Le Sweet 16 approche et les premières conclusions peuvent être tirées : on aimerait un peu plus de folie, déjà, hein.

Les deux premiers tours de la March Madness ont rendu leur verdict (et ce n’est pas aussi fameux qu’on aurait pu l’espérer). La composition des phases finales de chaque région ne propose pas de réelles surprises, outre le parcours historique de South Carolina et le retour en forme de Xavier au meilleur moment. Comprenez que le Sweet 16 de cette édition de la “grande danse” n’est pas aussi fou que les années précédentes.

Tout d’abord, découvrez ci-dessous le tableau complet des rencontres du Sweet 16, où un seed #1 (Villanova), deux seeds #2 (Louisville et Duke), un seed #3 (Florida State) et zéro seed #4 (!) sont passés à la trappe.

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0 buzzer beater et 0 séance de prolongations : c’est quoi ce bordel ?

Oui, il s’agit bien d’une statistique véridique : on ne compte aucun buzzer beater après les deux premiers tours de compétition. Les véritables upsets peuvent se compter sur les doigts d’une main. Bref, on est bien loin des standards habituels de la March Madness.

Middle Tennessee sur Minnesota. Xavier sur Maryland puis Florida State, Rhode Island sur Creighton, Wisconsin sur Villanova et South Carolina sur Duke. 

48 rencontres déjà disputées et ce sont les seuls vrais upsets que l’on peut se mettre sous la dent. Ce n’est pas bien fameux, qu’on se le dise. On retrouve quelques équipes inattendues à ce stade de la compétition, telles que Xavier, Michigan ou South Carolina (voire Wisconsin), mais aucun d’entre elles ne sort de nulle part. Pas de surprises à proprement parlé.

Mais ce qui est d’autant plus déroutant, c’est que d’excellentes équipes en provenance des mid-majors participaient à cette March Madness. Il ne reste plus que Gonzaga (et fort heureusement) mais des groupes comme ceux de Wichita State, Rhode Island, St Mary’s si ce n’est Middle Tennessee avaient clairement les qualités pour se qualifier et faire plus qu’exister au Sweet 16. Ces derniers ont “juste” échoué à une poignée de possessions de la victoire à chaque fois.

Les équipes du Power Six ne dominent pas outrageusement leur sujet, loin de là, mais évitent très (trop) souvent la défaite sur le fil du rasoir. Rien ne bien spectaculaire, non plus, et pour ne rien arranger, la chance n’est pas du côté des mid-majors. On aurait tuer pour que le buzzer beater de Princeton tombe dans le panier face à Notre Dame, par exemple.

On attend mieux du reste de la compétition et nos seuls espoirs reposent sur un titre national pour Gonzaga ainsi qu’une qualification pour l’Elite 8 (dans un premier temps) de Michigan, South Carolina et surtout Xavier.

Ah, il est beau, le fiasco de la conférence ACC

9 équipes qualifiées à la March Madness, l’étiquette de meilleure conférence du pays et seulement UNE équipe envoyée au Sweet 16. Il n’y a vraiment pas d’autres mot que “fiasco” pour décrire cette situation.

D’ailleurs, vous vous souvenez la saison dernière des SIX équipes envoyées au Sweet 16 et même DEUX des universités présentes au Final Four ? Cette époque semble d’autant plus éloignée à la suite des défaites en cascade lors des deux premières tours de l’édition en cours du tournoi. Il devient difficile de justifier le statut de meilleure conférence lorsque les mouches tombent les unes après les autres.

Bref, seul North Carolina reste à l’appel de la conférence ACC après les défaites de Duke (Second Round), Louisville (Second Round), Florida State (Second Round), Notre Dame (Second Round), Virginia (Second Round), Virginia Tech (First Round), Miami (First Round) et Wake Forest (First Four). Et maintenant, après être passé de la conférence majeure avec le plus d’équipes engagées à celle qui en a le moins, quelle est la suite ?

Si ls Tar Heels finissent par être champions nationaux, ce qui est fort possible, faites comme si on n’avait rien dit. Mais pour le moment, la pression se trouve sur le dos de la conférence ACC. Une élimination prématurée de UNC au Sweet 16 serait un camouflet sans précédent.

