Après quatre mois de compétition intense, le College Football Playoff donne le ton à une nouvelle année 2018 avec la grâce de deux demi-finales qui s'annoncent exceptionnelles de tout point de vue.

Le Rose Bowl Stadium de Pasadena sera le théâtre d’un affrontement exceptionnel. Un stade mythique, le plus prestigieux du football universitaire, qui a donné lieu à des rencontres surnaturelles. L’ambiance y est décuplée et apporte un plus de pression aux athlètes-étudiants qui doivent faire face à une exigence jamais rencontrée.

C’est incontestablement pour ce type de rendez-vous que nous aimons le football universitaire.

Les Sooners et les Bulldogs vont fouler le terrain pour un seul et unique objectif : se qualifier pour le College Football Playoff Championship Game dont tout le monde rêve qui se déroulera le 8 janvier prochain.

Dans un tel cadre, le Rose Bowl risque de se jouer sur rien du tout comme souvent ; un plaquage donné à corps et âme sur un fourth down à l’entrée de l’en-but, une passe déviée qui force l’adversaire à punter, ou même une pénalité qui risque de faire débat. Et c’est pour ce genre d’action que le Playoff est unique en son genre.

De plus, le mental risque de peser lourd sur la balance, car les physiques sont fatigués, marqués par toute une saison qui aura vu les deux programmes avoir des hauts évidemment, mais également des bas. L’équipe la plus forte dans la tête décrochera le fameux ticket pour le Mercedes-Benz Stadium d’Atlanta.

Vous l’aurez compris, ce duel entre #2 Oklahoma et #3 Georgia risque d’être épique.


Quel est le chemin de #2 Oklahoma jusque là ?

Une première saison à douze victoires et une défaite, l’attaque la plus prolifique du pays et le vainqueur du dernier Heisman Trophy à la tête de l’équipe pour une qualification au College Football Playoff. Lincoln Riley ne pouvait pas rêver mieux pour ses débuts à la tête d’Oklahoma.

Il suffit de revenir quelque peu dans le passé pour se rendre compte du travail que vient de réaliser le jeune head coach de 34 ans.

Alors que nous sommes en pleine préparation pour la nouvelle saison, l’entraîneur mythique des Sooners, Bob Stoops, annonce contre toute attente la fin de sa carrière. C’est véritablement un tremblement de terre qui s’abat à Norman. Le head coach aux 180 victoires et 10 titres (!) de conférence Big 12, au titre national de 2000 et sacré deux fois Walter Camp Coach of the Year ne sera plus jamais sur le bord du terrain du Gaylord Family Oklahoma Memorial Stadium.

(Crédit Photo : Sports Illustrated)

Et pourtant, Lincoln Riley n’a pas mis longtemps à le faire oublier à Oklahoma.

Coordinateur offensif sous Bob Stoops, il a repris le flambeau de la plus belle des manières, faisant des Sooners un véritable rouleau compresseur offensif, quasiment impossible à arrêter. Avec 583.3 yards par match (1er) dont 367.4 à la passe (4e), 44.9 points de moyenne (4e) et 77 touchdowns (2e), Oklahoma est en effet la meilleure attaque du pays. Et c’est grâce à celle-ci que les Sooners ont marché sur leurs adversaires tout au long de la saison.

Battre #2 Ohio State dans l’antre des Buckeyes ? Ok.

Se défaire du rival #11 Oklahoma State chez eux dans un match épique ? Ok.

S’imposer deux fois face à l’excellente défense de TCU, classé une fois #6 et une autre fois #11 ? Ok.

Résultat, les Sooners ont décroché leur ticket pour le College Football Playoff sans aucune discussion possible. Alors, certes, l’upset subi face à une très belle équipe de Iowa State peut faire tâche, mais cette défaite a permis à Lincoln Riley de remobiliser tout son collectif.

