S'il était l’un des gros points d’interrogation de cet été, le jeu de course de #9 Oklahoma fait mieux que de répondre aux attentes.

Durant l’intersaison, Oklahoma a perdu l’un des meilleurs duos de runnings backs de la saison précédente, formé par Samaje Perine et Joe Mixon. Cette doublette a fait souffrir bien des défenses, mais malheureusement pour le programme, les deux joueurs se sont envolés vers le monde professionnel.

La question était donc de savoir : qui pour les remplacer ?

Lors des camps d’entraînement, de nombreuses interrogations et doutes ont plané sur le campus de Norman. Les différents insiders ne voyaient pas de réel potentiel remplaçant pour assumer ce grand vide dans l’escouade des runnings backs. A vrai dire, cela est logique lorsque l’on regarde aux  statistiques de Samaje Perine (1166 yards et 13 TDs au total) et Joe Mixon (1274 yards, 10 TDs à la course et 538 yards, 5 TDs dans les airs), qui ont quasiment contribué à eux seuls à la production offensive au sol lors de la saison passée.

Cependant, la première moitié de saison a révélé les secrets gardés au sein du backfield. Effectivement, Lincoln Riley, étant très porté sur l’attaque, a su trouver une belle alchimie entre différents coureurs qui aident au mieux à garder Baker Mayfield frais pour les fins de match. Les Sooners ont réussi à s’établir comme un outsider en terme de yards gagnés à la course, que ce soit en conférence Big 12 ou à l’échelle du pays.

  • 197.83 yards/match (35e – 3e en Big 12)
  • 5.37 yards/course (22e – 1er en Big 12)
  • 14 TDs (33e – 3e en Big 12)

Ces bonnes performances sont dues, non pas uniquement à un duo comme il était le cas l’année dernière, mais à un réel collectif qui repose sur une escouade de running backs homogène et aux qualités complémentaires.

Trey Sermon : la surprise (81 portées, 469 yards et 3 TDs)

Recrue 4-étoiles de la promotion 2017, le true freshman n’était pas attendu à exploser à haut niveau si tôt. Au contraire, lors du début de saison, il était considéré comme un troisième voire quatrième couteau. Mais après une excellente entrée durant le match d’ouverture face à UTEP (51 yards en 7 portées), le coaching staff a compris qu’il tenait là un sacré joueur.

Doté de très bons appuis, Trey Sermon sait utiliser à merveille les blocs de la très bonne ligne offensive des Sooners pour accumuler les yards. De plus, sa performance face à Baylor (148 yards en 12 courses pour 2 TDs) a prouvé qu’il pouvait être présent dans les moments importants grâce à ses deux touchdowns inscrits lors du quatrième quart-temps, où Oklahoma ne menait seulement 35-31, ce qui n’est pas toujours le cas chez des freshmen.

Il faut assurément le considérer comme un futur noyau principal pour l’avenir de l’université.

Abdul Adams : la confirmation (35 portées, 372 yards et 1 TDs)

Troisième arme au sol l’année dernière derrière le duo Perine-Mixon, Abdul Adams répond pour l’instant aux attentes placées en lui, même s’il lui reste une belle marge de progression. Le fait que Trey Sermon se soit révélé lui enlève en tout cas du poids de ses épaules. Il n’a pas réellement brillé lors des six premières rencontres, mais a su faire le nécessaire pour garder pour l’instant sa place de numéro #1.

Grâce à son année freshman emmagasinée aux côtés de Baker Mayfield, il comprend davantage les systèmes et joue un rôle de leader dans ce groupe jeune bien qu’il ne soit seulement sophomore. Son coup d’éclat est par ailleurs intervenu face à Baylor à l’image de Trey Sermon. Auteur d’un touchdown de 99 yards, il est effectivement rentré dans l’histoire d’Oklahoma en devenant le propriétaire du plus long touchdown du programme.

Rodney Anderson et Marcelias Sutton : les finisseurs (42 portées, 200 yards et 4 TDs en cumulé)

Respectivement #3 et #4 dans le depth chart des running backs, Rodney Anderson et Marcelias Sutton sont presque exclusivement appelés dans des situations à quelques yards de l’en-but. Plus puissants et plus physiques que leurs coéquipiers, le coaching staff a décidé, en effet, de les utiliser dans la red-zone où ils font très souvent la différence. Qui plus est, ils permettent également de faire souffler Trey Sermon et Abdul Adams tout en leur enlevant de la pression, ce qui est primordial étant donné l’inexpérience de l’escouade.

Dimitri Flowers : l’homme de l’ombre (6 portées, 12 yards et 3 TDs)

Oui, Dimitri Flowers inscrit un touchdown toutes les 2 courses. Un ratio bien évidemment erroné de par le faible nombre de portées de balle, mais significatif de l’importance du fullback pour l’équipe. Mais tout d’abord, qui dit fullback dit bloc. Et pour le senior, on a l’impression que c’est un jeu d’enfant. Il sait exactement ce qu’il doit faire et quand il doit le faire.

Qui plus est, face à Ohio State, lorsque le tight end Mark Andrews a du quitter la partie, on a pu observer l’importance de Dimitri Flowers dans le système offensif d’Oklahoma. Outre ses blocs dévalorisés (c’est un travail qui n’est pas assez souvent mis en avant), il excelle également dans le jeu de passe. Avec 17 réceptions pour 270 yards et 2 TDs, il figure d’ailleurs dans le Top 5 des receveurs des Sooners.

Son incroyable polyvalence fait donc de lui l’un des joueurs les plus versatiles et sous-estimés du pays, e sans lui, il est fort probable que l’attaque d’Oklahoma ait beaucoup plus de mal à performer.

Finalement, si le jeu de course des Sooners n’atteint logiquement pas le même niveau que l’année dernière, cette nouvelle approche amenée par Lincoln Riley, concentrée sur un comité de running backs aux qualités complémentaires, permet au programme de compter sur un jeu de course loin d’être limité.

Pour le plus grand plaisir de Baker Mayfield.