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(Crédit photo : GCU Athletics)

De Grand Canyon à Denver, le transfert de Josh Drack en dit long sur le soccer universitaire

Le coup d’envoi d’une nouvelle saison de soccer universitaire approche à grands pas, dès le 30 août prochain. Avec une nouvelle règle concernant des transferts en Division I, qui permet maintenant aux joueurs d’entreprendre un transfert sans l’autorisation de leur entraîneur, toute l’intersaison a été chamboulée.

Alors que l’on pouvait s’attendre à ce que les conférences et programmes majeurs soient dépouillés de leurs joueurs talentueux au faible temps de jeu, c’est le contraire qui est plutôt arrivé. On observe plutôt une fuite des meilleurs talents de conférences moins réputées.

Pour autant, ils n’ont pas tous choisi de se diriger dans le “Big 3” composé de l’ACC, de la Big Ten et de la Pac-12. Certains ont pris des directions pour le moins inattendues. Et l’un d’entre-eux est tout simplement l’un des joueurs les plus talentueux du pays et celui qui détient le plus gros potentiel du championnat : Josh Drack.

Il était la star de son équipe à Grand Canyon et le programme voulait construire autour de lui. Mais il a décidé de partir au cours du printemps… pour Denver. Cette arrivée sonne comme une bombe car elle place maintenant les Pioneers comme un candidat sérieux au titre national.

Midnight on Campus s’est entretenu avec l’un des meilleurs talents du pays en provenance de l’Arizona.

 

Jamie Francks a confiance en mes capacités : il sait que je ferai des erreurs mais il me fera toujours confiance.”

 

Il y a 4 mois, vous étiez encore un joueur de Grand Canyon et nous pouvions croire que vous resteriez à GCU après une saison historique. Ce n’est pas le cas. Pourquoi un transfert vers Denver alors vous étiez la star de l’équipe ?

“Bien que ma période à GCU était bonne et que j’ai construit mon nom, je n’appréciais plus le soccer et je ressentais une sorte de dépression à un moment. Je voulais trouver une porte de sortie et avoir une chance au titre national.

Denver peut me donner cette opportunité. Jamie Francks (head coach ; ndlr) a vraiment montré qu’il se souciait de moi et c’est pourquoi j’ai choisi Denver.”

Vous avez dû recevoir de l’intérêt des plus grands programmes. Est-ce que rejoindre Denver était une décision facile ?

“Déjà, j’ai reçu des intérêts de Louisville, Kentucky, UNC, Portland et beaucoup d’autres.

Et, honnêtement, oui. Jamie Francks et toute l’équipe m’ont vraiment bien accueilli pendant ma visite et je me sentais déjà comme un membre de la famille. Maintenant, c’est à moi d’être au niveau pour faire de mon mieux et bien jouer.”

 

“Je pense que [Denver] possède une chance au titre national.”

 

Jamie Francks fait partie de cette nouvelle génération d’entraîneurs modernes en soccer universitaire. Il va débuter sa cinquième saison d’entraîneur en chef et son bilan est tout simplement exceptionnel : 2 saisons régulières invaincues et une College Cup. Comment vous a-t-il vendu Denver plutôt qu’une autre école ?

“Il ne m’a pas du tout dit de choisir Denver. Il voulait me connaître comme une personne et il me voulait sentir que j’avais besoin d’être là. Jamie Francks a confiance en mes capacités. Il sait que je ferai des erreurs mais il me fera toujours confiance.”

Après votre engagement, Preston Judd, votre nouveau coéquipier à Denver, a publié ce tweet. Ce n’est pas insignifiant. Est-ce que vous vous déclarez candidats au titre national ?

“Oui, je crois que notre équipe possède une chance au titre national. La façon dont nous nous entraînons, pensons et jouons est très différent de nombreuse écoles : un bon football sur le terrain et pas trop direct.

Je jouerais d’ailleurs sur l’aile gauche ou droite et je peux utiliser ma qualité pour créer des occasions.”

 

En parlant de football, vous êtes américain mais j’ai entendu que vous avez des origines japonaise. Comment avez-vous commencé à jouer au soccer et pourquoi avez-vous choisi ce sport ?

“Oui, ma mère est japonaise et mon père vient du Chili, où il a joué au soccer. J’ai commencé à en jouer quand j’étais petit et je n’ai jamais arrêté depuis.”

 

Votre père a-t-il personnellement développé votre style de jeu ? Cela expliquerait votre qualité technique, votre vision de jeu, votre façon de penser le soccer qui est proche de ce que nous voyons en Europe.

“J’ai toujours eu le rêve d’être professionnel. Oui, mon père m’a presque tout appris. De là je me suis développé année après année. Je n’étais pas toujours le meilleur, cependant, mais j’ai travaillé très dur.”

 

“Le soccer universitaire construit davantage le caractère.”

 

Nous demandons généralement aux joueurs français de comparer le niveau entre la France et le soccer universitaire. Vous avez jouer pour un club de soccer en Arizona, au lycée et maintenant en NCAA. Quel sont les différences entre les trois ?

“Le soccer universitaire est très différent. Très rapide et physique. Je ne suis pas un gars costaud donc je dois utiliser le plus de technique pour avoir un impact sur le match. Les combinaisons sont importantes en NCAA et je pense que j’ai de la qualité là-aussi.

Le lycée et le club étaient plus fun. Maintenant, c’est plus sérieux car c’est proche de mon rêve.”

 

Pensez-vous que la NCAA est un bon endroit pour se développer en tant que joueurs ? Beaucoup de critiques et de contraintes et pourtant le niveau augmente à chaque année.

“Je pense que certains programmes, oui, mais beaucoup non. Le soccer universitaire construit davantage le caractère à mon avis. Tu es passé par beaucoup de choses en très peu de temps et tu dois passer outre afin de pouvoir aider l’équipe. Mais au niveau du soccer, je ne pense pas que c’est un bon endroit pour se développer parce que la saison est tellement courte.”

 

(Crédit photo : GCU Athletics)

 

On vous connait comme un superbe joueur de soccer mais on ne connait pas la personne. Dites-nous qui est Josh Drack.

“Je suis un gars simple. Ma famille vient en premier pour moi. J’aime ma famille et je ferais n’importe quoi pour eux. Mais hormis le soccer, je joue aux jeux vidéo, je regarde des films, je traîne avec mes amis. Je suis un enfant un peu bébête et qui aime faire rire les gens et aime rencontrer des personnes et apprendre de différents cultures.”

 

En parlant de culture, vous avez jouer avec un français, Julien Armaroli, à Grand Canyon. Comment était cette saison avec lui ? Avez-vous appris quelque mots de français ?

“(Rires) Non, je n’ai pas appris le français mais Julien était un bon mec. Nous sommes devenus de bon amis.”

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