En fin de compte, Oklahoma a une nouvelle fois dominé sa conférence et disputera la deuxième demi-finale de son histoire au College Football Playoff après la désillusion d’il y a deux ans où les Sooners étaient tombés sur plus fort face à Clemson.


Quel est le chemin de #3 Georgia jusque là ?

Après douze ans sans trophée, Georgia a enfin mis fin à cette série négative en allant s’emparer du titre de champion de la conférence SEC. Ce trophée remporté face à Auburn dans une victoire sans accroc (28-7) n’est qu’une juste récompense pour les hommes de Kirby Smart.

Depuis septembre, Georgia a en effet impressionné bon nombre de ses concurrents. Malgré un calendrier très compliqué avec des déplacements difficiles et des adversaires accrocheurs chaque semaine, le programme a réussi à terminer sa saison avec une seule défaite concédée à #10 Auburn.

Ce revers pouvait être synonyme de coup de massue pour les Bulldogs puisqu’une telle défaite en fin de saison peut s’avérer délicate à gérer, mais il en aurait fallu plus pour déstabiliser le collectif. Très confiant dans ses points forts, celui-ci a donc pris sa revanche, et de quelle manière, en écrasant les Tigers lors du SEC Championship Game.

(Crédit Photo : Kim Klement/USA TODAY)

La réussite du succès est notamment due à un engagement sans précèdent lors de chaque action de la part des Bulldogs.

À vrai dire, tout part de la défense. Rugueuse et dure sur l’homme, elle profite de son expérience à tous les niveaux pour cadenasser l’attaque adverse. Deuxième meilleure défense contre la passe (158.3 yards concédés) et onzième contre la course (112.62 yards), la défense de Georgia n’a, à vrai dire, presque aucun point faible.

Cela permet ainsi à l’attaque de jouer avec plus de sérénité. Et cela lui a profité.

Le jeu de course est une valeur sûre pour Kirby Smart de par sa régularité tandis que le jeu aérien a profité de l’éclosion du jeune Jake Fromm et de l’exceptionnelle ligne offensive pour performer.

La reconstruction a pris moins de temps que prévu à Georgia avec cette qualification pour le College Football Playoff. Les Bulldogs tenteront de démarrer une nouvelle dynastie, puisque les fans risquent de revoir leur programme favori s’inviter en Playoff plus d’une fois dans les saisons à venir.

Il suffit de regarder les jeunes talents qui arriveront sur le campus pour s’en convaincre.


Quels joueurs feront basculer la rencontre ?

Le sort d’un match réside parfois entre les mains d’un seul joueur. La pression de toute une université a beau être sur ses épaules, il a arrive tout de même à sortir une action surnaturelle qui change radicalement le momentum d’un match.

Le football est certes un sport collectif, mais il nous a souvent prouvés que les aptitudes hors du commun d’un joueur peuvent changer le cours du match. Encore plus quand il s’agit d’une demi-finale de College Football Playoff.

C’est pourquoi nous vous proposons de présenter trois hommes forts, du côté de Oklahoma et du côté de Georgia, qui pourraient influencer davantage sur le sort du match de par leur talent pur.

Baker Mayfield (QB, Oklahoma)

(Crédit Photo : Draft Breakdown)

C’est un classique. Oklahoma et Baker Mayfield sont indissociables. L’un ne va pas sans l’autre.

Ce n’est plus un secret, le quarterback des Sooners a marché sur l’eau cette saison. Avec 4340 yards lancés (2e), 41 touchdowns (2e), 71% de passes complétées (1er) et seulement une interception lancée toutes les 74 passes tentées ; Baker Mayfield a donc logiquement été nommé meilleur joueur du pays en remportant le Heisman Trophy.

Nul besoin de faire long, le senior a des capacités exceptionnelles. Grâce à une vision du jeu dont beaucoup de QB rêveraient, il provoque très peu de déchets. De plus, ses big plays ravageurs ne sont plus une surprise tellement nous sommes habitués à le voir dominer sur le terrain.

