Après quatre mois de compétition acharnée, seulement quatre équipes ont réussi à atteindre LE rendez-vous à ne pas manquer dans une saison de basket universitaire : le Final Four.

Le Final Four se déroule cette année à Glendale, dans le University of Phoenix Stadium, cadre de rêve pour vivre des scénarios, on l’espère, inimaginables.

Ils étaient 351 programmes au mois de novembre à pouvoir soulever le trophée, puis 64 au début du mois de mars. Cependant, il n’en reste plus que quatre aujourd’hui. Effectivement, Gonzaga, North Carolina, Oregon et South Carolina ont tous réalisé une saison dantesque qui les a amenés aux demi-finales de la March Madness. Ainsi, après avoir cassé n’importe quel bracket, ces quatre programmes vont s’affronter pour tenter de remporter le titre dont tout le monde rêve.

#1 Gonzaga vs #7 South Carolina et #1 North Carolina vs #3 Oregon sont au programme. Un programme d’ailleurs inédit avec trois head coaches disputant leur premier Final Four, une première depuis 2006. Présentation, en chiffres.

#1 Gonzaga vs #7 South Carolina (Samedi, 00h09)

La meilleure équipe de saison régulière avec un bilan de 36-1 face à la surprise de cette March Madness qui, lors de ces quatre succès, a réalisé trois gros upsets. Voilà ce qui nous attend pour cette première demi-finale entre deux nouveaux programmes qui vont découvrir les joies du Final Four pour la première fois de leur histoire.

On ne va pas vous mentir, Gonzaga part favori bien que la folie du mois de mars puisse nous réserver de grandes surprises.

(Crédit Photo : Tony Avelar / AP Photo)

Tout d’abord, les Bulldogs peuvent compter sur un collectif ultra performant. Ce dernier est, en effet, composé de quatre joueurs à plus de 10 points par match : Nigel Williams-Goss (16.7), Przemek Karnowski (12.2), Johnathan Williams (10.7) et Zach Collins (10.3).

De plus, Mark Few a la possibilité d’ajuster son équipe à n’importe quel instant puisqu’il peut s’appuyer sur une rotation de neuf joueurs. Le banc est donc très sollicité du côté de Gonzaga. Ainsi, les joueurs qui le composent sont en moyenne 32.1% du temps sur le terrain pour 20 points marqués, soit 24% du total inscrit.

La marque est bien répartie chez les champions de la région West. Qui plus est, ces derniers sont plutôt expérimentés, même si l’université connaît son premier Final Four. Effectivement, les joueurs de l’effectif en sont en moyenne à leur 1.82ème année, entre freshmen et sophomore, ce qui est élevé par rapport à la moyenne nationale. Au niveau du jeu exercé sur le terrain, Gonzaga propose une défense bien huilée qui est considérée comme la meilleure du pays selon KenPom.

En face, South Carolina arrive à Phoenix sur un nuage. Qui aurait cru que les Gamecocks allaient sortir #10 Marquette, #2 Duke, #3 Baylor et #4 Florida si brillamment ? À vrai dire, pas grand monde puisque le programme était côté à 200 pour remporter le titre en début de saison.

Mais comment a-t-il pu performer à ce niveau ? En premier lieu, le pensionnaire de la SEC repose sur une défense hyper agressive qui a fait très mal lors du tournoi. Ainsi, les Bears ont été limités à 50 points (!) au Sweet 16 avec 0.76 point inscrit par possession, un total extrêmement faible. Ensuite, lors de l’Elite 8, Florida a vécu un enfer en deuxième mi-temps en inscrivant seulement 30 unités. Si les Gators ont vu leur attaque baisser de niveau, c’est en grande partie grâce à l’agressivité des hommes de Frank Martin, qui ont obligé leurs adversaires à forcer chacun de leur shoot, en atteste leur 0/14 à trois points durant le second acte.

De surcroît, cette défense très physique est montée en gamme au fur et à mesure des rencontres. Après avoir provoqué 620 pertes de balles cette saison, ce qui en fait la deuxième meilleure en Division I dans cette catégorie, South Carolina en a forcé 16.25 turnovers par match depuis le début du tournoi. Duke et Marquette en ont d’ailleurs fait les frais puisque face aux Gamecocks, ils ont enregistré leur pire total de l’année en terme de turnovers.

(Crédit Photo : Sports Illustrated)

Voilà les points forts de chaque équipe. En revanche, vous pouvez remarquer que Sindarius Thornwell n’en fait pas partie. Étrange, non ?

L’ailier, en plus d’être l’atout numéro un de son équipe, est LE danger numéro un de Gonzaga. Il n’y a qu’à regarder ses statistiques pour se rendre compte que le senior de 22 ans est tout simplement on fire cette année : 21.6 points (44.7%), 7.2 rebonds et 2.8 passes. Juste exceptionnel. À lui tout seul, il pourrait faire basculer le sort de la rencontre et faire très mal à la défense des Bulldogs.

Cependant, Sindarius Thornwell est bien trop seul. Bien sûr, il apporte tant au scoring que défensivement, mais autour de lui, qui pour prendre le relais s’il passe à côté de son match ? Difficile de trouver un joueur capable de porter autant South Carolina. Il n’existe donc qu’une seule issue possible… un Sindarius Thornwell en pleine forme.

