Soutenez Midnight on Campus avec Patreon !
Christian Pinzon CSU Fullerton Soccer 2019
(Crédit photo : Mariah Ross - Daily Titan)

“Fight for the College Cup” : les premières sensations de la saison de soccer, CSU-Fullerton, Missouri State et Navy

Ce n’est pas sur le plan des upsets (assez faibles) que l’on retiendra cette première partie de saison en soccer universitaire. Cependant, la direction vers un jeu plus offensif avec des phases de construction montre qu’un cap a été franchi.

Mieux encore, on entrevoit une meilleure régularité des programmes mineurs qui nous offre, chaque semaine, un florilège d’actions spectaculaires que la NCAA recense chaque semaine. C’est de bonne augure pour l’image du soccer universitaire.

A contrario de ce qui pouvait l’être, les équipes et les conférences majeures sont plutôt absentes du spectacle procuré depuis un bon mois de compétition. Si le soccer universitaire trouve un nouveau souffle, c’est parce que les conférences mineures sont les organisatrices de cette fête tonitruante.

Les 3 équipes inattendues du premier mois de soccer : CSU-Fullerton, Missouri et Navy

Un grand nombre d’équipes issues des conférences mineures (hors du Big 4) sont en train de réaliser des prouesses en cette première partie de saison. Si ces performances se poursuivent, le comité de sélection fera face à un véritable casse- tête pour la réalisation du bracket du NCAA Tournament.

Parmi ces surprises, 3 équipes sortent de nulle part : CSU-Fullerton, Missouri State et la Navy cumulent entre elles un bilan impressionnant de 24 victoires pour 1 match nul et sont toutes classées dans le Top-25 national.

Peuvent-elles croire en leur chance de participer à la College Cup ?

L’état des lieux chez les Titans (8-0-1) :

George Kuntz connait tout simplement sa meilleure période à CSU-Fullerton depuis que le head coach a pris les reines d’un programme à l’agonie en 2014. Les records tombent coup après coup, dont celui du meilleur début de saison de l’histoire de l’équipe de soccer.

Est-ce enfin l’année de la consécration pour le légendaire entraîneur de la Big West ?

En tout cas, le jeu s’est radicalement transformé vers l’attaque et le spectacle est au rendez-vous, à l’image de ce but décisif inscrit par le junior Christian Pinzon en overtime contre l’Air Force.

Une série de 3 matchs à l’extérieur contre James Madison, Maryland puis CSU-Northridge en ouverture de Big West apporteront un élément de réponse. Un sans faute serait synonyme d’une qualification (virtuelle) pour le NCAA Tournament et de maîtriser leur destin pour finir dans les 4 meilleures têtes de série, puisqu’ils bénéficient d’un classement RPI très favorable.

L’état des lieux chez les Bears (7-0-0) :

Depuis le départ de Creighton, la Missouri Valley Conference n’arrive plus à maintenir un niveau constant en soccer. Aucun membre n’a réussi à remplacer les Bluejays, mais, depuis maintenant un an, Missouri State semble s’accaparer le statut de leader en MVC.

À la grande surprise, ils ne sont pas écroulés et ont continué sur leur lancée de 2018 (qui s’est terminée sur un bilan de 9-2-6). John Leamy impose à son équipe un jeu de passe courte et de possession étouffant l’adversaire. Avec seulement 5,7 tirs autorisés par match, les Bears possèdent l’une des dix meilleures défenses du pays.

Missouri State connait une configuration similaire à CSU-Fullerton : actuellement en saison de conférence, ils ont réussi leur premier test en gagnant à Loyola Chicago, seul concurrent au sein de la MVC.

Il reste encore un tournoi de conférence à jouer mais ils possèdent un boulevard pour rester invaincu jusque-là et pour faire croître leur RPI. Finir dans les 8 têtes de série nationales du NCAA Tournament est même envisageable.

L’état des lieux chez les Midshipmen (9-0-0) :

Personne n’aurait osé parier une seule pièce sur la Navy et, pourtant, ils sont en train de donner tort à tout le monde. Les Midshipmen sont réellement LA surprise de la saison mais de nombreuses interrogations demeurent.