Alors pourquoi pourrait-il avoir un rôle encore plus important au-delà de son talent ?

Tout d’abord, qui dit College Football Playoff dit pression énorme. Et cela ne fait pas peur à Baker Mayfield, au contraire. Tout au long de sa carrière universitaire, l’ancien walk-on a joué avec la pression et c’est avec elle qu’il réussit le mieux. C’est pour des rencontres serrées dans le quatrième quart-temps et des third downs primordiaux que le Heisman Trophy adore ce sport.

Se savoir attendu au tournant pour une demi-finale ne l’effraye point, car il dispose d’un mental à toute épreuve. Jamais cette saison nous l’avons vu en difficulté lorsqu’il s’agissait de terminer le travail. 60% de réussite sur troisièmes tentatives et 44.4% sur quatrièmes, Baker Mayfield est tout simplement un monstre mentalement qui sait parfaitement se montrer clutch quand il le faut.

De plus, et cela est une force sous-estimée chez lui, le quarterback des Sooners rend ses coéquipiers meilleurs. Il met une telle énergie au sein de l’équipe de par son impressionnant leadership qu’il réussit à décupler la motivation de ses équipiers. Il suffit de regarder son comportement sur le bord de touche pour s’en rendre compte.

Nul doute qu’il transformera encore davantage ses coéquipiers en mode “guerrier” face à Georgia. Et cela ne peut faire que du bien à Oklahoma.

Ogbonnia Okoronkwo (DE, Oklahoma)

(Crédit Photo : nflmocks.com)

Secteur le plus friable chez les Sooners, la défense a tout de même réussi à trouver des solutions au cours des derniers matchs de la saison autour de son leader : Ogbonnia Okoronkwo.

Le defensive end n’est pas un joueur de stats. Il est très rare de le voir en haut d’un classement statistique. Par exemple, il ne se classe que 27e avec 8 sacks et n’apparaît même pas dans le top 100 en terme de tackles. Cependant, le senior apporte un supplément d’âme à ce groupe sur le terrain comme en-dehors.

Outre son physique impressionnant qui lui permet de dominer ses adversaires et sa polyvalence (il peut joueur outside linebacker), il joue de manière très intelligente et lit parfaitement les jeux adverses. Cela tombe bien, les Sooners auront énormément besoin de lui face à Georgia, qui présente un backfield offensif aux armes diverses et une ligne offensive très difficile à cerner.

Son expérience et son QI football devrait permettre aux Sooners de limiter au minimum les dégâts au cours de la partie. Le front-seven du programme ne s’est pas montré à la hauteur lors de la première partie de saison avant de se relever quelque peu ces derniers temps.

Le rôle de Ogbonnia Okoronkwo n’y est pas pour rien.

Dimitri Flowers (FB, Oklahoma)

(Crédit Photo : Trevor Ruszkowski /USA TODAY)

On finit ce tour de vestiaire du côté des Sooners avec un troisième senior (l’expérience est primordiale dans ce genre de rencontre) en la personne de Dimitri Flowers.

Si vous suivez de loin le football universitaire et que vous débarquez pour l’événement ultime de fin de saison, ce nom ne vous dit peut-être rien, mais cela est normal. Dimitri Flowers est un joueur de l’ombre, souvent mis de côté lorsque l’on évoque les forces en présence d’Oklahoma.

Effectivement, le fullback n’est pas un producteur direct de yards avec 26 yards à la course et 411 à la réception, mais un joueur terriblement efficace dont Lincoln Riley ne peut pas se passer. Lorsqu’il reste uniquement quelques yards à aller chercher avant d’entrer dans la end zone, c’est Dimitri Flowers qui est appelé pour finir le travail (4 TDs).

Concernant son jeu de réception, il arrive souvent à se faire oublier par la défense adversaire, soit en glissant dans le slot après un bloc, ou soit en réussissant des tracés toujours très bien ajustés grâce à sa science du jeu.

