Les quatre finalistes qualifiés pour la College Cup sont maintenant connus : Akron, #11 Maryland, Michigan State et #2 Indiana sont les derniers rescapés qui ont le bonheur de s’affronter pour le titre national à Santa Barbara.

Le NCAA Tournament a laissé beaucoup d’enseignements et tout ce qu’il faut retenir de cette édition est décrypté dans cette avant-dernier épisode de Fight for the College Cup” .

 

Présentation des 4 finalistes

 

Quelle équipe peut prétendre à être couronnée champion national ? Eclairage sur les 4 finalistes de la College Cup.

  • Les Hoosiers d’Indiana :

Les Hoosiers sont les grandissimes favoris pour remporter la College Cup. Le groupe n’a que très peu changé depuis 2017. Ils étaient presque tous présents et titulaires lors de l’échec de la finale à Philadelphie. C’est un groupe en mission qui ne veut pas revivre la précédente déconvenue. Les Hoosiers ont survolé le NCAA Tournament en n’encaissant, de plus, aucun but.

Leur jeu a évolué depuis l’année dernière. D’une philosophie plus patiente et construite avec des passes courtes, les Hoosiers ont accompli une transition vers un jeu plus direct avec plus de redoublement dans l’effort. C’est sur le physique que Indiana impressionne. Nous sommes en fin de saison et cette équipe d’Indiana n’est toujours pas fatigué.

Ils arrivent tout bonnement à maintenir cette intensité pendant 90 min alors que le format actuelle du soccer universitaire est éprouvant pour le corps. En résumé, leurs adversaires ne peuvent se permettre un seul relâchement lors de cette College Cup.

 

  • Les Terrapins de Maryland :

Très inattendus, les Terrapins ont atteint la College Cup en réussissant à oublier leur l’inconstance de la saison régulière. L’inconstance, c’est justement le problème avec Maryland cette année. L’équipe avait pour habitude de prendre le jeu à son compte et de laisser peu de possibilités à son adversaire. Ouvrir le score était synonyme de victoire.

Maryland est à l’opposé de ce qu’ils ont démontré les années précédentes et ne dominent plus outrageusement comme par le passé. Ils sont capables de prendre le dessus sur une mi-temps ou par séquence ce qui leur a joué bien des tours.

Pendant le NCAA Tournament, Maryland a changé en s’adaptant à l’adversaire au lieu de prendre la main mise sur le match. Cela a fonctionné mais est-ce que cela suffira contre Indiana ? Rien n’est moins sur.

 

  • Les Zips d’Akron :

Eux-aussi n’étaient pas attendus, et pourtant, les Zips sortent d’une année grandiose avec une demi-finale acquise lors de la College Cup 2017.

Akron est connu pour détenir un jeu de possession, proposant l’une des partitions les plus séduisantes de la ligue. C’est un peu moins vrai cette année. L’équipe a mis beaucoup de temps à se trouver, à retrouver une partie de son ADN. Jared Embick a du faire des choix forts en mettant des titulaires sur le banc et en changeant de poste certains joueurs. Cela a payé et contre Stanford, Akron a envoyé un message fort avec un but d’anthologie.

10 ans après, les Zips reviennent dans l’enceinte où ils ont été sacrés champions nationaux pour la toute première fois et ils semblent les mieux armés derrière Indiana pour remporter la College Cup.

 

  • Les Spartans de Michigan State :

Lorsqu’on regarde la deuxième partie de saison de Michihan State, c’est une belle surprise de les voir atteindre ce stade la compétition. D’un statut de favoris à celui d’outsider, peu d’éléments laissent à croire que les Spartans verraient au moins l’Elite 8, si ce n’est la College Cup.

La base du jeu Michigan State est simple : tout dépend de la facilité de circulation du ballon dans les espaces. C’est pourquoi le jeu d’attaque de l’équipe n’est pas toujours flamboyant. Michigan State n’aurait pas dû remporté la rencontre contre James Madison mais les Dukes après leur ouverture ont tout simplement arrêté de jouer. Les Spartans possédaient toute la liberté qu’ils voulaient pour développer leur jeu et revenir dans le match afin de se qualifier pour la College Cup. Mais ils accèdent à cette College Cup avec un ballottage défavorable.

 

Nos prédictions pour la College Cup :

 

Les demi-finales et la finale de la College Cup auront lieu, respectivement, dans les nuits du vendredi 7 et dimanche 9 novembre. Tous les matchs seront diffusés sur ESPNU.

Cette College Cup est à suivre de près après l’étonnant succès populaire au sein de la ligue féminine. Des affluences de 10.811 et 10.439 spectateurs pour les demi-finales, ainsi que 12.512 spectateurs pour la finale (qui en fait la 3ème plus grande audience de l’histoire chez les femmes et il n’y avait jamais eu autant de monde depuis 1998).

