Il serait peut-être mieux pour Arizona de passer un bon coup de balai et de repartir sur des bases plus saines.

Hier soir, pour le First Round de la March Madness, une piteuse équipe d’Arizona était de sortie, incapable de jouer les yeux dans les yeux avec le champion de la conférence MAC, Buffalo.

Une défaite nette, sur le score de 89 à 68, qui soulève énormément de questions quant à l’avenir du programme dans un futur proche.

Spoiler alert : cela ne sent pas très bon…

Le programme de basketball d’Arizona s’est retrouvé sur tous les fronts cette saison. Du début de saison catastrophique avec un passage aux Bahamas avec trois défaites (Arizona a perdu chacun de ses matchs sur terrain neutre, y compris hier soir), en passant par l’investigation du FBI et une situation extra-sportive qui plombe l’Université.

Il est temps de raser tout cela et de reconstruire sur des nouvelles bases, plus saines.

Un coaching staff… à bout de souffle ? 

La première personne qui est visée n’est autre que Sean Miller.

Cité dans l’investigation du FBI suite à un paiement sous la forme d’un prêt de $100,000 au cours du recrutement de DeAndre Ayton, Arizona doit tourner la page avec cet individu malhonnête qui triche depuis bien trop longtemps au niveau du recrutement des prospects (ceci est un fait).

Et puis, sur le jeu pur et dur, Sean Miller est à la ramasse. J’aime souvent comparer Sean Miller avec John Calipari ; force est de constater que le head coach de Kentucky, depuis son tournoi de conférence, est plus présent au côté de ses joueurs.

On aperçoit même des systèmes exécutés par les jeunes pousses des Wildcats, inimaginable lors de la saison régulière.

Sean Miller n’a aucune emprise sur son groupe. Comment un joueur comme DeAndre Ayton, qui ne sait pas défendre sur un simple pick-and-roll, peut encore se faire avoir lors de ce genre de situation ?

On travaille quoi à l’entraînement chez les Wildcats ? L’isolation d’Allonzo Trier ?

Il existe un manquement flagrant de fond de jeu et d’identité lorsque l’on regarde Arizona. C’est bien beau d’incendier ses joueurs (en référence à une déclaration d’après-match lors d’une défaite, où Sean Miller a rabaissé son équipe, en criant haut et fort qu’il n’y a aucun talent), mais en tant qu’entraîneur, il faut se remettre en question que ce soit dans la victoire ou la défaite (et je suis bien placé pour dire ce genre de propos).

Or, je ne pense pas que Sean Miller en soit capable puisque match après match, ce sont presque toujours les mêmes erreurs qui coûtent chères aux Wildcats.

Quel effectif pour la saison prochaine ?

Et c’est à ce moment-là que la situation devient très délicate. Depuis quelques semaines, on sait que Allonzo Trier, DeAndre Ayton et Rawle Alkins inscriront leur nom à la Draft NBA. Si l’on rajoute les départs des seniors Dusan Ristic, Parker Jackson-Cartwright, Keanu Pinder et Talbott Denys, il ne reste que 10 joueurs sous une bourse universitaire… dont une grande majorité n’a aucune expérience du niveau universitaire.

Le cinq majeur n’est plus là, le sixième homme non plus, un seul intérieur avec une bourse…

Arizona doit rapidement obtenir des additions au travers de la promotion de freshmen ; et à l’heure actuelle, aucun recrutement n’est officiel à part quatre offres de bourse.

Brandon Williams (meneur, 4-étoiles), Devonaire Doutrive (meneur, 4-étoiles), Tevian Jones (ailier, 4-étoiles) et Bryan Penn-Johnson (pivot, 4-étoiles).

Cette élimination prématurée risque de faire très mal à Arizona. Il est en effet difficile pour les meilleurs prospects de s’engager au sein d’un programme en reconstruction, et l’on préfère logiquement une équipe déjà en place, capable d’aller le plus loin possible à la March Madness.

Ce qui n’est pas le cas des Wildcats avec un tel effectif.

On n’est pas trop confiant pour Arizona pour obtenir les prospects cités précédemment. Les Wildcats n’arrivent que troisième dans la wish-list de Brandon Williams derrière Gonzaga et Oregon. Devonaire Doutrive hésite entre Arizona, Georgetown et Texas. Bryan Penn-Johnson, le natif de Brooklyn, possède une multitude d’offres mais veut rester au contact de sa famille.

La seule option viable est Tevian Jones, la recrue locale, qui ne possède que deux bourses : Arizona et Illinois. Mais ce n’est pas avec un joueur de talent moyen que le programme visera la Grande Danse…

Il est très difficile de prédire ce qu’il va se passer du côté d’Arizona lors des prochaines semaines.

A mon humble avis, il faut repartir à zéro avec un nouveau coaching staff. Plein de jeunes head coaches d’équipes des Mid-Majors seraient vraiment en adéquation avec le projet. Cela permettrait au programme de se reconstruire, même si ce n’est pas la politique d’Arizona (mais il va falloir que cela le devienne) et de laver un peu son image après le scandale de corruption.

On sait bien que Arizona veut toujours gagner, chaque année.

Cependant, pour la pérennité du programme, pour son futur, il faut parfois savoir sacrifier une saison pour revenir au sommet ensuite.

Mais une chose est certaine : les Wildcats ne peuvent pas continuer ainsi.