On ne s'ennuie pas devant un match de "The U" et c'est le plus important à l'heure actuelle pour Miami.

Samedi soir avait lieu le match opposant #14 Miami (FL) à Toledo. Une affiche qui, forcément, a attiré mon attention afin de voir comment allait se débrouiller le quarterback Logan Woodside face à cette équipe des Hurricanes. Mais j’en parlerais sûrement une autre fois, tant l’équipe de Miami (FL) m’a impressionnée sur cette rencontre.

Alors, question logique : “The U” est-il de retour ?

Déjà, ce qui marque avec les Hurricanes, c’est que ce ne fut pas sensationnel défensivement pour un premier gros test face à un quarterback typé NFL. Plus de 300 yards pour Logan Woodside, ce qui reste un match “normal” pour le prospect. Le problème se situe surtout au niveau des cornerbacks. Dee Delaney, le leader de cette escouade, a été particulièrement ciblé par l’attaque de Toledo et il n’a pas répondu présent, loin de là même. Que ce soit sur un tracé court ou long, il a été en difficulté, toujours avec un temps de retard par rapport à son adversaire direct.

Les pieds dans le ciment, une réactivité suspecte. On peut faire un mauvais match mais il y a des signes qui ne trompent pas. Ce n’était clairement pas son jour et Logan Woodside s’en est amusé tout au long du match.

Le front seven de Miami (FL) n’a pas pu mettre régulièrement Logan Woodside sous pression mais a pu contrôlé le jeu au sol, ce qui est une force de l’équipe. Même si le manque de communication fut criant face à Toledo, l’équipe doit faire bien mieux défensivement. Ce match servira de référence et il faudra trouver rapidement des solutions contre la jeu aérien adverse. Nul doute qu’un joueur comme Dee Delaney risque rapidement de se réveiller et retrouvera son niveau de la saison dernière, où il a été nommé All-American en FCS avec The Citadel.

Notons tout de même que l’escouade défensive est assez jeune (entre sophomores et juniors pour les trois quarts) et le manque de répétition avec seulement deux matchs cette saison ne joue pas en leur faveur. Le manque de compétition se fait ressentir, tout comme le manque de lucidité après la répétition des jeux.

Passons maintenant à l’attaque avec une petite portion de football champagne comme on aime !

Avant de compter les exploits du duo entre le quarterback Malik Rosier et le running back Mark Walton, je tiens à mettre en lumière le boulot extraordinaire de la ligne offensive de Miami (FL). La saison dernière, cette même escouade était montrée du doigt comme étant le maillot faible de l’équipe. Et bien, le travail paye et Navaugh Donaldson est clairement l’homme de ce renouveau. Dès la première action offensive du match, le freshman et ancienne recrue 4-étoiles décroche pour poser un block autoritaire, qui ouvre la voie à son running back et un gros gain. Son apport est tellement précieux pour le jeu au sol, de part son physique et sa lecture de la défense. Il sait aussi se montrer patient, ce qui est rare pour un joueur de ligne offensive freshman. Le fait d’être entouré de senior devrait lui permettre de progresser de plus en plus au fil de la saison.

Cette saison, “The U” utilise énormément de “buck sweep” ou encore de “jet sweep”. Cela est désormais possible avec une ligne offensive très remuante, capable de courir pour aller poser des blocks sur les linebackers adverses. N’oublions pas aussi le rôle du tight end dans cette formation, primordiale pour effectuer ce jeu à la perfection. Le jeu au sol dans un ordre général est la force de Miami (FL).

Il faut dire qu’avec un coureur comme Mark Walton, c’est assez logique. Seulement 11 portées pour 200 yards face à Toledo. Il profite allègrement du travail, encore une fois, de sa ligne offensive pour trouver les espaces. Il est devenu plus patient et arrive dorénavent à mieux lire les blocks. Reste un gros point d’interrogation pour la suite de sa saison : restera-t-il à 100% de ses capacités, lui qui a tendance à traîner les petits pépins physiques ? En tout cas, il a donné quelques frissons et mal de têtes à son coaching staff ce samedi.

Et puis, que dire de Malik Rosier, honnêtement ?

Oui, ce n’est pas encore une valeur sûre à la passe et il a tendance à se montrer impatient. Mais le quarterback devient de plus en plus régulier et on voit une nette progression semaine après semaine. Dual-threat par excellence, il n’hésite pas à aller chercher des yards avec ses jambes mais sur ce match face à Toledo, il a surtout impressionné avec son bras. Un total de 333 yards avec un joli 27/36 à la passe pour 3 touchdowns et 1 interception (intervenue en fin de match), c’est plutôt solide.

Ce qui m’a le plus marqué personnellement, c’est la diversité dans ses passes. Que ce soit sur tracé court ou long, il arrive à trouver à chaque fois un receveur démarqué. Il a lancé à neuf cibles différentes face aux Rockets, profitant d’une escouade de receveurs très prometteuse et talentueuse. Il n’y a pas de véritable leader mais chaque receveur qui rentre sur le terrain peut faire la différence à lui seul. Même si le senior Braxton Berrios s’est distingué un peu plus que les autres, avec 5 réceptions pour 105 yards, Malik Rosier possède l’embarras du choix. Mais encore faut-il qu’il détienne le réflexe de lancer en tempo et qu’il comble un certain manque d’assurance dans ses lancers. Sa mécanique de passe est encore perfectible, aussi, mais le potentiel est bien présent.

De manière générale, cette équipe de Miami (FL) n’est pas aussi hype qu’elle le mérite car il manque un réel leader. Il y a du talent dans chaque position, mais pas une superstar, cette future pépite NFL que possède chaque programme du haut du tableau. Après une saison de transition lors du dernier exercice, on sent que les automatismes commencent à revenir, surtout offensivement, et l’équipe ne cessera de monter en puissance au fil de la saison. Le point d’interrogation reste la défense, bien que le collectif peut arriver à gommer les carences individuelles.

On ne s’ennuie pas devant un match de “The U” et c’est le plus important à l’heure actuelle. De là à supposer que Miami (FL) peut viser un Top 10 ? C’est possible et même faisable. Les ingrédients sont bien présents.