Un basketteur anglais est rare, d'autant plus lorsque celui-ci brille outre-Atlantique à l'université.

En cette période creuse concernant le basketball universitaire, Midnight on Campus vous propose quelques chroniques dédiées aux Mid-Majors et plus particulièrement de joueurs méconnus qui doivent exploser cette saison, que ce soit avec de nouvelles responsabilités ou bien après transfert.

Aujourd’hui, on évoque le cas d’Aaron Menzies, un Anglais qui joue actuellement pour l’Université de Seattle.

Le basketball anglais n’est pas le meilleur du monde. Cependant, lors de chaque génération, on peut sortir du lot un ou deux joueurs qui se retrouveront ensuite en Europe. Et quand un joueur de Manchester décide de partir aux Etats-Unis pour suivre un cursus universitaire, cela interpelle forcément. Mais que possède cet Aaron Menzies pour avoir été recruté par les RedHawks ?

La réponse est simple : il mesure 2m21.

Aaron Menzies est le plus grand prospect de la WAC, mais aussi le plus grand mystère de cette conférence, le joueur le plus intriguant. Cette saison, il affichait une moyenne de 12.3 points, 6.1 rebonds et 1.1 contres en un peu plus de 21 minutes sur le parquet. Mais il a été forcé d’écourter sa saison pour une blessure au pied, totalisant seulement 11 matchs. Si on s’intéresse de plus près à ses (rares) matchs, on peut découvrir l’étendue du talent d’Aaron Menzies, avec notamment un match à 35 points et 11 rebonds contre Louisiana-Monroe… ou encore 15 points et 10 rebonds face à Eastern Washington devant son futur entraîneur à Seattle, Jim Hayford.

Le “gamin” possède du talent pleins les mains et pour ce genre de profil, il faut surtout qu’il reste en bonne santé. Là est le point noir. Dès qu’il est à 100%, Aaron Menzies produit son effet, que ce soit envers ses coéquipiers mais surtout face à ses adversaires.

“Quand il rentre sur le parquet, en entend dans les tribunes des “Woah, qu’il est grand”, même les adversaires sont scotchés,” déclarait Brenden Westendork, son coéquipier avec les RedHawks la saison dernière.

“Vous savez, on voit que très rarement des joueurs de sa taille en basketball universitaire. Au niveau de la conférence, on est un peu habitué avec notamment les frères Bhullar (Tanveer quitte New Mexico State pour rejoindre Missouri State la saison prochaine ; ndlr). Lors de chaque rencontre, vous voulez jouer avec le gars le plus grand sur le parquet. Ce gars-là est dans notre équipe. C’est un réel facilitateur pour nous.”

“Aaron nous donne une chance de gagner à chaque rencontre. Certes, ces statistiques parlent d’elles-mêmes, mais dans la dissuasion et dans le travail de l’ombre, c’est là où son impact est immense. Nous avons de la chance de l’avoir à nos côtés.”

Ce qui frappe le plus chez Aaron Menzies, c’est qu’il ne cesse de progresser année après année. Sa transition entre Manchester et Seattle a été facile puisqu’il a utilisé une année redshirt afin de ne pas précipiter son adaptation. Sa saison freshman s’est passée en douceur. Le coaching staff ne voulait pas trop le mettre en avant pour qu’il ne se brûle pas les ailes.

Le feu d’artifice débute dès sa saison sophomore ! Tripler sa moyenne avec un temps de jeu quasi identique (de 17 à 21 minutes de moyenne) est une véritable consécration pour l’intérieur. Mais voilà, une blessure le stoppera net et c’est avec un sentiment d’inachevé qu’il termine l’année dernière, tant le potentiel est monstrueux.

Son ancien entraîneur à Seattle, Cameron Dollar, ne cessait de pousser Aaron Menzies pour qu’il devienne meilleur, comme on peut le lire dans sa toute dernière déclaration.

“Il apprend encore à jouer, tout simplement. C’est encore un peu brouillon mais il compense avec des mains en or. Nous avons simplifié les systèmes pour qu’il soit le plus efficace possible. Dès fois, il effectue deux, trois voire quatre mooves alors qu’un suffirait mais il est en bonne voie.

Le problème dans le système du basketball universitaire moderne lorsque tu es un grand, c’est que tu veux avoir la balle mais tes coéquipiers t’ignorent souvent. Du coup, dès que tu as un ballon, tu veux le jouer. On essaye d’effacer ça ici à Seattle et nous grandissons en tant que groupe, pour le bien de tous.”

Aaron Menzies est encore un joueur qui prône l’ancien jeu intérieur. Alors que la plupart des jeunes prospects privilégient l’aspect offensif, notamment avec un tir à trois points, l’Anglais reste sur ses fondamentaux. Un jeu dos au panier très intéressant et surtout, une adresse excellente sur la ligne des lancers francs. Et les adversaires de Seattle ne peuvent pas l’envoyer délibérément sur la ligne de réparation.

“Oui, je n’ai jamais pris un tir à trois points à Seattle, ce n’est juste pas mon jeu à ce jour. J’ai tellement à travailler, surtout dos au panier, que je ne dois pas me disperser. Dans le futur, je souhaite au moins avoir un petit tir à mi-distance mais je n’en vois pas l’utilité à l’heure actuelle. Je provoque des fautes, j’apporte ma dureté physique à l’intérieur, je peux marquer au poste bas. Il faut surtout que je bosse physiquement.”

L’intérieur anglais des RedHawks reste encore un prototype, un diamant brut qu’il faut polir pour qu’il arrive à son meilleur niveau. Seattle a besoin de lui afin de réaliser une grande saison. Le nouveau coaching staff travaille d’arrache-pied sur le plan personnel et selon les sources qui suivent le programme au quotidien, Aaron Menzies a progressé durant cette intersaison.

Reste à voir son acclimatation avec les nouveaux systèmes mais une chose est sûre : s’il reste en forme et réalise une saison complète, on risque de parler à nouveau de cet Aaron Menzies.

Et vous pourrez dire : “oui, je le connais ce gars, il était à Seattle”.