totalité des catégories offensives mais la déception vient du lanceur Kyle Wright. Lui aussi un des universitaires les plus suivis, il ne donne pas du tout satisfaction, avec un ERA à 3.66 et 6 défaites au compteur. Ce “strikeout” pitcher devra considérablement hausser son niveau de jeu lors de l’après-saison.

Toujours dans la division East, South Carolina aurait du jouer les arbitres entre Vanderbilt et Florida, mais les Gamecocks sont toujours à la lutte pour se qualifier. Ils ont perdu toutes leurs séries contre les leaders de la conférence (Kentucky, Auburn, Florida ou Mississippi Sate). Ce qui devait être leur force ; la batte, est devenue leur principal faiblesse avec seulement deux batteurs au-dessus de la marque des 0.300 de moyenne au bâton. 9ème de la conférence en HR, leur rotation de lanceurs n’est pas assez performante pour leur permettre de compenser cette léthargie offensive. Leur série à venir contre LSU sera absolument cruciale.

Les joueurs de l’Etat de Louisiane ont su tirer leur épingle du jeu dans cette division serrée grâce notamment à leurs deux lanceurs vedette, Alex Lange et Jared Poche, qui tiennent la baraque. Offensivement, Greg Deichmann (.343 BA et 15 HR) porte l’attaque performante des Tigers. Ils n’ont pas un calendrier facile avec des rencontres face à South Carolina, Auburn et Mississippi State mais leur accession au tournoi final ne fait pas de doute.

Les Tigers seront aussi accompagnés par Arkansas, leader de la conférence en HR (58) et Mississippi State dans le top-3 de la conférence de toutes les catégories offensives mais à l’agonie au lancer. Les Bulldogs n’ont pas de lanceurs partants solides et ont du bricoler toute l’année pour composer leur rotation. Mais bon quand on a un des meilleurs batteurs du pays en la personne de Brent Rooker (.413 BA, 19 HR) on peut se permettre quelques erreurs sur la butte.

Texas A&M et Ole Miss n’ont en revanche pas droit à l’erreur en cette fin de saison. Ces deux équipes sont pourtant des habituées de l’après-saison. Les texans ont pourtant un excellent groupe de lanceurs et quelques batteurs efficaces comme Braden Shewmake (.355 BA). Leur sweep encaissé contre Kentucky a vraiment déçu et ils n’ont jamais su se mettre au niveau des grosses formations. Leur calendrier est très compliqué avec des séries contre Arkansas, Mississippi State et Ole Miss.

Le vainqueur de cette série entre Ole Miss et Texas A&M prendra une sérieuse option sur la qualification, car les Rebels sont dans la même situation que les Aggies et devront se défaire aussi de Florida et d’Auburn. Pour cela ils vont devoir régler leur problème chronique d’attaque. Avec une moyenne au bâton collective à .255, Ole Miss pointe bon dernier de la conférence sur le plan offensif et avec aucun batteur au-dessus de la marque des .300, ils peuvent s’appuyer sur leurs lanceurs (3.02 ERA collectif, 1er en SEC), et notamment Ryan Rolison (ERA à 1.84 en 7 starts).

Dans cette conférence très serrée, seuls Missouri, Alabama et Georgia sont hors course sans grande surprise. Tennessee tient encore une petite chance d’atteindre l’après-saison même s’il faudra une fin de saison sans faute face à des équipes certes abordables.