Qui plus est, le travail Dimitri Flowers n’est pas un hasard à la production au sol des Sooners. Le fullback créé des espaces fleuves qui permettent à ses running backs de s’engouffrer dedans. Dimitri Flowers est un véritable col bleu, un coéquipier dont tous les entraîneurs aimeraient avoir dans leur équipe.

Sa polyvalence et son incroyable capacité à tout pouvoir faire tel un couteau suisse pourraient faire très mal aux Bulldogs.

Ils seront également à suivre du côté de #2 Oklahoma :

  • Mark Andrews (TE)
  • Rodney Anderson (RB)
  • Marquise Brown (WR)

Roquan Smith (LB, Georgia)

(Crédit Photo : Randy Sartin / USA TODAY)

Oklahoma possède Baker Mayfield. Georgia possède Roquan Smith.

Le Heisman Trophy remplit les rangs d’Oklahoma. Georgia détient le vainqueur du Butkus Award qui récompense le meilleur linebacker du pays.

Cette comparaison peut paraître restrictive, car elle réduit ce Rose Bowl à un duel entre les deux joueurs, mais il est sûr et certain qu’un bon Roquan Smith influerait sur la belle partie des Bulldogs ou non.

Le junior est une machine à plaquer. Aucun running back, aucun quarterback ne lui a résisté cette année. À l’image d’un prédateur qui attend sa proie, Roquan Smith patiente tranquillement derrière la ligne de scrimmage avant de se jeter sur son vis-à-vis en fonction des blocs qu’il lit.

Au total, cette saison, il a effectué 113 plaquages dont 72 en solo et 4.5 sacks. Pour se dresser devant ses adversaires de cette manière, Roquan Smith s’appuie sur une vitesse exceptionnelle qu’il est rare de voir chez un joueur de ce gabarit (1.82m pour 102kg). Même son head coach, Kirby Smart, en reste bouche bée :

“C’est un énorme avantage pour nous grâce à sa vitesse”.

Si Georgia encaisse seulement 13.2 points de moyenne (3e), les Bulldogs peuvent remercier leur linebacker qui abat un travail considérable lors de chaque jeu.

Nick Chubb et Sony Michel (RBs, Georgia)

Le deuxième homme fort de Georgia est en réalité un monstre à deux têtes. Effectivement, Nick Chubb et Sony Michel forment à eux deux un des meilleurs duos de running backs du pays et ont porté l’attaque des Bulldogs de par leurs courses endiablées.

En treize sorties, ils ont accumulé 2.123 yards et 26 touchdowns en cumulé. Il y a pire comme statistiques.

Avec un tel duo, Georgia est presque assuré de pouvoir compter sur un jeu au sol performant face aux Sooners. Nick Chubb a davantage l’objectif de fatiguer le front seven adverse. C’est d’ailleurs lui qui touche le plus de ballons. Une fois ce travail de sape effectué, Sony Michel fait son entrée sur le terrain dans le but de créer de gros big plays qui sont fatals au vis-à-vis des Bulldogs.

Oklahoma est prévenu, le front seven devra sortir une très grande prestation si les hommes de Lincoln Riley ne souhaitent pas se faire marcher dessus par ce duo de seniors qui accumule les yards à foison.

Jake Fromm (QB, Georgia)

(Crédit Photo : Sports Illustrated)

Quoiqu’il arrive, Jake Fromm aura réalisé une saison historique, même s’il déjoue complètement face aux Sooners.

Lancé dans le grand bain dès la première journée, le true freshman 5-étoiles s’est très vite creusé une place dans l’effectif de Georgia. Certes, il a profité des pépins physiques du titulaire Jacob Eason pour accumuler du temps de jeu, mais peu de monde ne s’attendait à ce qu’il garde le poste de numéro 1 même lorsque le sophomore serait revenu de l’infirmerie.

