Le début de l’autonome sonne le retour de la natation et du plongeon sur le sol américain. 

La natation sort d’une merveilleuse saison 2017-18, où des records universitaires sont tombé à la pelle et de grands nageurs comme Katie Ledecky, Caeleb Dressel ou Simone Manuel ont couru pour la dernière fois dans le circuit universitaire.

 

Comment se déroule la saison de natation et de plongeon ?

 

La saison commence dès le mois d’octobre et dure jusqu’à la mi-mars.

En natation, la saison se déroule en bassin de 25 yards (ce qui équivaut à 22,86m) et non pas en bassin de 50m, la norme olympique, ni en bassin de 25m. Les mêmes styles de nage que ceux présent au Jeux Olympiques sont représentés en NCAA ; seuls les distances changent, parfois dû à la spécificité du yard. À savoir que sur le circuit universitaire, on ne nage pas les 50m de spécialités contrairement au Championnats du Monde. 

On retrouve aussi les relais, qui vont du 4×50 yards au 4×200 yards, à l’instar des grandes compétitions internationales. À noter que les Nationals femme et homme ne se déroulent pas au même moment, seul le lieu reste le même.

En plongeon, on retrouve les compétitions à 1m, 3m et 10m comme dans les compétitions internationales. 

Le mode de qualification se fait à l’aide de chronomètre et de score que les nageurs et les plongeurs accumulent durant la saison. C’est pourquoi il existe une période de qualification, qui se termine généralement fin février. 

Les nageurs et les entraîneurs doivent faire face à plusieurs contraintes : une université ne peut seulement inscrire 18 nageurs et les nageurs peuvent seulement s’aligner sur trois épreuves individuelles aux Nationals, finales nationales afin de décider les champions en fin de saison. C’est un peu plus compliqué au plongeon : après avoir réalisé des scores de qualification, les plongeurs doivent gagner leur place pour les Nationals sur une dernière compétition.

Lors de cette compétition, les plongeurs s’affrontent par zone. Les zones sont prédéfinies par la NCAA et chaque zone obtient un quota, qui est établi selon les résultats obtenus aux Nationals de la zone. D’une zone à une autre, on peut avoir 6 places comme 11 places qualificatives pour les Nationals. 

(Crédit photo : Greg Bartram)

La saison se déploie de la manière suivante : d’octobre à mi-février, les équipes réalisent généralement des matchs et des meetings. Puis, les championnats de conférence se déroulent à la fin du mois de février et les Nationals en mars.

Quel est le calendrier typique d’une équipe (durant la saison de natation) ? Prenons par exemple le programme de Stanford en 2018-19.

  • En octobre :
    • 9/10 vs UTAH 
    • 12/10 vs Washington State 
  • En novembre :
    • 9/11 vs Texas 
    • 15/11 OHIO State Invite 
    • 29/11 US Winter Nationals 
  • En janvier :
    • 25/01 vs Arizona 
    • 26/11 vs Arizona State
  • En février :
    • 1/02 vs UCLA 
    • 2/02 vs USC
    • 16/02 vs California 
    • du 27 février au 2 mars : Pac 12 Championships à Federal Way (Californie) 
  • En mars :
    • du 20 au 23 mars : Nationals à Austin (Texas)

 
Les équipes à suivre durant la saison de natation

 

Pour le championnat féminin :

 

1. Stanford Cardinal

Une nouvelle fois, Stanford se présente comme l’université favorite pour remporter les Nationals.

En effet, l’équipe domine le circuit universitaire depuis 2017. Voilà 2 ans de suite que le programme gagne les Nationals avec une grande marge sur les autres. En 2018, elles se sont imposées avec 593 points, dont plus de 200 points d’avance sur California, et elles ont réussi à remporter plus de la moitié des épreuves au programme des Nationals. 

Il sera tout de même très difficile si ce n’est impossible de faire mieux en cette saison pour Stanford, puisque le programme doit affronter la perte de ses stars. Le Cardinal a perdu deux championnes olympiques : Simone Manuel et la plus grande nageuse de tous les temps, Katie Ledecky. Ils doivent aussi faire sans Janet Hu et Ally Howe qui viennent d’être diplômées. 

