Lorsqu'un fan de Florida enchaine les louanges en faveur de... Georgia.

Nous sommes le 28 octobre 2017. Il est 17h et forcément, qui dit samedi, dit football universitaire (avant que le basketball ne reprenne bien évidemment).

Au sein de la rédaction, cela se bat pour se positionner sur les plus belles rencontres. Dans cette multitude de beaux matchs (dont le Penn State vs Ohio State) à 21h30, j’ai préféré choisir la rencontre opposant #3 Georgia à Florida. Ce qui m’a valu quelques petites moqueries de mes camarades rédacteurs, mais c’est la vie.

Déjà, j’ai toujours eu Florida dans mon cœur lorsqu’il s’agit de football. “The Swamp” déjà, enceinte mythique. Une grosse défense agressive, tout ce que j’aime. Et puis, Tim Tebow, le prophète. Mais cette belle époque semble si lointaine, surtout lorsque j’ai vu la prestation des Gators sur ce match.

J’ai plutôt été séduit par l’adversaire, Georgia, qui a ma grande surprise, était #3 du dernier classement (cela fait deux semaines que je n’avais pas suivi assidûment le championnat). Cela m’a étonné de voir les Bulldogs aussi hauts car très peu de spécialistes en parlent… La hype Penn State, le rouleau compresseur Alabama et on parle surtout des upsets et des cadors qui trébuchent (monnaie courante en football). La seule fois où ils parlent de Georgia, c’est à chaque occurence du recrutement XXL de la prochaine promotion de freshmen.

Bonjour la classe extraordinaire et aussi bonjour l’accumulation des talents au poste de quarterback, d’ailleurs. Mais je m’égare.

En ce samedi, je me suis posé devant ce match, en HD (merci CBS Sports), au fond de mon lit au chaud. Et j’ai passé la meilleure soirée depuis bien longtemps. J’ai enfin vu une équipe de football, chose rare lorsque vous supportez une équipe comme Nebraska (mais qui a gagné face à Purdue donc tout va bien, pour le moment). Georgia m’a époustouflé et forcément, j’aime bien balancer des petits pronos de comptoir.

Bon, si on parle vite fait du match, ce fut plié dès la fin du 1er quart-temps. 21-0, une démonstration que ce soit offensivement ou défensivement. Florida n’a rien pu faire et à maintes reprises, j’ai eu de la pitié pour le jeune quarterback Feleipe Franks qui a vécu, encore une fois, un calvaire. Ce qui va mettre en lumière mon premier point concernant Georgia : la défense.

Je ne sais pas par où commencer tellement la défense de Georgia est impressionnante. Tout d’abord, le front seven a été tellement dominateur qu’elle a rendue la ligne offensive de Florida pathétique, comme des lycéens face à des pros. Le nombre de faux départs provoqués rien qu’en bougeant un peu de position sur la ligne de scrimmage fut indécent. Dès que le snap était réalisé, Feleipe Franks avait, au grand maximum, quatre secondes pour faire un choix. Sinon ? Il terminait au sol.

Et c’est quatre secondes maximum car sur plusieurs séries, à peine il avait reçu le cuir que les défenseurs avaient brisés la ligne offensive et se lançaient à sa poursuite. C’est le front seven qui a dicté le tempo de ce match.

Le pass rush des Bulldogs a tout bonnement été excellent. 5 sacks au total, qui aurait pu être bien plus important si jamais Franks n’avait pas eu la lucidité de lancer le cuir par terre alors qu’il était en train de tomber par terre. Sur la saison, Georgia n’affichait “que” dix sacks au total.

Ce qui impressionne le plus dans cette domination, c’est le nombre de joueurs qui ont été crédités d’un demi-sack : 8. Cela venait de partout, de n’importe quel joueur et il était donc impossible à prévoir pour la ligne offensive de Florida, qui a juste limité la casse.