C’est donc sans complexe et avec sérénité qu’il a orchestré l’attaque des Bulldogs à merveille. Il est peu à peu monté en régime pour ainsi devenir le meilleur quarterback freshman en football universitaire.

Très mobile et toujours le regard haut dans sa poche, il dispose d’un beau lancer qui lui permet de se connecter avec ses receveurs (2.173 yards, 21 TDs et 5 INTs) tout en étant protégé par une belle ligne offensive qui n’a accordé que 16 sacks cette saison (17e).

Jaka Fromm est une pièce majeure du système offensif des Bulldogs bien que son nombre de passes tentées reste bas étant donné que Kirby Smart a voulu le préserver tout l’année. Sans lui, Georgia n’aurait peut-être pas été aussi impressionnante.

Ils seront également à suivre du côté de #3 Georgia :

  • Isaiah Wynn (OT)
  • Lorenzo Carter (LB)
  • J. R. Reed (S)

Quelle faiblesse pourrait coûter à chaque équipe ?

Évidemment, si Oklahoma et Georgia se retrouvent aujourd’hui au Rose Bowl, c’est qu’ils font partie des meilleures équipes du pays et méritent leur place au College Football Playoff. Cependant, aucune équipe n’est parfaite et chacune possède des faiblesses qui pourraient coûter cher à un moment ou un autre ce lundi soir, si ce n’est la victoire.

Cela n’échappera à personne, la défense des Sooners est plus que moyenne, la pire des quatre équipes présentes au College Football Playoff. Oklahoma est même classée 95e défensivement selon les S&P+ Ratings tandis que Clemson (2e) et Alabama (3e) trustent le podium et Georgia est dans le Top 10 (9e).

Pour être une critique négative, la défense des Sooners peut l’être.

Lors des matchs de conférence, Oklahoma a autorisé trois équipes à marquer plus de 35 points et les rivaux d’Oklahoma State ont inscrit pas moins de 52 points durant le Bedlam Game. Il y a donc un sérieux problème défensif qui a dû être travaillé lors des entraînements ces dernières semaines.

À vrai dire, le secondary n’a pas du tout été à la hauteur cette saison. Il concède 240.6 yards à la passe par match (86e au niveau national) et n’a créé que 8 interceptions (89e).

Les cornerbacks ont trop souvent été mystifiés par tous les receveurs de la conférence, ne sachant pas anticiper leurs tracés. De plus, ce secondary manque de vitesse pure qui fait défaut. Le safety William Johnson et le cornerback Tre Norwood ont plusieurs fois été lâchés par leur vis-à-vis.

(Crédit Photo : Kevin Jairaj / USA TODAY)

Au niveau de la défense contre la course, il manque cruellement de tranchant et d’intensité. En comparaison, les dix meilleurs tacklers à Oklahoma ont manqué 90 plaquages contre 48 pour les dix meilleurs tacklers de Georgia.

Par ailleurs, lors des trois derniers matchs de la saison, les différentes escouades défensives ont su élever leur niveau de jeu, surtout le front seven, sûrement après avoir énormément travaillé dessus la semaine. C’est pourquoi les Sooners ont encaissé 17 points par match et 4.5 yards par jeu lors des trois derniers matchs contre 33.8 points et 6.7 yards par jeu lors des sept rencontres précédentes.

Les Sooners sont conscients de leurs faiblesses défensivement. Jusque-là, l’attaque a toujours réussi à porter Oklahoma dans les moments importants. Mais cette dépendance est fortement nuisible à l’approche du Rose Bowl étant donné que la défense va devoir sortir un match taille patron si elle souhaite contenir les assauts des Bulldogs.

C’est sûrement LA question qui est sur toutes les lèvres sur le campus de Athens : Jake Fromm va-t-il aussi bien lancer qu’en saison régulière ou va-t-il craquer sous la pression de cet immense rendez-vous ?

