Comme les chocolatines, l'aventure de Thomas Delplace aux Etats-Unis ne fait pas débat.

Le soccer universitaire possède un vivier important de français venant de tout la France. Ils représentent bien les régions françaises et après la Côte d’Azur (à deux reprises) et la Bretagne, c’est dans le Sud-Ouest que se dirige Midnight on Campus.

Précisément dans la Haute-Garonne du toulousain Thomas Delplace.

C’est depuis les tropiques de la Floride, chez les Eagles de Florida Gulf Coast, que le défenseur formé au Toulouse Football Club nous octroie cette entrevue et revient sur ses désillusions et ses joies depuis son arrivée en Floride.

 

 

Tu viens d’une région où le rugby est très ancrée, un sport bien plus populaire que le soccer. Qu’est-ce qui t’as orienté vers le soccer plutôt que le rugby ?

 

“Je suis issue d’une famille où c’est tout pour le football. Mon père a joué au football lui aussi, ça c’est fait naturellement. Je n’étais pas forcément attiré par le rugby.”

 

Un proche te décrit comme une personne réfléchie dans ce que tu veux faire dans la vie. Quel est ton but en migrant pour les Etats-Unis ?

 

“Pourquoi je suis parti au Etats-Unis ? En faite L’opportunité m’a été donné, j’aurais trouvé ça dommage de passer à coté. Ça ne s’est pas fait dans la précipitation mais quand même assez rapidement. Je n’ai pas forcément trop réfléchi aux tenants et aux aboutissants. Je me suis ‘je fonce, je m’éclate et on verra comment ça se passe‘.”

 

En principe, les joueurs qui viennent tenter l’aventure en soccer universitaire ont pour ambition de devenir professionnel et d’atteindre la MLS. Est-ce un objectif ?

 

“Je pense que tous les joueurs qui viennent aux Etats-Unis, et plus particulièrement les joueurs français, viennent ici avec l’objectif d’atteindre la MLS. Il se passe ce qu’il se passe mais l’objectif en partant, c’est de signer professionnel aux Etats-Unis.”

 

(Crédit photo : FGCU Athletics)

 

Le début de ton aventure avec Florida Gulf Coast se passait pour le mieux. Tu étais titulaire dès ton année de freshman. Malheureusement, une blessure au tibia t’a éloigné des terrains pendant un an et demi. Comment as-tu vécu cette longue convalescence ?

 

“Il y a eu plusieurs phases. La blessure que j’ai eu, fracture tibia-péroné, je pense que c’est une grosse blessure. Dans un premier temps c’est le dépit et le dégoût.

Cela faisait 3 semaines que j’étais arrivé aux Etats-Unis. Je n’étais pas encore bien intégré, je ne parlais pas du tout anglais. Je commençais à m’intégrer puis j’ai ça qui me tombe dessus donc ça a remis pas mal de chose en question.

L’opération s’est plutôt bien passé mais la rééducation a été compliqué car c’est assez différent d’en France. La rééducation a été une période assez frustrante. J’avais du mal à voir du progrès dans ma réhabilitation. Mais ensuite vers 5-6 mois, j’ai commencé à recourir, retoucher le ballon. Tout allait mieux.

Je suis rentré en France le premier été pour me préparer physiquement. Je suis revenu pour la pré-saison de ma 2ème saison. Et au bout de 3 jours, je me fais tacler exactement au même endroit de la fracture. C’est-à-dire que l’os se relâche. Je me refais une fissure sur le cal osseux. Du coup, c’est la désillusion totale.

Le deuxième coup était plus dur que le premier mais je savais qu’avec patience, sérieux et travail j’allais finir par un jour où l’autre rejouer. J’ai repris à nouveau au printemps 2018 et depuis je joue. Mon corps n’est pas revenu comme avant la blessure mais de rejouer et de retrouver des sensations, c’est déjà mieux.”

 

Cette saison a débuté et tu as enfin retrouvé les terrains. Comment se déroule-t-elle, selon toi ?

 

“Je dirais qu’elle est plutôt positive. Il y a du bon et du moins bon. Il y a des matchs qui nous servent d’apprentissage avec de bonnes victoires.

Pour l’instant, au vu des statistiques, c’est correct mais on sait que tout va être déterminé en fonction du tournoi de conférence. C’est là qu’on va pouvoir juger la qualité de la saison. Même si on gagne des matchs, si le jour où il faut gagner la conférence et arriver au tournoi, on ne gagne pas, on ne retiendra pas cette année comme une bonne saison.”

 

(Crédit photo : FGCU Athletics)

 

D’autres français ont rejoint l’effectif de FGCU et vous êtes en tout 5 français. Quelle relation as-tu avec eux ?

 

“Déjà, c’est agréable de ne pas être tout seul et d’être entouré de français sachant que j’étais le premier ici. Je suis arrivé, j’étais tout seul. Quand je suis arrivé la première année, j’aurais aimé avoir un français avec une expérience d’une université américaine pour pouvoir m’aiguiller dans mes choix, m’expliquer comment cela marche ici.

Bien sur, une relation plus proche qu’avec les autres joueurs. Ce sont des gens que je ne connaissais pas forcément, à part un auparavant, et puis de suite tu te fais des amis.”

 

Tu as vécu à domicile ta première rivalité contre South Florida. Une victoire 5 à 3 devant 1.400 personnes. Tu étais titulaire ce jour-là, comment as-tu vécu la rencontre ?

 

“Personnellement, quand on joue, je ne fais pas forcément attention même si c’est toujours agréable de jouer devant des personnes qui donnent de la voix.

Ce n’est pas quelque chose auquel je fais attention. Après je pense que lorsqu’on a joué contre USF, c’est une des “I-75 Rivalry” et c’est pour cela qu’il y avait beaucoup de monde. En plus le head coach qui a créé le programme de FGCU entraîne maintenant à USF. Il est parti il y a 2 ans donc forcément c’était une rencontre très attendue.

Et bien sur je dirais que ce serait hyper agréable si on pouvait avoir autant de monde à chaque match.”

 

FGCU vs. USF

Men's Soccer vs. USF

Publiée par FGCU Men's Soccer sur Samedi 15 septembre 2018

 

Tu as quitté ta région natale depuis trois ans pour les Etats-Unis. La vie te plait-elle en Floride ?

 

“Franchement, il faut être vraiment compliqué pour ne pas se plaire ici.

Tout est mis à notre disposition. En plus, en Floride, pour les gens qui connaissent la Floride, il fait beau toute l’année. C’est vraiment un cadre de vie idyllique, et franchement, moi ça me convient. Je suis aussi hyper content de rentrer en France pour certaines occasions mais vivre l’année ici, c’est vraiment idéal. On n’a pas à se plaindre.”

 

Ma dernière question. Tu sais qu’en France, un terrible débat entre la chocolatine et le pain au chocolat  fait rage. Aux Etats-Unis, dit-on chocolatine ou pain au chocolat ?

 

“(Rires) Ici, ils ne connaisse pas cela mais partout où je vais, c’est chocolatine. Que se soit en France ou ici, il n’y a même pas débat !