Stanford surprend offensivement en utilisant de plus en plus son jeu aérien.

On peut posséder l’un des meilleurs running backs du pays, si ce n’est le meilleur, et développer en parallèle un jeu de passe efficace.

Stanford (4-0 dont deux victoires sur des adversaires classés) illustre bien ce type d’attaque.

Il faut dire que le Cardinal est en grande difficulté sur le jeu au sol en ce début de saison. Favori pour le Heisman Trophy, Bryce Love n’a pas aligné les statistiques auxquelles on était habitué la saison passée.

Avec seulement 254 yards sur 59 courses (4.3 yards de moyenne) et 4 touchdowns, le coureur senior pêche à retrouver son rythme soutenu d’il y a quelque mois. A titre de comparaison, il avait déjà parcouru 787 yards (!) et inscrit 5 touchdowns sur les quatre premières rencontres en 2017 face à des adversaires loin d’être de seconde zone (USC et San Diego State).

Son manque de production peut notamment s’expliquer par une ligne offensive qui ne parvient pas à créer des espaces pour son running back.

Quoi qu’il en soit, Stanford reste invaincu, malgré une victoire au cordeau sur Oregon (38-31, OT), et ce grâce à un jeu aérien surprenant composé de quatre joueurs clés. Avec ces derniers, le plan de jeu de David Shaw se tourne de plus en plus vers le quarterback K.J. Costello (1.056 yards, 10 TDs et 3 INTs) qui peut donc s’appuyer sur une escouade de receveurs aux qualités atypiques.

Le Cardinal fait davantage appel au jeu de passe pour avancer sur le terrain. A voir si cela se perpétuera au fil de la saison.

 

J.J. Arcega-Whiteside : monsieur duel homme-à-homme

 

A ce jour, J.J. Arcega-Whiteside est sans aucun doute l’un des receveurs les plus difficiles à défendre dans des situations de 50-50. Ces fameuses situations où le receveur et son vis-à-vis ont autant de chance de remporter le duel.

Mais avec le senior du Cardinal, ces statistiques sont biaisées. En effet, muni d’un gabarit à son avantage (1m92), J.J. Arcega-Whiteside est un véritable aspirateur de ballons.

En situation de red-zone, Stanford isole quasiment à chaque fois son receveur numéro un pour que K.J. Costello n’ait plus qu’à lancer le cuir dans la end-zone. La suite ? J.J. Arcega-Whiteside s’en occupe de la meilleure des manières.

Après quatre matchs, le receveur cumule déjà 7 touchdowns dont 5 inscrits en situation de red-zone. Mais ses 408 yards au total à la réception n’ont pas uniquement été engrangés dans les 20 yards adverses.

Certes, J.J. Arcega-Whiteside est une menace une fois dans les airs au contacte de son cornerback grâce à son équilibre parfait, mais le senior possède un autre gros point fort : son jeu de jambe.

Dans bon nombre de jeux, il fait la différence sur un appui. Doté de grands segments et d’une vivacité rare pour un joueur de ce gabarit, il fait très vite la différence. Une fois dépossédé de son défenseur, il est impossible de le rattraper.

Sur ces deux actions, le senior met dans le vent son adversaire sur une simple feinte, mais exécutée à la perfection. Ce tracé lorsqu’il repique vers sa gauche est l’un de ses préférés.

J.J. Arcega-Whiteside est incontestablement “en feu” en ce mois de septembre. Le natif d’Espagne et fils de deux anciens parents basketteurs professionnels s’appuie aujourd’hui sur son passé sur les parquets pour performer en football. Si ses réceptions de haute voltige nous font penser à des alley-oops, c’est peut-être car il faisait partie des meilleurs basketteurs de Caroline du Sud au lycée.

