Retour de la chronique Zooming On avec l'actualité chaude du Final Four, où l'on se doit de mettre en lumière le facteur X de Gonzaga sur ce tournoi (et sur la saison), le freshman Zach Collins.

On le sait, le secteur intérieur de Gonzaga est l’un des meilleurs du pays.

Nous avons tout d’abord Przemek Karnowski, le redshirt senior d’origine polonaise, titulaire indiscutable et pierre angulaire du système de son équipe. Puis, un quatuor de freshmen aussi talentueux les uns que les autres. Forcément, nous Français pensons immédiatement à Killian Tillie. Mais n’oublions pas Rui Hachimura (qui n’a pas énormément de temps de jeu) et Jacob Larsen, qui n’a pas foulé une seule minute les parquets universitaires à cause d’une blessure.

Mais par-dessus tout, vous avez l’attraction de Gonzaga : Zach Collins. Il est le seul lycéen avec le titre honorifique All-American à rejoindre le programme des Bulldogs dans l’histoire de l’école. De quoi poser dès son arrivée une hype et une pression sur ses jeunes épaules.

Le natif de Las Vegas était classé #88 de sa promotion mais n’avait pas attiré les foules dans son processus de recrutement. San Diego State, California, Utah, Arizona ou encore New Mexico. Pas de très grandes écuries prestigieuses, qui à l’heure actuelle, peuvent et doivent s’en mordre les doigts.

Oui, Zach Collins est la révélation de la saison du côté des Mid-Majors. Pour sa première saison universitaire, il affiche une moyenne de 10 points, 5.9 rebonds et 1.7 contres en… 17 minutes de jeu ! Bien loin de la hype concernant les prospects de sa promotion, il n’en demeure pas loin un joueur indispensable à son équipe et qui influe de sa présence, que ce soit offensivement ou défensivement.

Pour les amateurs comme moi de statistiques avancées, voici le rendement du prospect. 67.2% à deux points, avec comme comparaison (à l’époque universitaire) : Jakob Poeltl (Utah), Joel Embiid (Kansas) ou encore DeAndre Jordan (Texas A&M). Il y a pire quand même !

Sur cette March Madness, Zach Collins s’est montré aux yeux de tous en étant d’une efficacité redoutable. En atteste ces statistiques :

  • 10 points (3/5), 6 rebonds et 3 contre en 21 minutes face à South Dakota State au First Round ;
  • 14 points (4/6), 5 rebonds et 4 contres en 21 minutes face à Northwestern au Second Round ;
  • 1 point (aucun tir tenté) et 4 rebonds en 16 minutes face à West Virginia au Sweet 16 ;
  • 6 points (3/4) et 6 rebonds en 13 minutes face à Xavier à l’Elite 8 ;
  • 14 points (6/10), 13 rebonds et 6 contres en 23 minutes face à South Carolina au Final Four.

Si l’on ne prend pas en compte son match face à West Virginia, la ligne de statistiques de Collins est tout simplement splendide. Efficacité des deux côtés du parquet, très peu de déchets, le tout avec un temps de jeu réduit. C’est propre.

Et puis, la consécration, samedi soir (nuit) avec ce match de titan lors du Final Four face à South Carolina.

Record en carrière au niveau des rebonds ainsi qu’au niveau des contres, dans un match aussi important que celui-ci, pour un freshman, c’est tout simplement une prestation incroyable pour être passé sous silence. Que ce soit au niveau des rebonds offensifs (dont une claquette tellement importante dans le money time), au niveau de la création (sa passe pour Przemek Karnowski à l’approche de ce money time qui donne 5 points d’avance à son équipe), il était omniprésent.

Défensivement, il a tellement impacté le jeu de son équipe, malgré une 4ème faute prise assez rapidement en deuxième partie de la seconde période. Cela ne l’a pas empêché de sortir un énorme contre à l’entame de la dernière minute tellement déterminant… Il était partout.

PAR-TOUT.

Zach Collins n’est plus considéré comme un simple joueur du banc. Il est considéré comme un élément essentiel de Gonzaga. A un tel point que les scouts NBA mettent le nez à la porte de manière assez significative depuis le début de la March Madness. Selon KenPom, le freshman est même dans la catégorie des “contributeurs majeurs de son équipe”.

Sa cote ne cesse de grimper (aux alentours de la 20ème place pour la prochaine Draft NBA) et il y a une petite chance qu’il fasse un one-and-done. Ce qui n’était plus arrivé à Gonzaga depuis 2006 et un certain Adam Morrison. Espérons qu’il ait une carrière bien différente, à l’image par exemple d’un Kelly Olynyk qui avait passé trois ans chez les “Zags” avant de partir pour le monde impitoyable de la NBA. De là à le voir partir à la fin de la saison ? Ce n’est pas si sûr.

Le secteur intérieur de Gonzaga est jeune et Przemek Karnowski ne sera plus là la saison prochaine. La perspective d’être titulaire avec un temps de jeu conséquent risque de convaincre Zach Collins à rester une année de plus parmi les rangs universitaires. Une raquette Zach Collins et Killian Tillie nous fait déjà saliver !

Gonzaga est à 40 minutes d’un exploit retentissant. Reste à voir comment l’équipe arrivera à gérer la pression autour de ce match même si North Carolina part favori. Il sera intéressant de voir la performance de Zach Collins dans le match de sa jeune carrière, lui qui va être clairement attendu au tournant.

Les Zags ont besoin d’un Zach Collins aussi productif que face à South Carolina.

En tout cas, il nous aura fait vibrer tout au long de la nuit et on en redemande forcément une autre tournée. A l’image de son équipe, il n’était pas pris au sérieux et a démontré aux yeux de tous que ce n’était pas une erreur de parcours ou je ne sais quoi d’autre.