La hiérarchie de la Patriot League ne bouge pas énormément et pourtant, Boston pourrait s'inviter dans la danse.

Vendredi 29 décembre, en pleine nuit, à la recherche d’un bon petit match pour m’endormir et je tombe sur un Boston University face à l’Army (match d’ouverture de la conférence).

Il est vrai que je regarde la Patriot League de loin, m’intéressant surtout à Lehigh et Bucknell, qui sont souvent les deux représentants à la March Madness. Mais voilà, le visionnage de cette rencontre m’a ouvert les yeux sur le cas de l’Université de Boston, qui peut être l’une des belles surprises de la conférence.

Pourquoi ? La jeunesse des Terriers porte le programme de basketball.

Malgré des performances très lointaines des plus hauts standards universitaires, Boston reste une place forte au sein de notre championnat. De part l’ambiance et l’atmosphère, cela respire le basketball. Mais les résultats ne suivent pas et les Terriers errent dans les bas-fonds de la Patriot League depuis bien trop longtemps.

La dernière apparition à la March Madness remonte à 2011, avec une défaite de 20 points au 2ème tour face à Kansas. D’ailleurs, cet exercice 2010-11 a été l’un des meilleurs de ces dernières décennies. Un bilan de 21 victoires pour 14 défaites, dont 12 victoires pour 4 défaites lors des matches de conférence.

Ah l’époque des John Holland (maintenant à Cleveland) ou encore D.J. Irving semble bien lointaine pour les fans des Terriers.

En plein processus de reconstruction qui dure maintenant depuis quelques temps, Boston commence à entrevoir le bout du tunnel. La cause ? Une très bonne promotion de freshmen, comme lors de la saison dernière.

Le tout avec les cadres qui terminent leur cursus universitaire cette saison, cela nous donne un mélange détonnant.

Pourtant, le début de saison est assez mitigé. Lors des trois premières rencontres, Boston compte trois défaites face à Northeastern (66-59), Albany (88-74) et UConn (86-66). On se dit alors que la saison risque d’être longue pour le programme. Mais un calendrier plus abordable permet d’équilibrer rapidement le bilan, avec trois victoires consécutives et avec la manière (le scénario face à New Hampshire, le lancer-franc de la gagne, dantesque !).

Puis, le premier (très) gros morceau avec un déplacement du côté de #10 Miami (FL). Après une première période équilibrée, les Hurricanes ont passé la vitesse supérieure, notamment en étouffant défensivement Boston et grâce à un Lonnie Walker de gala (26 points).

Une adresse folle lors du deuxième acte, avec du jeu rapide, difficile de battre Miami dans ces conditions. Les Terriers s’inclinent sur le score de 69 à 54, en réalisant 23 bonnes minutes.

Après trois défaites consécutives, la victoire en ouverture des matches de conférence face à l’Army est un bol d’air ; mais le premier tournant de ce début de saison intervient le 13 décembre, face à UMass Lowell.

Max Mahoney, la tête d’affiche de la dernière promotion de freshmen, entre dans le cinq majeur. Même si la défaite est présente, le sophomore impressionne et termine avec 29 points, 11 rebonds et 3 contres. Intérieur possédant un très bon QI basket, il a donné un nouveau visage à Boston avec un jeu sans ballon excellent, en étant un travailleur hors-pair sur les phases de rebond et en n’étant pas maladroit avec ses mains.

Malgré son trou d’air face à Elon (1 point), il ne cesse de passer la barre des 10 points inscrits, avec au moins 5 rebonds en plus. Sachant que son temps de jeu reste assez réduit (26 minutes de moyenne, Boston possède un banc fourni), son apport n’est pas négligeable.

Ce n’est pas la seule satisfaction du moment chez les Terriers. Javante McCoy, le freshman, qui fut complètement snobé au lycée avec seulement deux étoiles pour les sites de scouting, est en train d’exploser. Même s’il est inconstant encore sur son adresse au tir, il est capable de prendre feu à tout moment. Fort scoreur, capable de marquer aussi à trois points, il a été en verve face à Albany et Harvard, avec 15 points à chaque sortie.

Mais cette jeunesse, aussi brillante qu’elle soit (7 joueurs sont freshmen ou sophomores), a besoin de complément.

Nick Havener, l’intérieur titulaire au début de saison, a su s’effacer au profit de Max Mahoney, tout en ayant un rôle prépondérant en sortie de banc (ou alors en poste 4 si Boston joue grand). Il n’est pas étranger dans la réussite de Mahoney, lui prodiguant des conseils à chaque entraînement. Il l’a pris sous son aile, pour le bien de son équipe.

Et comment ne pas parler de Cedric Hankerson, le leader de Boston.

Frôlant avec les 15 points de moyenne, il apporte une réelle plus-value offensive à son équipe. C’est le go-to guy par excellence ; il prend les choses en mains lors des moments chauds. Et malgré ce statut, il n’hésite pas à déléguer à ses coéquipiers quand il le faut, en leader.

Mais ce qui marque le plus lorsque l’on regarde un match de Boston, c’est qu’il y a tellement d’options en attaque : 9 joueurs tournent à 6 points de moyenne ou plus, une rotation de 11 voir 12 joueurs qui apportent à chaque fois quelque chose, que ce soit de la défense, du scoring.

Le tout avec un Destin Barnes qui n’a joué que les deux premiers matches avant de se blesser gravement. La profondeur de banc est juste exceptionnelle, surtout pour une équipe de la Patriot League.

Toutefois, il existe encore des signes qui font que les Terriers ne soient pas une équipe qui trustera le haut du tableau de la conférence.

14.5 passes de moyenne, soit la 145ème équipe du championnat dans ce domaine.

54.7% sur la ligne des lancers-francs, pire équipe du pays.

C’est surtout sur ce dernier point que cela fâche, sachant que Boston a perdu quelques matches sur la ligne de réparation en fin de match. Cependant, si jamais ce pourcentage se bonifie avec le temps, il est certain que le programme est un sleeper en puissance au sein de la Patriot League. Ce serait une belle histoire de voir les Terriers à la lutte pour décrocher le ticket qualificatif de la conférence pour la March Madness.

En tout cas, le futur s’annonce brillant avec cette jeune génération qui prend du galon. Ce serait une juste récompense de revoir Boston à son apogée.