Et ne parlons même pas des seeds attribués par le comité de sélection… Virginia avec un seed #5, la bonne blague.

Les conférences Big Ten et Pac-12 compilent seulement CINQ défaites

On se moque (à juste titre) de la conférence ACC, mais il faudrait plutôt souligner les excellentes performances des conférences Big Ten et Pac-12, très régulièrement sous-estimées par les observateurs et ce pour diverses raisons.

Force est de constater que les deux conférences réunies ne comptent que cinq défaites à ce stade de la March Madness, et trois qualifiés chacune pour le Sweet 16.

Des cinq universités passées à la trappe, USC est passé tout proche de renverser Baylor. Northwestern se trouvait à un cheveu de surprendre le seed #1 et un des favoris pour le titre ultime, Gonzaga, au bout de la plus belle saison de l’histoire de l’université. Maryland et Minnesota auraient pu espéré un peu mieux, alors que Michigan State a maximisé son potentiel (merci Tom Izzo).

La Big Ten n’était pas réellement attendu au tournant mais en fin de compte, il aurait mieux fallu de ne pas se fier aux seeds attribués. Avant le tournoi, Michigan restait une série de victoires impressionnantes et venait de remporter le tournoi de conférence. Wisconsin n’a pas montré ses muscles lors des dernières semaines mais il est difficile d’oublier une telle équipe si expérimentée lors des grandes échéances. Et surtout, comment discréditer Purdue (bon, le passé à la March Madness n’est pas flamboyant) à la sortie d’une saison régulière quasi-parfaite et les performances ahurissantes d’un phénomène tel que Caleb Swanigan ?

La conférence possède de réelles chances de qualifier une ou plusieurs équipes à l’Elite 8 (il faudrait poser une pièce sur Michigan, qui écrase tout sur son passage ces derniers temps). Mais la conférence Pac-12 détient encore de meilleurs arguments.

Oregon, Arizona et UCLA possèdent chacun les compétences et les qualités pour se qualifier au Final Four. Vraiment. Tout n’est pas parfait sur cette March Madness pour les deux premiers, mais le premier week-end relève souvent d’une question de survie. Les Bruins traversent le tournoi sous le radar, et c’est peut-être ceci qui les rend dangereux pour la suite.

La plus grande surprise ? Se retrouver avec Baylor ET Purdue en deuxième semaine

Sérieusement, Baylor ET Purdue au Sweet 16 ? Du jamais vu dans la même March Madness.

Les deux équipes nous ont habitué à s’étouffer lors des deux premiers tours à de maintes reprises et les voir ensemble dans le programme de la deuxième semaine avec de réelles chances pour avancer un peu plus loin, ce n’est pas commun.

Toutefois, outre les plaisanteries, il faudrait peut-être se mettre à croire en elles.

Les Bears réalisent possiblement la meilleure saison de leur histoire avec une première place de l’AP Top 25 acquise en cours de saison et un effectif incroyablement dense et talentueux. Les bigmen à l’intérieur ont la taille et les qualités athlétiques pour rivaliser avec n’importe qui, Jonathan Motley est un danger permanent et les menaces à l’extérieur ne manquent pas non plus, à commencer par le belge Manu Lecomte.

De leur côté, les Boilermakers possèdent le fabuleux Caleb Swanigan dans leur rang et cela suffit amplement à les considérer comme une menace au sein de ce tournoi. L’ailler fort est toujours en course pour recevoir le titre de Joueur de l’Année (et il devrait le remporter, si nous votions) et a tracté lui-même Purdue vers le titre de conférence Big Ten cette saison.

Beaucoup ont du mal à croire en ces deux équipes pour une suite interminable de déceptions ces dernières années. Et pourtant, ne vous étonnez pas si une équipe (voire même deux) se qualifie pour le Final Four.

La belle histoire de South Carolina

L’upset de Duke lors du Second Round peut être considéré comme la plus grande victoire de l’histoire du programme de basketball de South Carolina. Ni plus, ni moins.

Mais ce pourrait encore changer si les Gamecocks remportent leur affrontement face à Baylor. Les pensionnaires de la conférence SEC (qui réalisent elle-aussi une belle March Madness, ce dit en passant) se sont qualifiés à trois Sweet 16 lors des années 70. Et puis c’est tout, plus rien pendant 40 ans. Et ces trois rencontres se sont soldées à chaque fois de défaites.

