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(Crédit photo : Stephanie Keith-Getty Images)

Book Richardson (Arizona) : Sean Miller a payé $10.000 par mois pour Deandre Ayton

La tension devait être palpable chez tous les hommes qui ont eu affaire à Christian Dawkins, lorsqu’il a décidé de prendre sa propre défense au cours du second procès du FBI contre le système de corruption. Et un tel sentiment s’est vérifié pour “Book” Richardson et Sean Miller, à Arizona.

Dans un enregistrement intercepté par le FBI, le 20 juin 2017, on y entend un échange entre Christian Dawkins et Book Richardson, où l’ancien entraineur assistant des Wildcats révèle que Sean Miller, lui-même, aurait payé $10.000 par mois au cours du cursus universitaire de Deandre Ayton.

L’aspirant agent de joueurs de 25 ans, devenu requin corrompu auprès d’entraineurs et de conseillers financiers pour se faire un nom dans les coulisses du basketball américain, a déjà été pris dans les filets du FBI lors du premier procès et se trouve au centre des interrogatoires du second procès.

Christian Dawkins emmène cette fois-ci un ancien “client” dans sa chute, avec Book Richardson. Retour sur des derniers jours cataclysmiques pour l’ancien entraineur assistant des Wildcats.

 

 

A-t-il lancé Sean Miller, sans le savoir, sous les roues du camion ?

 

Dans les dernières minutes de l’accusation à l’encontre de Christian Dawkins, le gouvernement fédéral a présenté au jury un nouvel enregistrement, intercepté le 20 juin 2017, au cours duquel l’ancien agent de joueurs discutait de l’avenir de Deandre Ayton avec Emanuel “Book” Richardson.

Un total de 7 enregistrements a été joué devant le barreau de Manhattan ; mais un enregistrement a particulièrement retenu l’attention de l’audience. Dawkins et Richardson parlaient de la possibilité que l’agence de représentation de joueurs puisse signer Deandre Ayton.

Et puis le nom de Sean Miller est sorti du chapeau.

“Sean [Miller] doit se barrer et nous laisser travailler,” explique Book Richardson dans un premier temps à Christian Dawkins

“On va voir comment Sean [Miller] s’en sort,” rétorque Christian Dawkins.

“Tu sais ce qu’il a acheté par mois ?” demande ensuite Book Richardson.

“Qu’est-ce qu’il a fait ?” s’interroge Christian Dawkins.

“Je te l’ai dit — 10,” assure Book Richardson.

“Il avance beaucoup d’argent pour ces [insultes],” ajoute Christian Dawkins. “Il me dit qu’il est en train de se faire tuer.”

“Mais c’est sa propre faute,” renchérit Book Richardson.

La somme avancée de $10.000 par mois semble correspondre au rapport initial d’ESPN, en 2018, qui faisait était d’un paiement de $100.000 en provenance d’Arizona pour sécuriser le recrutement de Deandre Ayton. Un calendrier académique est long de 10 mois ; et je vous laisse faire le calcul pour arriver à la somme de $100.000. Sean Miller a réfuté cette information en conférence de presse, en ajoutant qu’il n’avait jamais payé une recrue ou commis d’infraction au règlement universitaire.

Un peu plus tard dans la diffusion des enregistrements, les deux hommes discutent cette fois-ci d’une situation différente à propos d’un autre ancien joueur d’Arizona, Rawle Alkins, pour lequel Sean Miller serait à nouveau directement impliqué.

“Tu le sais déjà, Sean [Miller] s’occupe de Rawle [Alkins] et d’eux,” explique Christian Dawkins. Il n’y a pas de dépenses à faire pour Rawle. C’est simple.”

Via un plan détaillé par e-mails, utilisés en tant que preuve lors du premier procès, Christian Dawkins aurait mis en place une série des paiements vers Rawle Alkins et son cousin qui habitait à Tucson. Le plan faisait référence à des paiements mensuels de $2.500, entre Septembre 2017 et Août 2018 (alors qu’il jouait pour les Wildcats), en plus de $30.000 pour les frais de déplacement de sa famille.

