Albany et Vermont ont-ils du souci à se faire avec New Hampshire dans leurs pieds ?

J’ai eu le plaisir de regarder quelques rencontres d’une petite université, New Hampshire, qui essaye tant bien que mal d’exister dans une conférence America East dominée par deux géants.

Il est vrai que j’aime bien me perdre la nuit dans des rencontres entre équipes issues des Mid-Majors. Mais alors là, j’ai fait fort. Dans l’incroyable programme de samedi dernier, après le match de Wichita State, celui de Duke qui fut incroyable tout comme celui de Villanova, je suis tombé par hasard sur une opposition entre Dartmouth et New Hampshire.

Plus sexy, on meurt.

Mais voilà, il n’y a pas eu match tant New Hampshire a dominé la première période. Je découvre alors un joueur tellement beau à voir sur un parquet, un certain Tanner Leissner, qui effectue sa dernière année au niveau universitaire. Un stretch 4, très fort en un contre un, capable aussi de planter des banderilles à trois points, je suis sous le charme.

Il termina le match avec 32 points à 9/16 aux tirs (4/4 à trois points), ajoutant 8 rebonds et 3 passes. Et j’ai aussi découvert Jacoby Armstrong, également senior, qui a inscrit 21 points sans forcer quoi que ce soit.

Ce duo m’a donné envie de suivre un petit peu plus les performances récentes du programme. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le début de saison fut très chaotique. Cependant, pour défendre un peu New Hampshire, le calendrier hors-conférence était assez dantesque.

Du Florida, du Texas, du George Washington, du Furman, c’est costaud !

Aucun blowout n’a été concédé.

-7 sur le parquet de Florida, -18 sur le parquet de Texas (New Hampshire lâche dans les trois dernières minutes, d’où l’écart). Le reste, cela se joue à une dizaine de points, ce qui est assez infime. New Hampshire perd des matchs, certes, mais lutte et donne du fil à retordre à son adversaire du soir, quasiment à chaque reprise. Cela force le respect.

“New Hampshire est un calvaire à jouer. Leur bilan ne reflète en aucun cas la dureté de l’équipe et la manière dont elle est entrainée. Tôt ou tard, les victoires seront là, j’en reste persuadé,” affirme l’entraîneur de Niagara, Chris Cassey, qui a battu New Hampshire sur le score de 78 à 70.

New Hampshire reste une équipe jeune. Les trois meilleurs joueurs cette saison sont seniors… et ce sont les seuls joueurs de dernière année au sein du groupe. Deux freshmen, six sophomores et trois juniors, qui ont plus ou moins des minutes. Les Wildcats se tournent donc vers l’avenir.

Toutefois, c’est cette saison que l’équipe possède le plus de chance d’aller à la March Madness… Ce qui serait une première dans l’histoire du programme. Pourquoi est-ce l’année ou jamais ? Deux mots : Tanner Leissner.

Le senior est le meilleur joueur de l’histoire de New Hampshire. C’est un prospect qui peut aisément évoluer dans une équipe renommée chez les Mid-Majors, même avoir sa place en rotation d’une équipe du Power Six. Mais c’est bien New Hampshire qui profite pleinement de cette pépite, son capitaine, son homme à tout faire.

Sur ce début de saison, il est devenu le cinquième joueur de l’histoire de New Hampshire à passer la barre des 1.500 points en carrière. Il affiche une moyenne de 19.7 points et 8.1 rebonds sur cette première partie de saison.

“Tanner Leissner est vraiment doué. J’ai rarement vu un joueur aussi facile sur un parquet. Oui, on voit le même profil chez les plus grands programmes comme Kentucky, Duke etc. Mais ici, en Mid-Majors, c’est très rare. Il me fait penser à Alec Peters de Valparaiso, qui est maintenant professionnel (en NBA).

Il peut tout faire : marquer au poste, marquer à mi-distance, à trois points, en un contre un… Il est à l’image de l’équipe, un vrai calvaire,” ajoute Chris Cassey lors de son interview d’après-match.

New Hampshire reste une équipe très défensive. Avec seulement 66.3 points encaissés, c’est la 56ème meilleure défense du pays. De plus, c’est la 30ème au niveau des rebonds captés (avec 40.5 de moyenne). New Hampshire est une équipe old school par excellence.

Le fond de jeu reste simple : la plupart du temps, on donne le ballon à Tanner Leissner après un renversement pour qu’il puisse jouer son duel. On utilise aussi les situations de picks-and-roll et c’est à peu près tout.

Et pourtant, malgré ce style assez simpliste, New Hampshire pose des difficultés à ses adversaires.

Leur début de match reste très approximatif et bon nombre de fois il faut un comeback dans les dernières minutes du premier acte pour rester au contact. Cependant, le retour des vestiaires est souvent une bonne période pour New Hampshire. Mais le fait de ne pas plier les matchs quand il le faut, au final, force une défaite qui aurait pu être évitée.

Mais on le sait bien, pour un programme des Mid-Majors, la première partie de saison n’est pas la plus importante. Ce sont surtout les matchs de conférence qui comptent le plus.

Certes, Albany et surtout Vermont, qui doit tout écraser sur son passage (dixit notre présentation d’avant saison). Cependant, l’expérience engrangée lors des rencontres face à Texas ou encore Florida peut jouer face à ces deux cadors.

Ce serait une belle histoire de voir New Hampshire se battre pour enfin connaître les joies de la grande danse de mars prochain.