Donte DiVincenzo a ouvert les portes de l'Enfer et elles se sont refermées sur Michigan.

Bievenue dans le monde de Donte DiVincenzo, et vous ne faites que vivre dans celui-ci.

Le sixième homme des Wildcats a sorti la meilleure performance de sa carrière au cours du National Championship Game avec 31 points en sortie de banc, meilleure performance en finale nationale pour un remplaçant depuis 1989. Il porte Villanova vers la victoire finale, qui s’adjuge sans contestation un second titre national en l’espace de trois ans (79-61).

Donte DiVincenzo a écoeuré la concurrence dès les premières minutes, catalyseur de la montée en puissance des Wildcats, en inscrivant 18 points à 7/10 (3/4 à 3-points) lors de la première période.

Il permet aux siens de se retrouver aux vestiaires avant une avance de 9 points (37-28)… et Michigan ne reverra plus la lumière du jour par la suite.

Eric Paschall (6 points, 8 rebonds) enfile deux paniers consécutifs dès la reprise pour faire grimper l’avantage à 14 points (44-30) en l’espace de quelques dizaines de secondes.

Les Wolverines menaient pourtant de 7 points en début de rencontre et apparaissaient capables de donner du fil à retordre à Villanova. Mais les Wildcats sont entrés dans leur zone et ont réalisé ce qu’ils font de mieux : ils n’ont pas paniqué, ont déroulé un système qu’ils maitrisent à la perfection et ont surpassé leur adversaire dans l’effort des deux côtés du parquet.

Signe de cette domination ? Moritz Wagner, plutôt en jambes en première mi-temps, sort complètement de son match du fait de la frustration face à un secteur intérieur où la pression finit par se resserrer tôt ou tard.

L’intérieur d’origine allemande prend une seconde faute offensive, cherche des noises aux Wildcats et reçoit une faute technique. Il disparaitra dans la morosité des Wolverines pour le reste de la partie, ne terminant même pas comme le meilleur joueur sur le terrain de cette finale (16 points à 6/11, 7 rebonds).

Michigan oscillait tout de même entre 10 et 15 points de retard grâce à l’activité positive du senior Muhammad-Ali Abdur-Rahkman (23 points à 8/13), suffisant pour espérer, tout du moins, à un éventuel comeback.

Mais Donte DiVincenzo s’est assuré lui-même que cela n’arrive pas.

L’arrière junior de Villanova, sur une autre planète au cours de ce National Championship Game, réussit deux tirs primés à 8 minutes du buzzer afin de remettre les siens en sécurité (62-44), de manière définitive.

Et cela ferait presque de l’ombre au contre monumental qu’il délivre à Charles Matthews, quelques minutes auparavant, tel un symbole de cette supériorité sur tous les points.

Le début d’une dynastie à Villanova ?

Villanova n’a cette fois-ci pas eu besoin d’un buzzer-beater pour battre son adversaire ; les Wildcats ont dominé leur sujet de bout en bout, sans claquer des genoux à quelque moment que ce soit.

Ils l’emportent 79 à 62 mais le score n’est qu’anecdotique tant la prestation de Villanova a subjugué.

Donte DiVincenzo réalise une prestation historique et cela ne nous surprend que très peu. Jalen Brunson n’a pas joué son meilleur match, loin de là (9 points à 4/13, 2 rebonds, 2 passes, 2 interceptions), et pourtant, cela ne s’est pas réellement ressenti puisque la seconde tête de gondole des Wildcats, Mikal Bridges (19 points à 7/12), a pris les rennes de l’équipe en fin de rencontre pour mettre un terme aux espoirs des Wolverines.

Beaucoup ont discuté sur la force du championnat de basketball universitaire et sur le fait qu’il n’existait pas une équipe largement supérieure aux autres. Villanova a remis les pendules à l’heure lors du Final Four, et plus largement, lors de cette March Madness.

La meilleure équipe du championnat a tout simplement été soulevé le trophée de champion dans l’Alamodome de San Antonio et personne ne peut revenir sur cela.

Villanova a remporté tous ses matchs de la March Madness avec un mimunum de 12 points (quatrième équipe de l’histoire à réaliser tel accomplissement avec Michigan State en 2000, Duke en 2001 et UNC en 2009) tandis que le Final Four, moment le plus relevé d’une saison tant sur le plan psychologique que sur le plan sportif, n’a semblé qu’être une formalité.

Kansas ? Un barrage de tirs à 3-points dès les 10 premières minutes à tuer la confrontation en son coeur.

Michigan ? Les Wolverines ont espéré, un temps, avant de subir la foudre de Donte DiVincenzo et du collectif des Wildcats.

Jay Wright réalise un boulot formidable au sein de cette petite université catholique, située en banlieue de Philadelphie, où la culture du basketball coule dans les veines depuis des décennies. Cette victoire vient récompenser un travail de l’ombre qui n’est pas nécessairement assez mis en valeur.

Mais peut-on parler d’une dynastie à Villanova en toute sincérité ?

Aucune autre équipe ne propose un jeu si maitrisé dans le paysage actuel et aucune autre équipe ne domine le championnat de basketball universitaire comme les Wildcats le font depuis quelques années.

Un second titre en trois ans ouvre légitimement la conversation.