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(Credit photo : Robert Deutsch, USA TODAY Sports)

#7 South Carolina se joue à la dure de #4 Florida pour un succès historique

On tient la Cendrillon de cette March Madness, mais il a fallu attendre l’Elite 8 pour se rendre compte de son existence. South Carolina, université historiquement connu pour le football, n’avait jamais connu pareil succès en basketball auparavant.

Au terme d’une partie 100% SEC face à Florida, où les deux défenses agressives ont donné le rythme d’une rencontre indécise et serrée de bout en bout, les Gamecocks se sortent de la finale de la région South avec la plus belle victoire de l’histoire de l’université (77-70) et se qualifient pour la première fois au Final Four. Le star de l’équipe Sindarius Thornwell n’est pas du tout étranger à ce succès. L’arrière a dominé un affrontement de costauds et compile 26 points, 7 rebonds pour une seule passe décisive, mais qu’elle fut décisive.

Le scénario de la partie ne s’est jamais réellement détaché à la faveur d’une équipe ou une autre. Les rivaux de la conférence SEC pointaient au coude-à-coude à 2min du buzzer final, jusqu’au moment où Sindarius Thornwell réalise une passe clairvoyante vers le freshman Maik Kotsar, pièce maitresse de l’équipe sous le panier tout au long du match (12 points), qui réussit un tir en tête de raquette pour donner 4 points d’avance à South Carolina (67-63). Florida n’arrivera jamais à recoller.

14 changements de leader et 10 égalités. Une véritable guerre de tranchées dans la peinture, des deux côtés du parquet.

Mais la superbe défense de South Carolina réussit à faire pencher l’aiguille de son côté lors des ultimes minutes, forçant les Gators à seulement 3 réussites en 4 minutes pour conclure une intensité de tous les instants, insufflée par le formidable head coach des Gamecocks, Frank Martin. Il ne restait plus qu’à conclure sur la ligne de réparation : P.J. Dozier (17 points), Chris Silva (13 points, 9 rebonds) et Duane Notice, qui termine le boulot avec un dunk ravageur en forme de point d’exclamation.

Le leader de Florida, KeVaughn Allen, a vécu une soirée plutôt discrète, jamais sous les spotlights comme il l’a si bien réalisé deux jours plus tôt contre Wisconsin. L’arrière termine avec 13 points sur une copie maladroite (à 4/12). Il a toutefois été bien suppléé par l’ailier Justin Leon (18 points, 6 rebonds) mais on était en droit d’attendre davantage de joueurs comme Kasey Hill (11 points), Chris Chiozza (9 points, 4 passes) ou Canyon Barry (6 points).

Malheureusement, Florida a sombré dans le piège tendu par la défense de South Carolina. L’animation offensive des Gators, plutôt fringante avant la pause, s’est complètement essoufflé au fil des minutes au profit d’un hero ball qui ne conduit évidemment à rien de bon sur la durée complète d’un match de ce niveau.

Les deux équipes rivales débutent la rencontre en imposant leur marque de fabrique, de bonnes intentions défensives. Chacune provoque nombre de turnovers et de fautes offensives et après 4 minutes de jeu plutôt égales, Florida mène 7 à 6. Malgré les multiples interruptions de jeu pour une horloge des 30 secondes capricieuse, un rythme se crée et les banderilles s’enchainent de par et d’autre, que ce soit de Sindarius Thornwell ou Justin Leon.

South Carolina prend les devants au fil des minutes grâce, notamment, à des phases de jeu offensives appliquées (20-18). L’écart ne grimpe pas au-dessus d’une possession et Florida profite d’un coup de chaud à trois points pour reprendre la tête de la rencontre. Justin Leon, Devin Robinson, KeVaughn Allen et Chris Chiozza, le héros du tour précédent face à Wisconsin, réussissent l’un après l’autre un tir longue distance et offrent une petite avance aux Gators (32-28) à 2min30 de la pause.

Malgré deux fautes au compteur, Frank Martin laisse Sindarius Thornwell sur le parquet dans l’espoir que ce dernier endosse le rôle de pompier. Et même si cette tâche est plutôt bien remplie (15 points à la mi-temps), cela n’empêche pas Florida de s’envoler au score. Les Gators artillent de loin avec succès (7/13 à la mi-temps) et décrochent les Gamecocks au scoring, creusant le plus gros écart au tableau d’affichage du match. Les hommes de Mike White repartent en effet aux vestiaires avec une belle avance (40-33).

Le bilan de Florida en première mi-temps ? 4/9 dans la peinture et 7/12 à 3-points. En toute tranquillité.

South Carolina attaque mieux le deuxième acte en apportant le ballon dans la peinture, et notamment grâce au pivot freshman estonien Maik Kotsar. L’agressivité constante des Gamecocks commencent à payer peu à peu et l’impact de Chris Silva à l’intérieur fait la différence. Et après seulement 5 minutes de jeu, l’escouade de Frank Martin a déjà recollé au score, 46-45 en faveur de Florida.

Toutefois, les tirs des Gators ne veulent plus rentrer et c’est logiquement que South Carolina se retrouve à nouveau dans la partie. Les défenses empêchent la partie de basculer pour une équipe en particulier et P.J. Dozier garde les Gamecocks à flot, bien que Florida conserve une maigre avance à 7min de la fin (55-53). Une avance aussi maigre que le jeu distillé sur le terrain, tellement pauvre par rapport à ce qui était proposé lors des 20 premières minutes.

Une vraie guerre de tranchée s’organise à l’intérieur entre les deux adversaires, avec des voyages incessants sur la ligne de réparation en parallèle d’une adresse disparue derrière l’arc des trois points. South Carolina et Florida entament d’ailleurs les 3 dernières minutes à égalité parfaite, dos à dos, 63 partout.

L’excellente défense des Gamecocks force inlassablement ses adversaires à manquer le filet du panier et Sindarius Thornwell donne un avantage aux siens sur la ligne des lancers-francs. Mais au contraire de ce que l’on pouvait imaginer, South Carolina creuse un break par l’intermédiaire de Maik Kotsar, qui réussit un tir en tête de raquette pour donner 4 points d’avance De trop pour Florida, qui envoie plusieurs rivaux sur la ligne de réparation sans que personne ne craque.

Duane Notice assure un succès historique éclatant avec un dunk ravageur en contre-attaque dans les ultimes secondes, en forme de point d’exclamation d’un fabuleux voyage qui se poursuit désormais au Final Four.