 

Vendredi 7 décembre :

– Akron vs Michigan State (demi-finale #1) – 2h00 heure française – ESPNU

Direction la finale pour Akron : les Zips devraient sortir vainqueurs de cette rencontre.

Ils possèdent l’avantage psychologique après avoir remporté la rencontre à Michigan State au début octobre. L’expérience de la dernière College Cup raté n’est pas à négliger, non plus, et leur philosophie est un vrai handicap pour Michigan State, qui aura grandement du mal à s’en défaire.

– Maryland vs Indiana (demi-finale #2) – 4h30 heure française – ESPNU

Sans surprise, on devrait retrouver Indiana en finale.

Les Hoosiers sont en mission et rien ne laisse présager une quelconque déconvenue. Le NCAA Tournament a consolidé leur grande forme, alors que Maryland possède encore des lacunes et ont perdu leurs deux rencontres de la saison contre les Hoosiers.

 

Dimanche 9 décembre :

– Akron ou Michigan State vs Maryland ou Indiana (finale) – 2h00 heure française – ESPNU

Nous prévoyons une finale entre Akron et Indiana.

Partant de cette prédiction, les Hoosiers devraient remporter la College Cup. Tout est possible dans une finale mais il est difficile de voir Akron rivaliser contre Indiana. Les Hoosiers acculent leurs adversaires dans leur camp de manière impressionnante, les obligeants tôt ou tard à faire l’erreur. Les Zips n’ont pas totalement retrouvé leur ADN et bafouillent parfois leur philosophie.

Mais attention, Akron revient 10 années plus tard sur les terres où ils ont remporté leur tout premier titre nationale, le tout premier de l’histoire de l’université et cela peut tout changer.

 

William James-Herve (Maryland), seul français à la College Cup

 

Le NCAA Tournament n’a pas été une franche réussite pour les français, qui était, pour certains, leur toute première participation.

Hugo Delhommelle et les Orangemen de Syracuse ont été sortis dès leur premier match au Second Round contre Akron sur le score de 3-1. Au final, cela n’aura jamais été la saison tant espérée pour le français. Ce match qui devait se jouer à domicile a dû être délocaliser dans la précipitation à Colgate suite aux chutes de neige dans l’Etat de New York. L’avantage du terrain n’existait plus et les cartes étaient alors rebattues.

Sa carrière universitaire est maintenant terminé et le regard du français est désormais tourné vers la MLS SuperDraft.

 

 

Julien Armaroli débute par un échec pour sa première au tournoi national. La rencontre à UC Irvine, champion de la saison régulière de la Big West, a été un match très physique et les 2 équipes n’ont pas développé un beau jeu. Les Antelopes ouvrent le score mais les Anteaters égalisent plus tard. Le score ne bouge plus et les 2 acteurs doivent se départager aux tirs au buts, que UC Irvine remporte.

Les autres français qui participaient au NCAA Tournament ont connu eux-aussi une terrible désillusion mais un seul a réussi à ne pas trébucher.

William James-Herve de Maryland s’apprête à connaître sa toute première College Cup avec les Terrapins, lauréats de cette compétition en 1968, 2005 et 2008. C’est un pari gagnant en rejoignant le prestigieux programme de Maryland et son coach légendaire Sasho Cirovski pour son année freshman. Il n’est plus très loin de soulever le Graal mais il faudra maintenant élever d’un ton le niveau.

Le français a notamment marqué une magnifique reprise de volet contre les Blue Devils de Duke au Third Round.

 

Les faits marquants du NCAA Tournament

 

1. La déroute de la conférence ACC

Pour la première fois depuis 17 ans, “la meilleure conférence du pays” n’envoie aucun membre à la College Cup. Le NCAA Tournament a été un véritable calvaire pour les 9 membres de l’ACC. Une pluie d’upsets s’est abattue sur eux. Seul Notre Dame a réussi à s’échapper de ce traquenard mais leur parcours a pris fin au Elite 8 contre les Hoosiers d’Indiana.

 

2. La Big Ten se place comme la meilleure conférence du pays

Indiana, Maryland et Michigan State : trois équipes de la Big Ten sont présents à la College Cup et c’est une première dans l’histoire de la conférence.

Ce n’était pas gagné du tout, jamais on aurait envisagé une telle issue. Tous les espoirs étaient placés sur Indiana. La conférence sort tout de même d’une très grande année 2017, qui la plaçait à juste titre devant l’ACC. L’année 2018 en sera autrement :

  1. Maryland conclut sur une année sur la pente descendante.
  2. Michigan State dégringole dans la deuxième moitié du classement après un excellente première partie de saison.
  3. Michigan était loin d’être sélectionné par le comité pendant un long moment.
  4. Wisconsin  a mis trop de temps à se remettre du départ de plusieurs joueurs majeurs et en ratant leur première moitié de saison, les Badgers ont hypothéqué leurs chances d’être sélectionnés par le comité s’ils ne remportaient pas le Big Ten Tournament.