En face, Gonzaga va devoir faire attention au pressing mis en place par les Gamecocks. Lors du Sweet 16, la “Press Virginia” des Mountaineers avait fait mal aux Zags qui avaient concédé 16 pertes de balles. Nigel Williams-Goss avait d’ailleurs été le plus affecté par cette défense avec 5 turnovers et un médiocre 2/10 aux tirs.

En revanche, les Bulldogs ont prouvé qu’ils pouvaient également être propres offensivement puisqu’ils ont déjà concédé moins de 10 pertes de balles sur 17 matchs cette saison. Mieux encore, il en autorise une 14.1% du temps lors de leurs possessions (38ème en Division I). South Carolina a déjà joué quatre équipes mieux classées dans ce domaine… pour un bilan de trois défaites.

Bilan : Cette demi-finale s’annonce passionnante avec d’un côté, une équipe portée par le collectif et de l’autre, une équipe qui s’appuie sur un joueur hors-norme.

Les prédictions de la rédaction :

#1 North Carolina vs #3 Oregon (Samedi, 02h49)

Si le premier face-à-face semble assez déséquilibré à première vue, celui-ci confronte deux équipes au niveau plus similaire.

Tout d’abord, North Carolina arrive à Glendale après avoir meven tranquillement son bonhomme de chemin, en silence. Les Tar Heels, malheureux vaincus l’année dernière en finale, sont revenus très bien mentalement puisqu’ils accèdent à leur vingtième Final Four, record en NCAA. En face, Oregon refait surface après une éternité (78 ans) sans avoir joué les demi-finales du tournoi. Pourtant, les Ducks ont frôlé plusieurs fois l’élimination, face à Rhode Island et Michigan notamment.

(Crédit Photo : Brandon Dill / AP Photo)

Attention ! Attention à l’énorme raquette de North Carolina. Effectivement, les membres de la conférence ACC sont ultra dominateurs dans la peinture avec leur paire d’intérieurs composée de Kennedy Meeks (12.3 points et 9.3 rebonds) et Isaiah Hicks (12.1 points et 5.4 rebonds). Rajoutez-y Justin Jackson (18.2 unités et 4.7 rebonds) et ses nombreuses pénétrations dans la raquette qui lui permettent de provoquer un bon nombre de lancers francs (88/120 cette année), et cela vous donne une équipe capable d’écraser son adversaire physiquement.

C’est ce qu’il s’est passé par exemple lors des quatre matchs du tournoi. Les Tar Heels ont littéralement imposé leur force à l’intérieur pour épuiser physiquement et moralement leurs opposants. C’est pourquoi, lorsque l’on regarde de plus près les statistiques d’après-match, on remarque que sur ces quatre confrontations, North Carolina a eu en moyenne une marge au rebond de +15.5 ! Un écart hallucinant.

Mais au-delà de cette domination sous le panier, les hommes de Roy Williams peuvent également compter sur un backcourt de qualité qui permet une bonne alchimie en attaque. Ce n’est pas pour rien s’ils scorent 116.8 points toutes les 100 possessions (7ème en Division I).

Chez les Ducks, c’est aussi l’animation offensive qui prime. Cependant, le jeu est plus orienté vers les extérieurs puisque Oregon possède une impressionnante capacité à shooter. Ainsi, quatre joueurs tournent à plus de 40% longue distance pour un total de 38.3% de réussite (38ème du pays). De plus, l’université va pouvoir s’appuyer sur Jordan Bell pour contrer l’impressionnante raquette de North Carolina. Ce dernier protège le cercle à merveille (2.2 contres), est actif au rebond (8.6 rebonds) et dissuade de nombreux tirs de par sa taille (6-foot-9).

Vous l’aurez compris, la défense d’Oregon a les armes pour rivaliser. Ce n’est pas pour rien si les Ducks sont la meilleure équipe au contre de la NCAA avec 6.34 blocs par match.

(Crédit Photo : Sean Meagher / Staff)

En revanche, Oregon va devoir une nouvelle fois faire sans Chris Boucher. Le senior n’a plus joué depuis la demi-finale du tournoi de la conférence Pac-12 et pourrait manquer à ses coéquipiers. Alors certes, en son absence Oregon s’est qualifié pour le Final Four, mais sur ces différents matchs, heureusement que Tyler Dorsey était en forme pour porter les Ducks. L’ailier tournait en effet à 13 points avant la blessure de Chris Boucher alors que depuis, il affiche une moyenne de 24.2 points ! Face à North Carolina cependant, le natif de Montréal aurait apporté un gabarit en plus pour contrer les Tar Heels.

Ces derniers, justement, vont peut-être voir leur attaque leur jouer des tours. Effectivement, bien qu’elle se porte très bien, son métronome en la personne de Joel Berry II a été touché lors du tour précédent. Il a dû sortir du parquet, puis est rentré au vestiaire après s’être tordu la cheville. Avec un meneur pas au top de sa forme, North Carolina pourrait subir des difficultés lors des phases offensives. À titre d’indication, quand Joel Berry II est sur le terrain, les Tar Heels inscrivent 1.22 points par possession contre 1.05 lorsqu’il n’est pas présent.

Bilan : Ce Oregon vs North Carolina s’annonce très serré même si les Tar Heels arrivent avec plus d’expérience. Le combat physique dans la raquette s’apprête également à être passionnant.

Les prédictions de la rédaction :