Pourtant, le schéma de ces sacks est assez conventionnel : le but est de garder le quarterback adverse dans la poche, tout en exerçant une pression, qui va se refermer sur lui. C’est un effort collectif qui demande beaucoup de patience et surtout, une entente parfaite entre les joueurs.

Et puis, vous avez la secondary, qui est représenté par un joueur en particulier : J.R. Reed.

Sur ce match, il a été crédité d’un touchdown suite à un blitz où il a plaqué Franks, récupéré le cuir et franchi la ligne d’en-but. Il faut dire que les safeties de Georgia n’hésitent pas à mettre aussi la pression sur le quarterback adverse. Mais en général, c’est surtout une couverture de zone, vraiment efficace. On n’hésite pas à laisser les cornerbacks en situation de homme à homme, ce que l’on ne voit plus trop en football universitaire. Mais cela reste une option parmi tant d’autres, ce qui rend la défense de Giergia imprévisible et toujours aussi efficace.

Passons maintenant sur le plan offensif. Et là, c’est un véritable feu d’artifice.

Déjà, au niveau des quarterbacks, le roster est juste impressionnant. Jacob Eason a débuté la saison en tant que titulaire, sortant d’une saison de freshman excellente. Le talentueux freshman 5-étoiles (comme son compère à son arrivée sur le campus d’Athens), Jake Fromm, était alors son remplaçant.

Toutefois, Jacob Eason s’est blessé et Jake Fromm a pris la relève depuis quelques semaines, et de la plus belle des manières. Il n’aura eu besoin que de 7 passes tentés (pour 4 complétés) face aux Gators pour dépasser la barre des 100 yards, avec un touchdown sur une passe tout simplement FABULEUSE. Pourtant, on insiste du côté de Georgia que Jacob Eason reste le titulaire mais lorsque l’on voit la facilité de Jake Fromm, on permet d’en douter.

Le prospect possède un bras très intéressant, une mécanique de lancer assez bonne mais un peu lente et sa vision du jeu est bonne. Il peut aussi se sortir de la pression avec ses jambes mais il préfère ne pas en abuser. C’est un peu un quarterback “old fashion” qui est couvé par ses entraîneurs. Quand on voit que le programme a encore recruté des quarterbacks de talent pour la saison prochaine, on ne comprend pas le délire, surtout que Jake Fromm est l’homme de la situation et il l’a encore démontré face à Florida.

Mais surtout, la réelle force de Georgia, c’est son jeu au sol.

Le duo de running backs entre les fantastiques Nick Chubb et Sony Michel a roulé sur la défense de Florida. 77 yards en 13 portées et 1 touchdown pour le premier, 137 yards en 6 portées et 2 touchdowns pour le second. Sans forcer. Avec cette performance, Nick Chubb est d’ailleurs apparu dans le classement des yards au sol dans l’histoire de la conférence SEC. Nul doute que s’il continue de la sorte, il intégrera le Top 3 de l’histoire. Plutôt solide.

Même si on connait les qualités de Nick Chubb, aussi bien fort que rapide et explosif, Sony Michel a été une vraie découverte pour ma part. Son premier ballon a été assez délicat, avec une perte de 7 yards… Son second ballon ? Une course de 74 yards conclu en touchdown. Il possède une telle panoplie, avec un jeu de jambe très efficace et une pointe de vitesse folle, qu’il est une option très viable pour son programme, laissant souffler un peu Nick Chubb. Les deux coureurs sont taillés dans le même profil, même si Chubb est plus patient et sait mieux lire la défense que son coéquipier. Mais ce duo est juste inarrêtable cette saison et très peu de programmes peuvent stopper cette armada au sol.

Honnêtement, j’ai tellement était séduit de manière générale par Georgia qui je n’hésite pas à les mettre dans la lutte au titre final. C’est un peu la saison où jamais à vrai dire, avec une multitude de cadres seniors. En tout cas, c’est l’une des plus belles surprises de cette saison et ce programme mérite encore plus de spotlight qu’à l’heure actuelle.