Après sa victoire aisée face à Southern Miss (42-13), Florida State n'a plus qu'une seule chose en tête : tourner la page

De la seconde place à l’AP Top 25 en pré-saison à une saison conclue à 7 victoires pour 6 défaites. Florida State a passé quasiment la saison entière plongé dans l’anonymat.

Tout cela à cause d’une action dont tout le monde se rappelle.

Lors de la première journée de compétition, Florida State affronte Alabama pour un choc au sommet lors Chick-fil-A Kickoff Game à Atlanta, au sein du Mercedes-Benz Stadium flambant neuf. Alors que cette rencontre est synonyme de test grandeur nature pour les Seminoles, le quarterback Deondre Francois est plaqué sévèrement puis ne se relève plus. Saison terminée.

C’est ainsi sans son quarterback titulaire que le programme a totalement manqué sa saison – même si pour la 41e saison (!) de suite, le bilan est positif – passant de favori pour le titre national à vainqueur de l’Independence Bowl face à une équipe de Conference-USA.

Qui l’aurait imaginé ?

Avec cette débâcle incroyable, les directeurs athlétiques de Florida State ont décidé de tourner la page, dans l’optique de reconstruire une équipe compétitive pour 2018. C’est pourquoi l’université a mis fin au contrat de Jimbo Fisher qui était en place depuis 2010 (bilan de 83-23).

Les Seminoles se devaient d’oublier une telle saison et l’université n’a pas hésité à se séparer d’un head coach qui avait pourtant emmené le programme au titre national en 2013.

Jimbo Fisher parti pour Texas A&M, l’université s’est dirigé vers Oregon pour embaucher Willie Taggart. Bien que ce dernier se plaisait chez les Ducks, il a confié qu’il ne pouvait pas passer au-dessus d’une telle opportunité ; à savoir diriger un programme prestigieux et revenir en Floride, son Etat natal.

Avant d’entraîner à Oregon, Willie Taggart a réussi à relever un programme en grande difficulté à South Florida. D’un bilan de 2-10 à sa première saison à un record de 10-2 quatre ans plus tard, il a prouvé qu’il était capable de reconstruire une équipe.

Evidemment, à Florida State, la pression ne sera pas la même et il ne risque pas d’avoir autant de temps pour faire ses preuves, mais le programme n’est pas connu pour virer à tour de bras ses head coaches.

Willie Taggart est seulement le troisième entraîneur principal à Tallahassee depuis 1976.

Pour l’accompagner dans cette nouvelle aventure, Willie Taggart a décidé de garder à ses côtés le coordinateur de la ligne défensive des Seminoles : Odell Haggins. Ce dernier a d’ailleurs pris l’intérim après l’éviction de Jimbo Fisher. Très apprécié par la communauté à Florida State, il a porté le programme à deux victoires nettes et sans bavures.

Il reste du côté de Tallahassee pour la saison 2018 sur un campus où il entraîne depuis 1993 après avoir joué pour les Seminoles lors de sa carrière universitaire. Willie Taggart peut donc compter sur une figure emblématique du programme avec laquelle il semble être sur le même longueur d’onde.

Un nouveau coordinateur défensif est cependant nécessaire à l’ancien des Ducks, car Charles Kelly a décidé de quitter Florida State.

Le staff présente ainsi un nouveau visage avec comme objectif principal de redevenir une équipe de haut niveau.

“Nous sommes l’Université de Florida State. Nous n’allons pas aller n’importe où. Nous serons de retour”, s’est exclamé Odell Haggins après la victoire ce mercredi.

Pour ce faire, la reconstruction passe avant tout par une bonne classe de recrutement.

Willie Taggart s’est activé tout le mois de décembre pour signer de jeunes prospects. Malheureusement, les Seminoles compte seulement sept engagements officiels (total le plus bas parmi les conférences du Power Five). Evidemment, cela est compréhensible vu les changements effectués parmi le staff, mais un travail considérable demeure.

La jeunesse des joueurs déjà en place en 2017 devrait se sublimer en 2018 sur le terrain.

Tout d’abord, la course pour le poste de quarterback devrait être plus serrée que l’on ne le croit. Certes, Deondre Francois revient pour une saison junior plus déterminé que jamais, mais James Blackman a prouvé cette saison qu’il avait un talent exceptionnel.

Le true freshman a eu du mal pour ses débuts, mais sa fin de saison est plus que prometteuse (1997 yards, 15 touchdowns et 11 interceptions au final). L’intersaison lui permettra de travailler son physique très limité, pour lui éviter de nombreuses blessures à l’avenir. Cette course au poste de titulaire sera dans tous les cas bénéfique à Florida State puisque les deux joueurs risquent de se tirer vers le haut.

Pour protéger son quarterback, Willie Taggart peut compter sur une ligne offensive qui retourne quatre titulaires. Très décevante cette saison, elle a tout de même pu apprendre à se connaître malgré les gros problèmes subis et la saison prochaine sera synonyme de nouveau départ.

Au final, l’attaque voit seulement deux seniors s’en aller. Le groupe sera sans aucun doute expérimenté, à l’image du duo de running backs composé de Cam Akers et Jacques Patrick qui fera du jeu au sol des Seminoles un des meilleurs du pays.

Cependant, défensivement, Florida State doit gérer de nombreux départs.

Quatre seniors s’en vont tandis que Derwin James et Josh Sweat terminent plus tôt leur cursus pour s’envoler vers la NFL. Un sérieux travail devra être réalisé dans les mois à venir pour trouver des solutions à ces départs. Des playmakers sont là, mais ils manquent cruellement de régularité. Le staff a tout l’été pour construire une défense solide.

Les Seminoles sont en fin de compte passés complètement à côté de leur saison, ce qui nous rappelle encore une fois que la dure loi du football universitaire peut bel et bien toucher également des programmes emblématiques.

Florida State en a été l’exemple en 2017, mais avec un nouveau staff, la page a été tournée. Il reste maintenant à recréer une dynamique positive à Tallahassee.

2018 sera le début d’un nouveau chapitre dans l’histoire du programme, écrit par un enfant du pays et fan de la première heure, Willie Taggart.