Peuvent-ils vraiment maintenir la cadence ? Les résultats sont présents mais Navy sort de 3 saisons sans dépasser la barre des 5 victoires.

Auront-ils les ressources mentales pour ne pas trébucher devant la difficulté ? La Patriot League connaît depuis 3 ans le même champion de conférence, Colgate. Les Raiders ne connaissent pas dans leur meilleure période mais ils savent répondre présents lors des moments importants de l’année.

De plus, la Navy doit évidemment rencontrer l’académie rivale de Army West Point et les Midshipmen n’ont plus gagné la “Army-Navy Cup” depuis 4 ans. Bien que la confiance soit de leur coté, l’ascendant psychologique est bien du coté des black Knights pour cette rencontre.

Et enfin, le classement RPI reste assez fragile à la vue des résultats. Les défaites compteront double et elles feront chuter durement leur position, pour les reverser ainsi dans une partie de tableau plus difficile au tournoi national. C’est donc pourquoi il faut réaliser un sans-faute. Si Navy parvient à répondre à ce défi, l’équipe peut devenir le poil à gratter du NCAA Tournament et créer la surprise comme UMBC en 2014.

James Madison et l’AAC, bourreaux de l’ACC

Le head coach de Clemson, Mike Noonan, a affirmé une nouvelle fois que la conférence ACC est la ligue la plus forte du pays en soccer universitaire. Est-ce pour autant vrai ?

Plusieurs membres de la conférence trustent les meilleures places du Top-25 depuis l’intersaison. Cependant, cette affirmation est uniquement basée sur des résultats et non sur le contenu ou la qualité des adversaires. En y regardant de plus près, une 2ème saison consécutive sans une équipe à la College Cup pourrait se reproduire alors qu’ils ne l’avaient jamais manqué en 10 ans.

Plusieurs rencontres font tâche à la déclaration de Mike Noonan.

Wake Forest a déjà trébuché lors d’un voyage hors-conférence : la défaite à James Madison a résonné tel un tremblement de terre. L’upset a été une grande surprise puisque les Demon Deacons montraient une domination sans partage avec Georgetown. Avec le recul, James Madison reste sur un bilan de 3-0 contre l’ACC (Virginia Tech, UNC, Wake Forest) depuis que Paul Zazenki est devenu le head coach en 2018. Peu ne peuvent se venter d’une telle réussite et cela démontre du savoir-faire des Dukes.

4 rencontres entre les conférences AAC (UCF x2, SMU, South Florida) et ACC (Wake Forest, UNC, Duke, Louisville) ont eu lieu depuis l’an dernier et le résultat est sans appel : un cinglant 3-1 en faveur de l’American Athletic Conference !

Si l’on cumule les performances de James Madison, on monte carrément à 6-1. Il semble bien que la conférence ACC devienne de plus en plus friable face à l’évolution des programmes mineurs, qui arrivent à concurrencer les grandes écuries dans le recrutement.

Le NCAA Tournament sera le révélateur mais si l’ACC devait croiser une équipe de l’AAC ou James Madison, les équipes de la ligue endosseront automatiquement un rôle d’outsider.

Les 3 déceptions du début de saison en soccer :

  • Akron Zips :

7 défaites consécutives, aucune victoire et les Zips sont soumis à de très sévères critiques sur les réseaux sociaux de la part des dans. La chute est incompréhensible : est-ce l’année de trop pour Jared Embick (dont le contrat a été renouvelé de 2 ans) ou bien le jeune groupe (15 freshmen) ne prend-il pas la mesure du soccer universitaire ?

Le calendrier de conférence n’a pas encore débuté, ce qui laisse encore des motifs d’espoir pour la suite, mais Akron traverse une spirale négative dont ils n’arrivent pas à inverser la tendance.

