J.K. Dobbins s’est révélé aux yeux du grand public lors de la victoire de #2 Ohio State sur Indiana.

Les matchs de début de saison permettent quelques fois d’en apprendre plus sur une équipe classée et aux ambitions élevées. Ohio State en fait partie. En affrontant les Hoosiers d’Indiana, un adversaire de la conférence Big Ten, les Buckeyes ont dû s’employer en seconde période pour éviter un upset retentissant. Mais outre le résultat (49-21), cette rencontre nous a permis de découvrir plus en profondeur un running back true freshman de grand talent, J.K. Dobbins.

Effectivement, titulaire en temps normal, Mike Weber n’a pas foulé la pelouse une seule fois. N’étant pas à 100% de ses capacités, le staff n’a pas voulu prendre de risque alors qu’un big game se profile le 9 septembre face à #7 Oklahoma. J.K. Dobbins devait donc faire face à une tâche plutôt corsée puisqu’il allait remplacer une des stars de l’équipe, auteure de 1096 yards (troisième running back freshman de l’histoire du programme à courir plus de 1000 yards) et 9 touchdowns. Rien que ça.

De plus, l’ancien du lycée de La Grange (Texas) allait rechausser les crampons pour la première depuis 2015 pour un match officiel après avoir manqué sa saison senior d’high school pour cause de blessure. La pression était donc bien présente, d’autant plus qu’il devenait seulement le second true freshman running back des Buckeyes à être titulaire pour ses débuts après Maurice Clarett en 2002. Mais après quelques minutes d’adaptation lors du premier quart-temps, J.K Dobbins a brillé sur le terrain, terminant avec 181 yards en 29 portées. Retour sur sa performance en vidéos.

1)

Si J.K. Dobbins a été au cœur d’une belle hype durant les entraînements de l’été, on comprend mieux pourquoi. Très talentueux, il profite d’une taille légèrement moins élevée que la moyenne nationale des running backs (1m78) pour se défaire de ses adversaires. Sur cette première action, on voit bien que sa lecture des blocs est excellente.

Avec une telle ligne offensive, J.K. Dobbins a tout le temps de lire les espaces créés par ses coéquipiers. Ajoutés à cette belle vision du jeu, ses appuis sont efficaces pour des changements de direction déroutants. Cela lui permet de créer de sacrés différences, et donc des big plays importants (35 yards de gagnés ici)

2)


Son QI football est visible sur cette action également. Tout d’abord, le tigh end d’Ohio State, Marcus Baugh, est demandé pour poser un bloc et de ce fait, créer un espace pour J.K. Dobbins. Celui-ci répète à merveille le playbook et gagne du terrain pour un first down.

3)

On découvre la seconde arme du true freshman : la patience. Toujours protégé par sa ligne offensive, ce dernier attend avec lucidité qu’une brèche s’ouvre. Une fois l’ayant repéré, il s’engouffre dedans et il est par la suite très difficile de le rattrapper à cause de sa vitesse.

4)

Sur un 2nd & 3, J.T. Barrett, le quarterback des Buckeyes, met en place un système dans l’optique de chercher le first down, sans big play nécessaire. Ainsi, J.K. Dobbins est mis à contribution. Ici, son petit gabarit lui permet de se jeter dans n’importe quel petit trou laissé par la ligne défensive des Hoosiers. Mais encore une fois, c’est le travail de l’ombre des linemens qui est à l’origine de ce gain. Rien que sur la “bataille des tranchées”, deux-trois yards ont été gagnés par rapport à la ligne de scrimmage.

5)

Sur ce jeu, le natif du Texas réalise son deuxième plus gros gain de la rencontre (27 yards). On y découvre, toujours en compagnie d’une excellent ligne offensive, sa vitesse pure. Avec 4”44 réalisé au lycée sur la distance des 40 yards, il faisait partie des meilleurs de sa promotion (4”32 pour le meilleur). On comprend mieux pourquoi. Cela se passe de commentaire. Qui plus est, on remarque sur la fin de l’action une certaine résistance au plaquage, même si aucun bénéfice n’y est tiré ici.

6)

Cependant, sur ce jeu-là, on peut effectivement voir son troisième atout majeur : la résistance aux plaquages. Sur un petit périmètre, il lit bien les blocs de ses équipiers et casse un plaquage qui aurait fait tomber un paquet d’autres running backs. Cela s’explique notamment par son centre de gravité bas. Les plaqueurs doivent se baisser très bas s’ils veulent l’arrêter. Chose difficile lorsque l’on comporte de grandes mensurations.

7) 

Enfin, on termine cette petite analyse sur le domaine des réceptions. Sur ce match, il en a réussi deux pour 24 yards gagnés. Encore une fois, son centre de gravité lui permet de remporter ce duel face à Tegray Scales. C’est finalement une avancée de cinq yards, ce qui paraît peu, mais en réalité important, alors qu’une avancée de seulement deux unités auraient été remportée sans ce face-à-face gagné.

Vous l’aurez compris, J.K. Dobbins a réussi à merveille ses débuts en milieu universitaire. Avec 181 yards au total, il devient le freshman ayant remporté le plus de yards au sol pour son premier match sous le maillot des Buckeyes. Il y a pire comme entrée en matière. Mais, bien plus que les statistiques, ce sont son potentiel et ses aptitudes qui ont été mis en valeur.

Doté d’une très bonne lecture du jeu, d’une excellente rapidité et d’un gabarit lui permettant de casser les plaquages, l’actuel numéro deux dans la hiérarchie pourrait titiller Mike Weber au fil de la saison. Cependant, Urban Meyer devrait profiter de ces deux talents pour en faire le meilleur duo de running backs du pays. Entre Mike Weber qui court à travers la défense en puissance et J.K. Dobbins qui optimise les moindres espaces, ça promet.

(Crédit vidéos : https://youtu.be/GfcNCaiaCkM)