Deux ans. Cela fait deux longues années que les fans des Blazers attendaient ce moment : la reprise d’une saison de football universitaire. Le programme de football de UAB est de retour, pour le plus grand bonheur de tous et celui-ci tentera de survivre avec les moyens du bord dans le paysage universitaire.

Le teasing a été long. Et ce fut une véritable explosion de joie ainsi qu’un soulagement infini pour les fans lorsque de l’annonce officielle du retour de UAB sur la scène universitaire en football a été officialisé. Ces mêmes supporters n’étaient pas loin des 8.000 lors du premier spring game depuis leur retour, avec une ambiance euphorique dans les tribunes. Toutefois, ce chiffre est encore bien loin des attentes lorsque l’on sait qu’en 2013, lors de la dernière saison en date des Blazers, ce n’était pas moins de 11.000 spectateurs à chaque rencontre à domicile.

Alors oui, un spring game n’attire pas forcément du monde (quoique, demandez du côté de Georgia, Alabama ou Ohio State…) mais on aurait pu penser à une affluence beaucoup plus importante.

N’oublions pas que ce sont les fans qui ont sauvé le programme, avec une levée d’argent qui était nécessaire pour la reconstruction de celui-ci. C’est avec un tel état d’esprit d’engagement corps et âmes que le head coach des Blazers, Bill Clark, va essayer de faire bonne figure cette saison. Tout le monde sait que cela s’annonce difficile, avec un groupe inexpérimenté, composé de joueurs en provenance de Junior College ou bien même du lycée. Les rares joueurs restants et fidèles au maillot vert (et blanc, voire doré pour l’alternatif) auront à coeur de démontrer aux observateurs que UAB ne sera pas qu’un simple punching-ball pour son retour dans l’élite.

Puisqu’on le sait bien, chaque match des Blazers sera scruté sur le plan national tant l’attente est monstrueuse autour de cette renaissance.

“Vous savez, je n’aime pas faire ça mais on était obligé de fermer les entraînements au public durant l’intersaison. Toute cette folie qui nous entoure suite à notre retour, cela peut rapidement déstabiliser un groupe, malheureusement. Mais mes gars comprennent l’enjeu, nous avons un projet sur le long terme et honnêtement, je suis assez excité à l’amorce de cette nouvelle aventure. Anxieux aussi, mais cela fait partie du job. Nous avons des infrastructures au top. Tout est réuni pour que l’on reste dans le paysage universitaire en football. Je sais que les fans attendent beaucoup de nous. On se doit de se donner à 300% à chaque match pour faire honneur à ce maillot, ce qu’il représente.”

Lorsque l’on creuse un peu au niveau de l’effectif, on s’aperçoit quand même que le talent est présent sur certains postes.

Le premier et celui qui vient immédiatement à l’esprit au niveau offensif est le quarterback A.J. Erdely. L’ancien joueur de Middle Tennessee State, où il a passé une saison en tant que remplaçant, vient de repasser en JUCO au sein d’un programme très prometteur à Mississippi Gulf Coast CC. Il a mené son équipe au titre d’Etat, terminant la saison avec 1.881 yards au total pour 14 touchdowns et 2 interceptions. Même s’il est inexpérimenté au haut niveau universitaire, il comprend la situation à UAB et c’est le challenge qu’il lui fallait pour relancer sa carrière.

Joueur très mobile, pouvant courir au besoin, il a été forcé de se concentrer sur son jeu de passe en JUCO, progressant de manière significative dans ce domaine. Il n’est plus ce genre de quarterback qui préfère courir plutôt que de faire une passe. Une bonne nouvelle pour UAB.

On regrette énormément que le running back D.J. Law, star de la première saison de Last Chance U, ne soit plus sur le campus d’UAB pour effectuer cette saison. Une blessure au genou, un moral toujours aussi friable et les vieux démons qui reviennent. Un gâchis comme il y en a des centaines chaque année en NCAA. Du coup, il faudra suivre la recrue 3-étoiles, Kalin Heath, qui avait donné son accord verbal à Kansas State mais qui rejoint finalement le campus des Blazers. 1.400 yards et 21 touchdowns sur son année senior au lycée, ce qui lui a valu quelques offres de bourse intéressantes mais là encore, le challenge UAB était plus adéquat.

On surveillera aussi l’ancien receveur de UAB, Collin Lisa, qui est parti du côté de Buffalo en attendant le retour des Blazers. Il n’est pas forcément un receveur dominant mais il rendra quelques services et possède l’expérience nécessaire.

Le plus gros chantier offensivement se situe du côté de la ligne offensive. Du coup, on risque de voir A.J. Erdely courir pour sa survie un paquet de fois. Il faudra du temps, tout comme pour la défense, qui possède toutefois des linebackers qui auront un impact immédiat. La profondeur au niveau du secondary est assez pauvre et il va falloir rester loin des blessures d’ordre général afin de performer à un niveau décent.

Nous ne sommes pas devins lorsque l’on annonce que la saison de UAB risque d’être longue. Il y aura des hauts et des bas mais l’essentiel est bien ailleurs.

Voir un tel programme réapparaitre au sein d’une université qui a marqué la NCAA, que ce soit en basketball, baseball, softball et on en passe, renaître de ses cendres après deux années d’abandons, c’est juste incroyable. Il y aura sans doute de l’émotion lors du premier match avec la réception d’Alabama A&M chez les fans et cela se comprend. Mais cette saison servira avant tout de construction pour le futur du programme de football à UAB. Repartir de zéro, un nouveau départ, qui n’y a jamais pensé ?

Les Blazers l’ont fait et maintenant, c’est à eux de nous le rendre. En espérant que ce dossier permettra à certains de regarder un ou plusieurs matchs de ce programme, qui mérite que l’on s’y attarde dessus.