Jake Fromm est sans aucun doute un atout majeur pour les Bulldogs. Cependant, le true freshman a bien beau avoir impressionné de par son calme et son flegme, même lors de la finale de conférence face à Auburn (16/22, 183 yards et 2 TDs), le face-à-face contre les Sooners sera d’une toute autre intensité.

Une contre-performance ne serait bien sûr pas une raison de le blâmer, car il reste qu’un simple true freshman, mais cela pourrait limiter les Bulldogs offensivement, eux qui n’ont jamais dû encore gérer un non-match de Jake Fromm.

Si par malheur cela arrive pour Georgia, comment réagirait l’équipe dans une situation qu’elle n’a jamais vécue ?

(Crédit Photo : USA Today)

Qui plus est, Jake Fromm pourrait se retrouver dans l’obligation de porter davantage l’attaque par rapport à d’habitude. Assurément, le plan de jeu des Bulldogs consistera à utiliser le jeu de course au maximum puisque c’est bien entendu leur arme principale et cela permettra également de faire tourner l’horloge dans le but de laisser Baker Mayfield et son attaque de feu le plus longtemps hors du terrain.

Cependant, si les Sooners arrivent à contenir les percées des hommes de Kirby Smart grâce à un front seven sur-motivé, Jake Fromm pourrait être appelé à lancer davantage de passes, ce qui ne fut pas le cas du tout cette saison. Avec 244 passes tentées, Georgia est même la 121e université dans ce domaine.

C’est pourquoi il serait intéressant de voir Jake Fromm dans cette situation inconnue pour lui. Rajoutez à cela l’immense pression mise sur ses épaules et il serait possible de le voir en très grande difficulté, submergé par les événements.

Georgia est bel et bien une équipe ultra complète, sans grands points faibles, avec un jeu très propre, peu de pertes de balle, etc. Mais les doutes qui entourent Jake Fromm pourraient poser de gros soucis au staff des Bulldogs.

En revanche, si le quarterback réussit à emmener les Bulldogs au titre national, il serait le deuxième quarterback true freshman titulaire de l’histoire à être champion après Jamelle Holieway en 1985.


Quels scénarios sont à envisager ?

En regardant bien les atouts et les faiblesses de chacun des deux programmes, on peut dissocier deux scénarios qui ont le plus de chance de se produire même si la magie du football universitaire n’est pas à l’abri de nous offrir un match inimaginable.

Soit Georgia réussit à imposer son rythme dès le début de la partie et l’emporte grâce à une défense bien plus hermétique que celle des Sooners. Les assauts incessants des Bulldogs à la course fatiguent Oklahoma qui capitule très vite défensivement. La première mi-temps est parfaitement bien gérée, d’autant plus que Baker Mayfield est bien trop seul en attaque, dans l’impossibilité de compter sur un jeu au sol cadenassé par Georgia.

Finalement, la deuxième mi-temps est assurée par des Bulldogs bien plus complets que leurs adversaires qui s’imposent sans un trop gros écart malgré une physionomie du match qui aura vu les joueurs de la SEC surclassés dans l’intensité ceux de la Big 12.

Score final probable : 35-27 Georgia.

Ou alors, les Sooners, emmenés par un Baker Mayfield des grands jours, s’amusent en attaque, trouvant à chaque drive des solutions qui débordent toujours les Bulldogs. Un match alors offensif prend place sous nos yeux, dans lequel les hommes de Lincoln Riley sont avantagés. Les deux attaques se répondent coup pour coup jusqu’à la mi-temps.

Puis, les deux-trois playmakers défensifs d’Oklahoma réussissent à créer des turnovers, en pressant Jake Fromm notamment, ce qui devient fatal pour Georgia. Les Sooners s’imposent sur un score fleuve avec une dizaine de points d’avance.

Score final probable : 44-36 Oklahoma.

Ou alors, ce Rose Bowl est complètement fou, ce qui a des chances d’arriver. Et alors là, on vous laisse imaginer les scénarios possibles, tous plus inimaginables les uns que les autres.

Les pronostics de la rédaction :