Malgré la remontée de South Carolina, Gonzaga s'impose en patron derrière la performance ahurissante du freshman Zach Collins (77-73) et accède au premier National Championship Game de son histoire.

Le moment de la consécration. Enfin.

Personne ne pensait en 1998, lorsque Mark Few arrive sur le campus de Gonzaga, que les Bulldogs atteindront un jour le Final Four. Mais aujourd’hui, la réalité est toute différente. Le National Championship Game se présente devant la petite université du fin fond de l’Etat de Washington.

South Carolina s’était construit une réputation d’équipe de seconde mi-temps et les Gamecocks ont inévitablement surgi de nulle part à ce moment-ci du match. Malgré cela, Gonzaga n’ont pas tremblé. Le freshman Zach Collins réalise un match de mammouth (14 points, 13 rebonds, 6 contres) aux côtés du senior Przemek Karnowski, lui-aussi au rendez-vous (13 points, 5 rebonds), et porte magistralement les “Zags” dans les moments cruciaux. Le métronome Nigel Williams-Goss dirige également une partition d’une main sereine (23 points à 9/16, 6 passes), comme à l’entrainement mais surtout à la hauteur d’un événement comme le Final Four.

Sindarius Thornwell, visiblement affecté par la maladie qui l’a empêché de s’entrainer toute la semaine, n’a pas pu mené South Carolina comme à son habitude (15 points et un pâle 4/12 aux tirs). Mais sa performance lors des ultimes minutes, accompagné de P.J. Dozier (17 points, 9 rebonds), permet aux Gamecocks de jouer un money time bouillant.

Cependant, ce n’était sans compter sur Killian Tillie.

Après une stratégie très intelligente appelée par Mark Few, qui consistait à faire faute avec une avance de 3 points dans les toutes dernières secondes, le français attrape le rebond défensif de la victoire et glace toute remontée folle de ses adversaires en enfilant les deux derniers points de la rencontre, et certainement les plus cruciaux de tous.

Comme un symbole pour nous, français, Killian Tillie qualifie Gonzaga pour le premier National Championship Game de l’histoire de l’école grâce à une victoire (77-73) qui aligne les points sur les i des détracteurs. Ce qui est d’autant plus beau dans cette histoire est de se dire que deux freshmen (Collins et Tillie) ont amené la lumière sur l’équipe la plus expérimentée du plateau de cette March Madness.

On risque de se répéter, mais une nouvelle fois, la magie du basketball universitaire. This is March.

Gonzaga prend les devants de suite

Comme attendu, l’intensité défensive atteint déjà des sommets dès les minutes inaugurales de cette rencontre. Aucun espace n’est alloué à l’adversaire sous le panier, et malgré cela, aussi bien South Carolina que Gonzaga se rendent coup pour coup dans la peinture.

Une vraie guerre de tranchées s’annonce et Mark Few s’en rend compte tout de suite. Le head coach des Bulldogs utilise une rotation efficace entre Przemek Karnowski, Zach Collins et Killian Tillie à l’intérieur pour prendre les devants de la partie, d’autant plus que Silas Melson allonge deux tirs à 3-points consécutifs.

Au bord de la rupture sous les coups de boutoir des “Zags” après 10 minutes de jeu, South Carolina revient à une possession de retard en moins de temps qu’il ne faut pour le dire avec deux paniers rapides (20-18).

Deux visions de jeu offensif différentes s’affrontent. Gonzaga distille une très belle circulation de la balle tandis que South Carolina se repose sur une série d’exploits individuels ; pour le moment, cela fonctionne des deux côtés. Cependant, une chose surprend chez les Gamecocks : il faut attendre 14 minutes pour que Sindarius Thornwell inscrive ses premiers points, très bien défendu de près par les Bulldogs.

Cette absence n’est pas préjudiciable aux hommes de Frank Martin et, ce qui est doublement surprenant, il faut attendre la sortie de Przemek Karnowski sur blessure (touché à l’oeil après un contact non-sifflé) pour que Gonzaga s’envole au score.

Déjà, Zach Collins fait mieux que tenir la baraque en remplacement du polonais. Le freshman étincèle des deux côtés du parquet que ce soit par son footwork impressionnant ou par des contres autoritaires. Mais Nigel Williams-Goss poursuit un superbe premier acte et enfonce South Carolina avec des éclairs de génie, aidé par Jordan Mathews qui enquille un nouveau trois-points pour donner 9 points d’avance aux Bulldogs (45-36) à la pause !

“Runs on runs on runs”

On pouvait attendre les Gamecocks au tournant à la reprise, après s’être montré comme une excellente équipe de deuxième mi-temps tout au long du tournoi.

Mais South Carolina commence à forcer vers Sindarius Thornwell, qui se trouve à des années lumières de son rendement actuel. La raison est toute simple : il a été malade toute la semaine et est visiblement affecté. D’un côté, tous les Gamecocks jouent à l’envers mais de l’autre, Gonzaga n’en profite pas réellement pour creuser l’écart.

Les Bulldogs semblent même décrocher leurs adversaires en prenant 14 points d’avance, mais ce n’est sans compter sur la force mentale de l’escouade de Frank Martin, dont le visage change du tout au tout en

Zach Collins continue un travail d’exception sous le panier et permet à Nigel Williams-Goss de rayonner encore davantage, qui enchaine un tir longue distance et un drive avec la faute pour creuser l’avantage (65-51). Mais les patrons de South Carolina, P.J. Dozier et l’inévitable Sindarius Thornwell, organise un run de 14-0 en à peine plus de 2 minutes pour revenir à égalité (65-65) !

South Carolina prend la tête pendant quelques secondes mais Mark Few ne perd pas le nord. Il décide d’envoyer le ballon dans les mains de ses big men, avec succès. Zach Collins et Przemek  Karnowski se réveillent et répondent sans broncher aux Gamecocks avec un run de 7-0 en 2 minutes (72-67). Avec ce petit coussin d’air, un échange de paniers s’en suit pendant plusieurs minutes, chaque équipe à portée de l’autre, au bord de la rupture.

Une ultime possession se présente pour South Carolina à 12.7 secondes du buzzer, avec 3 points de retard et une qualification en finale au bout. Très intelligemment, Gonzaga provoque une faute avec 3.5 secondes à l’horloge, afin de forcer son adversaire sur la ligne de réparation. Sindarius Thornwell manque le second lancer délibérément pour tenter d’égaliser mais comme un symbole, Killian Tillie attrape le rebond défensif !

Le français met un terme à cette rencontre avec ses deux seuls points du soir, mais les deux points les plus cruciaux pour les Bulldogs. Gonzaga remporte cette confrontation dantesque (77-73) et se qualifie pour le premier Final Four de son histoire.