  • Denver Pioneers :

Une seule victoire pour 5 défaites ainsi que 2 nuls. Les Pioneers avaient de grandes ambitions, remporter le titre national, sauf que l’alchimie ne prend pas avec tous les nouveaux arrivants. L’inquiétude grandit après avoir été tenu en échec contre Eastern Illinois en ouverture de la Summit League. Ce résultat laisse véritablement planer un doute sur leur chance de gagner le tournoi de conférence, organisé à domicile.

  • Florida Gulf Coast Eagles :

Jesse Cornier partait avec un groupe expérimenté et suffisamment compétitif  pour se permettre de croire à leur chance de participer à la College Cup. Tout avait pourtant bien commencé pour FGCU en première semaine, entre un upset à Michigan et une mise en échec de Michigan State, qui leur a permis de rentrer dans le Top-25 national.

Malgré 2 victoires dès la semaine suivante, c’est ensuite que les choses se gâtent. Les Eagles connaissent leur première défaite à UC Riverside et depuis, c’est l’hécatombe avec 4 défaites et 2 matchs nuls en 6 matchs. FCGU ne sait plus dans quelle direction regarder et Jesse Cornier se dirige vers un 3ème échec consécutif depuis sa prise de fonction en 2017.

“French Corner” : le début de saison des français en NCAA

Cette première partie de saison de soccer universitaire est plutôt clémente pour les français. Elle vacille plus vers le bas que vers le haut pour la plupart, mais un français est en train de creuser son trou : Paul-André Guérin à FGCU.

Ces performances individuelles sont au rendez-vous et celles de son équipe dépassent toutes les attentes. Sur un malentendu, il pourrait même être le prochain français à succéder à William-James Herve au sommet de la ligue, qui a remporté le titre national avec Maryland en 2018.

Paul-Andre Guerin (GK) et Alexandre Castaing (D) de CSU-Fullerton (8-0-1) :

Paul Andre-Guerin réussit-il son pari, qu’il nous avait partagé la saison dernière ?

CSU-Fullerton a réalisé le meilleur départ de l’histoire du programme avec 7 victoires consécutives et les Titans deviennent petit à petit un candidat crédible au titre national.

Sélectionné dans le All-Big West Team de présaison et récompensé deux fois du Defensive Player of the Week de la Big West , serait-il en train de s’inviter dans la course au MAC Hermann Trophy… et en tant que meilleur gardien du pays ? Les voyants sont aux verts et il peut commencer à entrevoir un avenir vers le soccer professionnel.

Quant à Alexandre Castaing, qui est arrivé de USC Upstate sur transfert, il a connu ses premières minutes en sortie de banc contre Loyola Chicago. Il lui sera difficile d’intégrer le 11 sans une méforme de l’équipe ou une blessure d’un coéquipier.

Titouan Le Menex (D) et Ryan Medilah (F) de FGCU (3-5-2) :

Les deux français des Eagles ont réalisé un départ canon avec un upset retentissant contre Michigan (4-3) et un match nul contre Michigan State (1-1).

Ryan Medilah a été le grand artisan de ces succès en inscrivant un triplé contre Michigan, ce qui lui a valu d’être nommé National Player of the Week de la Week 1. Les résultats suivent derrière jusqu’à cette défaite à UC Riverside, qui a stoppé net leur élan.

Depuis ce jour, Titouan Le Menec et Ryan Medilah vivent une impasse et FGCU n’est plus en bonne position au classement RPI pour se qualifier au NCAA Tournament sans remporter leur conférence.

Arthur Herpeck (D), Emmanuel Kouma (D) et Sylvain Coco (D) de Rider (3-3-0) :

La saison des Broncos ressemble à celle de l’année dernière ; à la différence que leur bilan est bien meilleur après un mois de compétition. Les trois français sont les piliers du succès de Rider en 2018 et ce rôle n’a pas changé en 2019.

Toujours autant sollicités, Arthur Herpeck, Emmanuel Kouma et Sylvain Coco doivent continuer à pallier aux défaillances dans le jeu des Broncos. Les matchs de conférence donneront une meilleure indication s’ils peuvent une nouvelle fois porter leur équipe vers le titre de conférence, comme en 2018.