 

Kaden Smith : la véritable tour de contrôle

 

Dans son histoire récente, Stanford est réputée pour être une grande fabrique à tight ends. Aujourd’hui, ils sont pas moins de cinq anciens du programme à évoluer à ce poste en NFL : Zach Ertz, Ryan Hewitt, Austin Hooper, Dalton Schultz et Levine Toilolo.

Dans très peu de temps, il se pourrait bien que Kaden Smith les rejoigne.

Il n’est pas le plus athlétique. Il n’est pas le plus rapide. Mais il est bel et bien le meilleur tight end du pays en ce début de saison (258 yards sur 18 réceptions). Fort d’un physique imposant, il est très difficile à couvrir. A l’image d’un Rob Gronkowski en NFL, le junior possède d’excellentes mains et une science du placement hors du commun.

De plus, ses tracés sont très bien exécutés, ce qui en fait une cible de grande facture pour K.J. Costello. Sa capacité à résister aux placages est également un gros avantage pour le Cardinal, qui a récupéré plusieurs premières tentatives grâce aux yards accumulés après réception de Kaden Smith.

 

Colby Parkinson : la tour de contrôle numéro 2

 

Si Stanford s’auto-proclame comme #ThightEndU, ce n’est pas un hasard.

Le Cardinal peut effectivement s’appuyer sur la meilleure paire de tight ends en football universitaire. Derrière Kaden Smith, le sophomore Colby Parkinson apporte également sa pierre à l’édifice. Dans le même registre que son coéquipier, le sophomore profite des mêmes caractéristiques avec encore quelques centimètres en plus (2m04).

Ses huit réceptions (103 yards) sont un faible total, mais pour un joueur au nombre de snaps limités, Colby Parkinson tire magnifiquement bien son épingle du jeu puisque trois de ses 8 réceptions se sont effectuées dans l’en-but. Avec trois touchdowns à son actif, il est le seul receveur à avoir réceptionné plus d’un TD dans le roster avec J.J. Arcega-Whiteside.

Son touchdown face à Oregon où il n’a fait qu’une bouchée de Deommodore Lenoir, le cornerback des Ducks, a d’ailleurs été libérateur pour son programme. Et il lui a surtout permis de se faire un nom. Nul doute que Colby Parkinson pourrait voir son temps de jeu augmenter au cours de la saison.

 

Trenton Irwin : la régularité sans éclats

 

Vous ne verrez sûrement pas Trenton Irwin dans beaucoup de highlights cette saison. 1) J.J. Arcega-Whiteside attire les projecteurs sur lui et 2) il n’est pas reconnu pour être un receveur explosif.

Pourtant, le senior, de par son expérience, est une valeur sûre pour K.J. Costello : il a attrapé plusieurs passes dans un match lors de 16 de ses 18 derniers matchs et a capté un ballon lors de 32 rencontres, série en cours.

Alors que J.J. Arcega-Whiteside et Kaden Smith hypnotisent les secondaries adverses, Trenton Irwin joue un rôle important au Cardinal depuis sa saison freshman.

Il n’a jamais dépassé les 500 yards à la réception sur une saison, et cela ne devrait pas arriver pour son ultime année universitaire, mais il s’est toujours révélé être un facteur X de qualité à l’image de son importante réception dans le troisième quart-temps face à Oregon (6:28).

 

 

Avec un backfield composé d’un running back d’exception en Bryce Love et d’un quarterback sur la pente ascendante en K.J. Costello, #7 Stanford possède une attaque à fort potentiel. Le jeu aérien occupe une place croissante dans le playbook et la présence de ces quatre receveurs aux profils atypiques n’y est pas pour rien.

Le jeu de passe reste évidemment très unidimensionnel dans le sens où les tracés ne sont pas très diversifiés, mais ils sont d’une efficacité exceptionnelle.

Au vue de ce que le Cardinal a proposé sur ses quatre premiers matchs, il faudra garder un œil attentif sur l’attaque de David Shaw. Il ne suffirait que Bryce Love et sa ligne règlent quelques détails et elle pourrait devenir terrifiante.