Enfin, on apprend également que des paiements auraient été échangés entre Book Richardson et la famille de Jahvon Quinerly. La mère de l’ancienne recrue 4-étoiles demande $15.000 supplémentaires à Christian Dawkins et Munish Sood. Book Richardson ajoute qu’il avait prévu, initialement, 3 paiements de $5.000 chacun et qu’il était prêt à ajouter $10.000 de son argent personnel.

Jahvon Quinerly avait donné son engagement auprès d’Arizona, avant de se rétracter au moment de la révélation du système de corruption organisée et de l’arrestation de Christian Dawkins, entre autre. Le meneur de jeu s’était ensuite engagé avec Villanova et a annoncé son intention de transfert en avril.

 

Book Richardson “ruiné” pour avoir payé trop de recrues ?

 

Lors d’une audience précédente au tribunal fédéral de Manhattan, en début de semaine, des enregistrements interceptés par le FBI ont été joués devant le jury et en révèlent davantage sur la personnalité de Emanuel “Book” Richardson.

L’ancien entraineur assistant d’Arizona, qui obtenait un salaire annuel de $250.000, a avoué dans des conversations (enregistrées à son insu) qu’il était, essentiellement, ruiné. Rien à voir avec un style de vie opulent tel qu’on peut l’imaginer d’un bandit des temps modernes ; Book Richardson utilisait son argent personnel pour nouer des liens avec des recrues, leur famille et leurs responsables sportifs afin qu’ils signent avec Arizona.

Et ces pratiques ont provoqué les railleries de ces “associés” à plus d’une reprise, en le qualifiant d’idiot, par exemple.

“Si j’étais un proxénète et que tu étais une prostituée, tu me rapporterais des millions,” aurait déclaré Christian Dawkins, selon Book Richardson, lui-même.

Il avoue dans une conversation avec Christian Dawkins qu’il aurait même pris de l’argent de son épargne retraite, mais, comme depuis le début du second procès du FBI, ces révélations ont été extraites d’enregistrements clandestins. Ces paroles n’ont pas été proférées sous serment et il est possible qu’il s’agisse d’hyperboles afin de convaincre ses “partenaires”.

Book Richardson avoue, par exemple, qu’il envisageait de donner de son propre argent à Jahvon Quinerly ($10.000 de sa poche en plus des $15.000 prévus en 3 paiements) pour garder “sa propre peau en jeu” et qu’il s’agissait d’une meilleure façon de faire du business.

“Il utilisait son argent personnel pour financer son recrutement,” explique Munish Sood, un conseiller financier associé à Christian Dawkins, dans un témoignage ce lundi. “Christian [Dawkins] lui a suggéré d’utiliser l’argent de quelqu’un d’autre plutôt que le sien.”

Qu’il existe une petite part de vérité dans l’ensemble de ces conversations, ou non, le simple fait qu’un entraineur assistant d’une école comme Arizona (qui empoche un quart de million de dollars par an) se sente obligé d’investir son propre argent dans la balance en dit long sur les pratiques et la philosophie existantes en basketball universitaire.

Faut-il tant d’argent que cela pour recruter les meilleurs joueurs ? Faut-il également considérer qu’il est nécessaire d’apporter des liquidités pour convaincre leur famille que telle ou telle université est la bonne ?

Si Book Richardson est prêt à mettre $10.000 de sa propre poche pour Jahvon Quinerly, qu’était-il capable de faire pour les dizaines de joueurs recrutés chaque saison par les Wildcats ?

Et le point de départ d’un tel système sombre et lucratif (pour certains) est facile à déceler : les règles obsolètes de l’amateurisme en NCAA. Les acteurs principaux ne se partagent pas une part du gâteau à plusieurs milliards de dollars générés par la ligue universitaire ; et cela crée, inévitablement, un manque à combler dans l’économie moderne.

Un manque au sein duquel Christian Dawkins et Book Richardson, chacun à leur niveau, se sont engouffrés de plein pied.

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