Frank Martin a construit une excellente équipe qui a joué les premières rôles de sa conférence de la première à la dernière semaine. Et rien que pour cela, South Carolina mérite un coup de chapeau. L’équipe possède un excellent leader en la personne de Sindarius Thornwell (plus de 21 points, 7 rebonds, 3 passes et 2 interceptions par match) et la défense des Gamecocks a de quoi faire peur bon nombre d’équipes. Bref, cette qualification pour le Sweet 16 n’est pas une surprise. Tout ce qui arrive à partir de maintenant n’est que du bonus.

South Carolina peut devenir la Cendrillon de cette March Madness, qu’on le veuille ou non, et bien qu’elle appartienne à la conférence SEC. Le succès que l’équipe connait est littéralement sans précédent.

Michigan peut devenir la sensation de ce tournoi

En parlant de Cendrillon, Michigan a son mot à dire.

Bon, pas réellement, puisque l’équipe est une entité majeure et connue du paysage universitaire. On se souvient d’ailleurs du Final Four dantesque de 2013, et une finale perdue face à Louisville malgré un Spike Albrecht sorti d’absolument nulle part. Mais cette équipe actuelle de Michigan est différente.

Le head coach des Wolverines, John Beilein, est réputé pour construire des effectifs solides, versatiles et capables de se transcender lors des grands moments. Ce qu’est exactement en train de réaliser Michigan en 2017. La saison régulière s’est révélée plutôt inconstante, si ce n’est moyennement convaincante, mais depuis le mois de février, une autre vitesse a été passée. Le superbe run du tournoi de conférence Big Ten est là pour en attester : battre Purdue tout d’abord, avant d’enchainer avec Minnesota et surtout Wisconsin en finale, cela veut dire quelque chose.

Cette série folle se poursuit actuellement à la March Madness. Les rencontres ne sont pas dominés outrageusement, mais Michigan réalise ce qu’il faut pour aller chercher la victoire. L’essentiel, en somme, grâce à une très belle animation offensive à arms multiples et une défense qui produit ce qu’on lui demande (même si on peut espérer mieux).

S’il fallait désigner une équipe sortie du chapeau pour rivaliser avec les grands favoris, Michigan pourrait être le meilleur choix à ce jour. Xavier, Butler, South Carolina voire même Wisconsin ne sont pas très loin, mais les Wolverines semblent les mieux armés pour continuer du surprendre.

UCLA contre Kentucky, deuxième édition ? Personne n’est prêt

La rencontre de début de saison entre UCLA et Kentucky nous avait donné un spectacle ahurissant, conclue par une victoire des Bruins sur le territoire quasiment imprenable de la Rupp Arena des Wildcats. Le remake s’annonce d’autant plus dantesque.

Les deux équipes ont continué de progresser au fil de la saison et se présentent aujourd’hui avec des équipes jeunes mais expérimentés d’une saison réussie. Mélangez un talent incroyable (des deux côtés) avec la scène de la March Madness, et l’on est presque sur de se retrouver avec une partie des plus explosives.

Et puis, on n’est VRAIMENT pas prêt pour la confrontation directe entre De’Aaron Fox et Lonzo Ball.

Les deux meneurs de jeu peuvent être considérés comme l’âme de leur équipe et devraient continuer à se battre furieusement sur les parquets de la NBA très rapidement. Autant showman l’un que l’autre, doté de qualités techniques et physiques impressionnantes, ils devraient illuminer une rencontre à placer sous le signe de l’attaque.

Cela a déjà été le cas plus tôt cette saison, et UCLA en est sorti vainqueur. Cependant, Kentucky a montré contre Wichita State que sa défense s’est grandement améliorée, un point que ne maitrise toujours pas réellement son adversaire. Les Bruins possèdent des armes intéressantes pour rivaliser à l’intérieur, mais pas certain que Steve Alford soit arrivé à mettre au point une animation défensive suffisante pour tenir en étau un homme comme “Bam” Adebayo.

Le prochaine génération de joueurs professionnels se trouvera sur le terrain. Les spotlights de la March Madness devraient transcender les meilleurs playmakers. Traduction : ce sera le feu à coup sur.