(Crédit photo : NCAA.com)

Le head coach Greg Meehan est l’un des meilleurs entraîneurs au monde et pourra tout de même compter sur Ella Eastin et Katie Drabot pour cette nouvelle saison. Il faut également prendre en compte que Ella Eastin se remet tout juste d’une mucoviscidose, une maladie qui l’a empêchée de se qualifier pour les Mondiaux 2019. 

Stanford peut tout de même être fier de son recrutement. Le programme a signé la meilleure recrue de l’année, en la personne de Taylor Ruck. La jeune canadienne sort d’une saison admirable, où elle est passée sous 53 secondes au 100m et les 1min55 au 200m en grand bassin. Elle est qui plus est très polyvalente, capable de nager le crawl, le dos et de participer aux épreuves à quatre nages. Cerise sur le gâteau : cette saison, elle a eu l’honneur de battre Katie Ledecky durant les Pan Pacifics en août. 

Le Cardinal de Stanford doit affronter une grande adversité pour garder son titre national à Austin. D’ailleurs, elle n’auront pas autant de marge de manoeuvre aux prochains Nationals. 

 

2. California Golden Bears 

Chaque saison, l’université de Berkeley présente une équipe forte et talentueuse.

Comme bon nombre d’équipes en NCAA, California possède des nageuses ayant participé aux compétitions avec leur équipe nationale. Les Golden Bears ont justement comme chef de file, Abbey Weitzeil. La championne olympique en relais tentera de remporte son premier titre universitaire en individuel cette année. 

L’équipe peut aussi compter sur Katie McLaughlin, qui prépare les Mondiaux 2019 et qui voudra finir sa carrière universitaire de la meilleure des manières. De plus, une recrue comme Cassidy Bayer peut apporter de nombreux points à l’équipe. 

 

3. Michigan Wolverines 

Une équipe homogène et complète, Michigan a la chance d’avoir de bonnes nageuses comme de très bonnes plongeuses.

Le head coach Mike Bottom peut aussi compter sur ses têtes d’affiches telle que les soeurs Catie et Gabby Deloof, Siobhan Haughey qui a participé aux Jeux Olympiques, ainsi que de deux nageuses ayant été appelées en équipe nationale, Sierra Schmidt et Miranda Tucker.

Autrement dit, Michigan sait affronter la pression et les filles tiennent les capacités pour finir sur le podium aux Nationals.

 

4. Texas Longhorns 

Aujourd’hui, Texas se présente comme l’outsider de la saison.

Cette équipe possède les atouts nécessaires pour surprendre tout le monde et remporter les Nationals. Le groupe de Carol Capitani n’a pas totalement changé cette saison. Il faut ajouter aussi que les nageuses ont progressé et que le programme peut compter sur Claire Adams et Joanna Evans. 

Depuis 1991, Texas n’a plus remporté le titre en NCAA. Les filles auront à coeur de mettre un terme à 28 ans de disette chez eux.

 

Pour le championnat masculin :

 

1. Texas Longhorns 

Texas se présente une nouvelle fois favori à la défense de son titre à domicile (Austin).

L’université, menée par le fameux head coach Eddie Reese, domine le circuit universitaire depuis 2015. Leur dernière défaite aux Nationals remonte à 2014 face à California. L’équipe doit tout de même gérer la perte de Joseph Schooling, plus connu comme étant le jeune nageur qui a surpris tout le monde aux Jeux Olympiques de Rio en 2016. Il avait remporté le 100m papillon devant Michael Phelps, Chad Le Clos et Lazslo Cseh. 

(Crédit photo : Texas Athletics)

Malgré cela, Texas peut miser sur l’un des champions olympiques au 4x200m et vice-champion du monde sur 200m, Townley Haas. Les Longhorns pourront aussi compter sur leurs deux dossistes que sont John Shebat et Austin Katz. 

Il faudra quand même faire attention car l’équipe n’a pas autant de marge que par le passé. Elle s’est déjà réduite petit à petit en 2018 et la tendance ne devrait pas aller dans le sens des Longhorns. Cela s’est vu lors de leurs deux premières rencontres du début de saison, où Texas a signé deux lourdes défaites dans le même week-end (contre Indiana puis Florida).