Beaucoup de points négatifs sont apparus. Mais tout s’éclaira pendant le NCAA Tournament où chacune des équipe a eu à faire à une équipe de l’ACC ; tous sont sortis vainqueurs sauf Michigan.

Bilan Big Ten vs ACC : 4 victoires et 1 défaite.

La Big Ten se place comme la meilleure conférence du pays et s’assure d’avoir un membre en finale. Michigan State retrouvent enfin la College Cup, que l’équipe n’avait plus connu depuis 1968, date de leur second titre national.

 

3. Stanford ne conservera pas son titre… et épuise la chance du seed #9.

Après un three-peat historique, le Cardinal ne connaitra pas la College Cup pour une 4ème année consécutive.

Cette incroyable série s’achève avec la fin du seed #9 tant redouté que Stanford portait depuis maintenant 5 ans. C’est avec ce seed #9 que tout a commencé en 2014 et c’est avec ce même seed que l’emprise qu’a créé Jemery Gunn sur la scène nationale avec son groupe prend fin au Elite 8 contre Akron.

 

4. Akron, seul représentant des conférences mineures

Les Zips se sont installés parmi les meilleurs programmes depuis plusieurs année mais la MAC reste une conférence faible et irrégulière, dont sa réussite dépend uniquement des Zips. Après UCSB en 2006, Akron est le dernier membre d’une conférence mineure à avoir remporté la College Cup en 2010.

 

5. Les petits programmes en puissance

Les petits programmes en étaient proches mais n’ont pas réussi à atteindre la College Cup. Ils ont réussi à faire déjouer tous les pronostics en faisant douter chaque adversaires auquel ils se sont confrontés, mais, seulement 2 petits programmes ont été mis en lumière durant ce NCAA Tournament :

  • Les Dukes de James Madison ont réalisé un incroyable parcours. High Point, UNC et Virginia Tech ont tous trébuché face aux Dukes, qui n’a jamais eu l’avantage du terrain. James Madison a su prendre les devants contre chacun d’entre eux pour atteindre le Elite 8, un stade de la compétition qu’ils n’avaient plus atteint depuis 1995. Michigan State était le dernier obstacle. James Madison avait toutes les armes en main pour remporter ce match. Ils ouvrent le score en premier d’une magnifique frappe aux abords de la surface. Mais après ce but, les Dukes vont déjouer afin de permettre aux Spartans de revenir dans le match et filer vers la College Cup.
  • Les Bisons de Lipscomb ont eux-aussi créé la surprise. Tout était ligué contre eux mais cette équipe est arrivé à jouer avec le coeur pour se détacher de Washington et de UCF avant de se frotter à Kentucky lors du Third Round. Ils n’avaient plus atteint se stade de la compétition depuis 1996. Contre les Wildcats, ils étaient tout proches de réaliser le hold-up de l’année, en témoigne l’égalisation des Bisons 30 secondes après l’ouverture de Kentucky. Malheureusement, les visiteurs craqueront physiquement alors qu’ils ont eu bien des opportunités.

 

6. Les favoris dans la tourmente

Il n’était pas bon du tout d’être favori cette année. On enregistre un nombre d’upsets encore en augmentation cette année :

  • 2018: 16 upsets
  • 2017: 15 upsets
  • 2016: 12 upsets
  • 2018: 7 upsets

Par rapport à 2017, l’augmentation est peu significative mais le déroulement du tournoi confirme la tendance évoquée pendant la saison régulière. Aucun match n’a été facile et bien des favoris se sont sortis de situations inespérées. UC Irvine, Charlotte, West Virginia, UConn et Michigan ont bien failli sauter dès le First Round.

Ce que ne disent pas ces chiffres est que nous avons obligatoirement une équipe sans seed à la finale de College Cup : Akron et Michigan State. L’une de ces deux équipes peut atteindre la finale et devenir, après UCSB en 2006, la 2ème équipe sans tête-de-série à remporter la College Cup depuis que le format est passé à 48 équipes.

 

7. Les niveaux tactique, technique et de jeu en progression

Le NCAA Tournament n’aurait pas pu être aussi renversant si les niveaux tactique, technique et de jeu n’avaient pas progressé.

On le constate surtout parmi les représentants des conférences mineures, qui n’ont laissé aucun répit à leurs opposants. Il existe encore beaucoup de lacunes chez certains mais la manière de jouer est plus réfléchie et propre qu’a l’accoutumée.

Cela est de bonne augure pour les prochaines années avec la nouvelle règle des transferts qui facilite le recrutement des entraineurs. Cette règle permettra aux équipes plus faibles de niveler leur niveau vers le haut et de rendre le NCAA Tournament encore plus relevée que jamais.