Il faut une réaction à Nebraska, et vite.

Double dose de Nebraska cette semaine dans nos chroniques, mais c’est essentiel selon moi vu ce qu’il se passe actuellement au sein du programme de football. Après une nouvelle défaite, à domicile, face à une équipe de Northern Illinois en pleine reconstruction, cela gronde du côté de la #CornNation.

Que se passe-t-il vraiment et pourquoi les Cornhuskers foncent-ils tout droit dans le mur cette saison (une fâcheuse habitude) ?

Posons dès le début les bases de ce #ZoomingOn, qui risque de paraître comme un coup de gueule : oui, je suis fan de Nebraska. L’importante fanbase des Cornhuskers est en train de lâcher son équipe, semaine après semaine, malgré encore une fois un match joué à guichets fermés (le 356ème de suite, série en cours). Le ras-le-bol commence à être général et les prestations sur le terrain aident à entretenir ce climat assez tendu.

Parlons déjà de ce début de saison. L’ouverture de ce nouveau chapitre, à domicile, face à Arkansas State, était un bon test pour cette jeune équipe, qui se devait de concrétiser l’excellente (selon le staff) intersaison. Ce qu’on a vu était bien loin de ce que l’on pouvait espérer. Le quarterback Tanner Lee, annoncé comme le patron de cette attaque, en provenance de Tulane sur transfert, est (déjà) en difficulté. Mais je reviendrai son cas un peu plus tard. Au final, ce qui devait être un match de reprise assez tranquille, histoire de bosser un peu le playbook, s’est quasiment transformé en une défaite honteuse (victoire 43 à 36…).

Les doutes sont déjà présents mais lorsque l’on voit les autres programmes, qui eux aussi ont du mal à se mettre en route, on se dit alors que c’était le début de saison et que ces soucis seront rapidement réglés.

Mais non. La semaine suivante, Nebraska se rend sur le campus d’Oregon pour une affiche au sommet et qui promet toujours au niveau du spectacle. Sur ce dernier point, personne n’a été déçu… sauf les fans des rouges et blancs. Une première période pathétique, remporter par les Ducks sur le score de 42 à 14. Pour tout vous dire, il était bien tard ce soir-là et je suis parti au lit. Il s’avère que j’ai eu tord puisque Nebraska a montré un autre visage, celui qu’on attendait, avec un comeback tonitruant. Mais partant de trop loin, c’est une première défaite cette saison sur le score de 42 à 35. Malgré tout, le deuxième acte a été très encourageant et l’équipe a enfin montré un visage séduisant.

Et puis, en début de semaine, une annonce fait réagir bon nombre de personnes suivant Nebraska : Mike Riley signe une extension de contrat d’un an. Le head coach est donc lié avec le programme jusqu’en 2020. Ce qui fait parler outre-Atlantique, ce n’est pas la prolongation (Mike Riley possédant la pleine confiance du département athlétique), mais surtout le timing. Après deux matchs délicats, en sortant d’une défaite, ce n’est pas le moment opportun pour faire cela.

L’actuel entraîneur, âgé de 64 ans, ne fait pas l’unanimité chez les fans mais ces qualité de leadership et son excellent recrutement du côté de la Californie, pour cette saison ainsi qu’en vue de la promotion 2018, lui ont permis de s’assurer un peu plus sa place chez les hauts placés de l’université.

Puis, on arrive à ce samedi. La réception de Northern Illinois, qui est en pleine période de reconstruction, est l’adversaire idéal sur le papier pour revenir à un bilan positif. La suite, si vous avez lu notre #FocusOfTheDay, vous la connaissez : une débâcle de plus, une véritable purge sur le plan offensif, une bronca à la mi-temps et à la fin du match.

Nebraska va mal. Et ce qui fâche avec ce nouveau revers, c’est que Northern Illinois n’a pas montré grand chose, à part pour plier l’affaire en fin de match. L’attaque des Cornhuskers offrent le match aux Huskies, avec notamment deux pick-six lors du premier quart-temps.

Mais alors, d’où vient le problème à Nebraska ? Le coaching staff ? Le quarterback incapable de lire une défense ? Un groupe trop jeune ?

Un peu de tout cela en réalité. Parlons déjà du problème numéro un à mes yeux : Tanner Lee.

Annoncé comme le joueur qui arrivera à faire passer un cap à Nebraska, est en train de se ridiculiser. Incapable de lire un blitz de la défense, des choix de passes très incertains (lancer un ballon sur un receveur couvert par deux défenseurs), en quelques sortes, il perpétue la tradition chez les quarterbacks des Huskers. Par contre, comme ses prédécesseurs, il est capable d’aller gagner des yards au sol, avec notamment deux touchdowns face à Northern Illinois. Mais pour le reste, je ne vois pas en quoi il peut amener le groupe vers le haut. Il ne respire la sérénité, pas du tout aidé par une ligne offensive qui peine à le protéger. Pourtant, lorsque l’on regarde les rapports d’entraînements, Tanner Lee est irréprochable. Nebraska possède donc un joueur d’entraînement, pas de match, ce qui n’est pas très utile, à vrai dire.

