Attendu comme un joueur à fort impact sur le jeu, Lonnie Walker a eu beaucoup de mal avant de montrer toute l’étendue de son talent sous la tunique de Miami.

C’est après une première partie de saison quelque peu manquée que l’arrière des Hurricanes commence à prendre le jeu des floridiens à son compte. Dans le dur en novembre et décembre, son début de saison est marqué par un match.

S’il n’a pas été le plus réussi au niveau des statistiques, cette rencontre face à LaSalle fut sans doute la plus importante de la saison régulière pour l’arrière.

Lonnie Walker revenait sur ses terres en Pennsylvanie. Originaire de Reading, où il a réalisé tout son cursus scolaire avant de migrer pour la Floride, le freshman des Hurricanes faisait son grand retour chez lui pour y affronter LaSalle.

L’occasion, aussi, le temps d’un match, de renouer avec une routine qu’il avait alors qu’il jouait avec le maillot de son lycée.

Il a inscrit pas moins de 1828 points avec le lycée pour lequel il a joué quatre saisons. Parmi ces presque 2000 unités, 22 lui tiennent particulièrement à coeur.

22, c’est le nombre de points inscrits un soir de mars 2017 pour ce qui sera son dernier match avec les Red Knights. 22 points qui auront, surtout, offert un titre de champion d’Etat à Reading. Le premier de l’histoire du lycée.

Un retour à la maison au-delà de la performance

Le 22 novembre dernier, l’enfant prodigue de Reading était de retour chez lui, cette fois-ci avec un maillot différent, celui de l’Université de Miami. Une première depuis quatre ans.

Le retour sur ses terres était aussi l’occasion pour Lonnie Walker de renouer avec une tradition familiale qu’il avait avec sa mère et sa grand-mère lors de chaque avant-match : un moment de partage simple qui consistait à aller embrasser les deux femmes de sa vie. Ce soir de 22 novembre, c’était une première depuis huit mois.

Juste le fait de voir ma grand-mère et ma mère, c’était inexplicable. Elles pleuraient. Elles ne m’avaient pas vu depuis un long moment, j’ai pris du poids, j’ai changé un peu. Du coup, c’était un moment spécial, plus fort que le basketball. Ma famille passe toujours avant tout,” racontait l’arrière suite au match.

Le match en lui-même était bien différent de ce dont avait l’habitude Lonnie Walker.

D’abord, il débute la rencontre sur le banc des Hurricanes, lui qui n’avait quasiment jamais débuté une confrontation hors du cinq de départ depuis bien longtemps. Aussi habitué à être une machine marquer, la soirée fut des plus difficiles pour l’arrière puisqu’il ne termine qu’avec cinq petits points au compteur, à 2/8 au tir.

Mais qu’importe, l’importance, n’était là de briller. Même si le match est manqué, Lonnie Walker a été fêté par les siens.

Je savais à quoi m’attendre de la part des mes fans de Reading. Et je savais que ce serait un beau moment. Mais j’ai ressenti quelque chose d’inexplicable,” ajoutait-il après la partie.

Les fans devaient normalement supporter LaSalle, mais ils n’hésitaient pas à chanter des « We want Lon-nie ! We want Lon-nie ! » alors qu’il restait un peu plus de cinq minutes à jouer. Sous la pression, Jim Larranaga, le head coach de Miami, s’exécute et offre du rabe à son freshman.

Lonnie Walker porte Miami à bout de bras

Un mois plus tard, face à Middle Tennessee, Lonnie Walker se blessait au genou. Une blessure qui, finalement, ne se révélait sans gravité.

Depuis cette blessure, Lonnie Walker est devenu un autre joueur pour les Hurricanes. D’un début de saison compliqué, la seconde partie est tout autre. Comme il le dit dans son message, il était prêt pour les confrontations de la conférence ACC.

Lors des matchs de conférence, l’arrière de Miami retrouve son jeu et le joueur qui a fait de lui un prospect 5-étoiles à sa sortie de Reading réapparaît. Hormis les trois premières parties, où il termine avec 8, 6 et 5 points, le natif de Pennsylvanie prodigue énormément de bien aux Hurricanes.

Enfin presque.

Lonnie Walker brille, oui, en inscrivant 16 points face à l’équipe surprise de l’ACC, Clemson, 19 le match suivant face à Duke, puis 12, 25 et 23 points contre NC State, Louisville et Florida State. Mais les résultats des Hurricanes ne suivent pas.

A quelques jours de l’ouverture du tournoi de conférence ACC, Miami et Lonnie Walker se trouvent en huitième place de la ligue avec un bilan général de 21-8 et 10 victoires pour 7 défaites en ACC. Suffisant pour décrocher son ticket à la March Madness ? Pour le moment, oui.

Le spécialiste d’ESPN, Joe Lunardi, place actuellement Miami en tant que seed #8 pour le tournoi finale de la NCAA.

Mais avant d’en arriver là, place au tournoi de conférence ACC.

Lonnie Walker est attendu au tournant afin de guider des Hurricanes le plus loin possible. Mais avant, en cette période de fin de saison régulière, il doit continuer sur sa lancée où il marque en moyenne 11.6 points en plus 2.6 rebonds et presque 2 passes (1.9).

Le seul (petit) hic dans le jeu de l’arrière : ses décisions. Sur les 256 tirs qu’il a tenté sur l’ensemble de la saison, seul 107 ont offert des points. Sur ces tirs, plus de la moitié ont été pris derrière la ligne à trois points (51.6%) pour une réussite loin d’être au rendez-vous (35.6%). A mi-distance, seulement 33% de ses tirs terminent au fond.

Pour avoir un impact plus important le jeu de Miami, c’est un travail sur sa sélection de tirs qu’il doit améliorer s’il souhaite mener les Hurricanes le plus loin possible lors des tournois d’après-saison.

Le même impact qu’il a eu le week-end dernier face à Boston College en offrant la victoire aux siens suite à un tir primé décisif à 2,3 secondes du terme ?

Possiblement, oui.