 

2. California Golden Bears 

Depuis son dernier titre national en 2014, les Golden Bears ont enchainé les deuxièmes places aux Nationals. Cette saison, l’équipe se présente comme l’équipe ayant les capacités à mettre fin à la domination de Texas.

California paraît aguerri. Elle a d’ailleurs signé de très bonnes recrues, et notamment Reece Whitley, à qui on promet un bel avenir. Il est d’ailleurs l’un des meilleurs jeunes brasseurs américains. Le groupe peut aussi compter sur Andrew Seliskar, qui s’est qualifié pour les Mondiaux 2019, Michael Jensen et Sean Grieshop. Tous les trois sont des nageurs polyvalents, qui peuvent s’aligner sur plusieurs styles de nages. 

California devra aussi faire avec la perte de l’entraîneur Yuri Suguiyama, qui s’occupait du demi-fond. Il est reconnu pour avoir mené Katie Ledecky à son premier titre olympique. Il est maintenant en charge de l’Université du Wisconsin. 

 

3. Indiana Hoosiers

Comme chaque saison, Indiana présente une équipe bien taillée et prête à faire déjouer les pronostiques. 

L’université doit composer sans Blake Pieroni qui vient de conclure sa carrière universitaire. Toutefois, les Hoosiers pourront compter sur un tout nouvel arrivant, Zach Apple, un très bon sprinteur venant d’Auburn. Il est capable de nager du 50 yards au 200 yards et apportera beaucoup de points à sa nouvelle équipe. 

(Crédit photo : Indiana Athletics)

N’oublions pas Ian Finnerty, qui a battu un record universitaire sur 100 yards brasse l’an passée et qui sera l’un des leader de l’équipe. Indiana peut aussi miser sur ses bons plongeurs pour aller chercher un beau podium au Nationals.  

 

4. NC State Wolfpack

NC State jouera le podium aux Nationals.

Justin Ress sera le leader du Wolfpack pour mener à bien cet objectif. Le nageur a envie de faire une belle saison après avoir raté sa qualification pour les Mondiaux 2019 et il sera un élément indispensable pour que NC State réalise une belle saison. 

 

Les français à suivre sur cette saison de natation

 

Samy Helmbacher (junior, Pittsburgh)

Le junior de Pittsburgh est très polyvalent : il peut s’aligner sur plusieurs styles de nages. Son objectif en cette nouvelle saison est de se qualifier pour les Nationals et de conserver son titre de champion de France au 400m 4 nages en avril. 

 

Manon Viguier (junior, Miami)

La nageuse de l’Université de Miami possède de grandes ambitions pour cette saison. Le premier sera de briller au championnat de conférence ACC, où elle cherche à nager sur plusieurs finales individuelles et en relais. Manon Viguier tentera aussi de se qualifier pour les Nationals et de faire partie de l’équipe nationale pour les Mondiaux 2019 à Gwanju (Corée du Sud).

Elle détient effectivement les capacités et l’habileté pour rentrer dans le collectif du relais 4x200m français.

(Crédit photo : Miami Athletics)

 

Maxence Bouvier (senior, USC)

Maxence Bouvier a la chance de nager dans l’un des meilleurs programmes du pays, à USC, qui est entrainé par Dave Salo. 

Rappelons que Dave Salo a été l’entraineur de Aaron Peirsol, Jason Lezak, Katinka Hosszu et Oussama Mellouli. Aujourd’hui, il entraine encore des grands nageurs comme Vladimir Morozov et depuis peu, Amaury Leveaux, qui vient de sortir de sa retraite.

Le nageur senior des Trojans est présent au sein d’un groupe très dense, qui visera le Top-10 aux Nationals. En somme, il peut espérer figurer dans l’équipe aux prochains Nationals pour sa dernière saison dans le circuit universitaire. 

Il visera aussi au printemps une qualification pour les Universiades de Naples (Italie).

 

Rahiti De Vos (junior, Utah)

Le jeune tahitien tentera de faire mieux que la saison passée, et pour cela, il faudra qu’il améliore ses chronos en yards. Il peut tout de même se qualifier pour la finale des championnats de conférence Pac-12, comme l’an dernier.