Ugo Tritz (GK) de Omaha (1-5-2) :

Pour son année senior, Ugo Tritz a été promu capitaine des Mavericks. Les résultats ne sont pas au rendez-vous et le français a subi une blessure à la tête, qui lui a fait manquer plusieurs rencontres, dont le derby contre Creighton.

Au même moment, sa doublure a réalisé des prestations convaincantes aux yeux de son entraîneur et il pourrait avoir pris la place du gardien français.

Julien Armaroli (D) de Grand Canyon (4-2-1) :

Les temps sont durs pour Julien Armaroli.

Élément majeur dans la conquête du titre de la WAC, son head coach ne l’inscrit plus dans la rotation et il doit se satisfaire de quelques minutes afin de re-gagner sa place.

Jordan Barbara (F) de Liberty (3-6-0) :

Jordan Barbara a procédé à un pari en quittant Presbyterian sur transfert pour rejoindre les Flames de Liberty. Le mariage n’est pour le moment pas concluant : l’équipe a du mal à définir une identité de jeu et la défaite contre North Florida n’augure rien de bon dans la suite de la saison du français.

Louis Perez (M) de UCF (6-1-1) :

Statistiquement, l’impact de Louis Perez est le même que la saison précédente mais son influence dans le cœur du jeu semble amoindri et il met du temps à prendre forme. Cela se ressent sur le jeu de UCF, qui ne retrouve pas totalement l’élan offensif de la saison passée.

Joris Ahlinvi (M) de Indiana (6-0-2) :

Sur le départ de FIU pour sa dernière année d’éligibilité, Joris Ahlinvi, grande recrue de l’été des Hoosiers, n’a toujours pas foulé les terrains. Blessure ou cause non-éligibilité ? Rien n’a été filtré.

Merveil Bilomba (D) de ETSU (3-3-2) :

Merveil Bilomba a lui-aussi été promu capitaine chez les Buccaneers. Il a rempli parfaitement son rôle en utilisant son expérience acquise pour guider une jeune équipe (10 freshmen). Cela ne s’aperçoit pas encore dans les résultats, mais, sa voix est écoutée et cela comptera fortement pour la campagne de conférence.

Sébastien Hauret (M) de Old Dominion (1-5-1) :

Malgré la non-qualification au tournoi national la saison, Old Dominion réalisait une seconde saison consécutive avec au moins 10 victoires avec de belles promesses attendues pour cette année. Sur le papier, le groupe est équilibré et Sébastien Hauret est l’un des leaders des Monarchs.

Cependant, rien n’a pris comme il l’espérait et le but du français contre LIU n’a pas eu d’électrochoc escompté.

William James-Herve (F) de Maryland (4-3-1) :

Le français connait une année noire à Maryland.

Blessé aux ischio-jambiers pendant la rencontre contre South Maryland, il a manqué 3 semaines de compétition avant un retour contre Northwestern. Malheureusement, William James-Herve subit une terrible désillusion dès la reprise et c’est la rechute.

Selon ces dires, ce pourrait même être une fin de saison prématurée pour le français.

Les matchs à ne pas manquer en octobre :

Samedi 5 octobre :

  • UT Rio Grande Valley vs Utah Valley –  2h00 heure française – wacdigitalnetwork

Dimanche 6 octobre :

  • UCSB vs Cal Poly – 4h00 heure francaise – Big West TV

Lundi 7 octobre :

  • SMU vs UCF (AAC) – 2h00 heure française – AmericanAthleticConf sur Youtube

Dimanche 13 octobre :

  • Fullerton vs UCSB (Big West) – 4h00 heure française – Big West TV
  • West Virginia vs Western Michigan (MAC) – 19h00 heure française – Mountaineer TV

Samedi 19 octobre :

  • Wake Forest vs UNC (ACC) – 0h00 heure française – Espn Player

Dimanche 20 octobre :

  • Saint Mary’s vs San Diego (WCC) – 22h00 heure français – watchstadium et wccsports.com
Plus de lecture ?
Maryland Soccer Celebrations College Cup 2018
“Fight for the College Cup” : les storylines de la saison 2019 de soccer