Mais ne tapons pas sur ce pauvre Tanner Lee (on le fait assez les samedis), qui respecte à la lettre le plan de jeu. Et c’est là où intervient le coaching staff. Nebraska possède une multitude de jeunes talents, la plupart en provenance de Californie. Du coup, la West Coast Offense est de rigueur cette année, caractérisée notamment par ses nombreux changements sur la ligne de scrimmages. Force est de constater que cela ne marche pas. Tanner Lee n’est pas à l’aise et ne possède pas les qualités premières pour pouvoir évoluer dans un tel schéma… au contraire de Patrick O’Brien (redshirt freshmen) ou encore Tristan Gebbia, quarterback 4-étoiles de cette promotion 2017 qui arrive de Calabasas en Californie. Même si ce dernier n’est que troisième dans la depth chart, il est celui qui a le plus de chance d’exploser dans un tel système.

La question qui se pose à l’heure actuelle est la suivante : doit-on mettre Tanner Lee sur le banc ? Je serais d’avis de le faire même s’il mérite une dernière chance.

Je pense sincèrement que Tristan Gebbia est le quarterback qu’il faut à Nebraska, même si Patrick O’Bien peut avoir son mot à dire dans cette discussion. Mais le plus important en attaque et dès le prochain match, c’est de revenir à la base : le jeu au sol.

Tre Bryant, le talentueux sophomore a été absent face à Northern Illinois et son backup, le redshirt junior Mikale Wilbon, s’est montré à son aise (24 courses pour 90 yards). Avec son physique assez carré, il a montré à ses entraineurs qu’il pouvait être plus qu’une doublure. Ce duo possède de quoi se mettre sous la dent lors du prochain match face à Rutgers, c’est indéniable. L’attaque sera moins dépendante de Tanner Lee si l’on donne plus d’opportunités aux running backs, qui aura donc moins de responsabilités et de pression sur ses épaules. Qui sait, c’est sûrement un mal pour un bien pour les deux camps.

Surtout que sur les autres compartiments du jeu, Nebraska fait du Nebraska. Défensivement, le front seven est assez monstrueux, malgré encore quelques absences à cause d’un manque de concentration sur l’intégralité de la rencontre. Les équipes spéciales, l’une des meilleures du pays (et ce n’est pas le fan qui parle), ont énormément d’incidence et encore hier soir avec un punt de plus de 50 yards recouvert sur la ligne des 2 yards adverses, qui permet d’ailleurs à Tanner Lee d’inscrire un touchdown. De’Mornay Pierson-El, pour sa dernière année à la fac, devient le go-to-guy par excellence. Que ce soit sur retour de punt ou alors en qualité de receveur. Il arrive à chaque fois à faire la différence et à peser dans le match. Sans lui, cette équipe ne ressemblerait plus à grand chose.

En parlant des receveurs, les rares fois où ils sont servis idéalement, cela se traduit par des gains de yards conséquents avec en tête d’affiche, le junior Stanley Morgan Jr., tout simplement inarrêtable en un contre un. La jeunesse est aussi présente avec le redshirt freshman J.D. Spielman et surtout Tyjon Lindsey, qui est revenu sur sa décision de rejoindre Ohio State où il devait jouer avec son ancien coéquipier de Bishop Gorman, Tate Martell Jr., en devenant le duo le plus prolifique de ces dernières années.

Certes, le début de saison est inquiétant, cela gronde chez les fans, mais lorsque l’on voit les talents au sein de l’effectif, on ne peut être qu’optimiste pour la suite. Il faut que les choses changent, pour le bien de tous. Revenir sur un jeu au sol est prioritaire pour soulager un peu Tanner Lee, monsieur 100% à l’entraînement et 35% en match. Le coaching staff, avec Mike Riley en ligne de mire, doit faire des ajustements, quitte à stopper cette West Coast Offense, tout du moins avec Lee à la baguette.

J’ai énoncé quelques volontés qui émergent chez les fans en ce moment, mais l’impression générale reste un gros gâchis. Forcément, le premier sur lequel on tire est l’entraîneur mais cela fait plus de dix ans que le programme se cherche une réelle identité. Même s’il possède une grande part de responsabilité, Mike Riley n’est pas celui qui a enfoncé le programme de football… mais il ne faut pas grand chose pour sortir de cette galère.

Le public gronde, on sait dorénavant que la saison sera longue et pénible. Ce que veulent les fans, c’est du changement et au moins, prendre du plaisir à regarder Nebraska jouer. La ferveur sera toujours présente pour l’un des meilleurs publics universitaires, mais il ne va pas falloir jouer avec le feu bien longtemps sous peine de connaître une saison assez nerveuse.

Il faut une réaction, et vite.