L'upset réalisé par Oregon contre Washington place les Ducks comme l'équipe à battre dans la division Pac-12 North.

Oregon et Washington ont tous deux écrit un nouveau chapitre de leur rivalité samedi soir.

Dans un match conclu en prolongation, les Ducks sont venus à bout des Huskies (30-27). Une victoire salvatrice qui vient panser les plaies d’une douloureuse défaite face à Stanford pour les hommes de Mario Cristobal.

Alors oui, il est vrai qu’Oregon a bien été aidé par Peyton Henry, kicker de Washington, qui pouvait assurer la victoire des siens mais qui a manqué un field goal à la dernière seconde, envoyant ainsi les deux équipes en prolongation. Mais résumer la victoire des Ducks à une simple erreur des Huskies, serait nier la dynamique positive enclenchée par le programme d’Eugene.

Comme un symbole, le salut est venu du running back C.J. Verdell. Coupable d’un fumble qui avait scellé le destin des Ducks face au Cardinal, ce dernier termine le match à 111 yards et deux touchdowns, dont celui de la victoire en prolongation.

 

Impériale jusque-là, la défense de Washington n’avait pas accordé plus de 24 points depuis le début de la saison. Mieux, Oregon n’est que la quatrième équipe à marquer plus de 30 points à la défense des Huskies sur les deux dernières saisons.

Signe de cette performance, les Ducks ont été en mesure de contrôler le match via le jeu au sol notamment en deuxième mi-temps puis en prolongation. Les chiffres ne mentent pas, Oregon a gagné 177 yards en 27 portées sur l’ensemble de la deuxième mi-temps et la prolongation.

 

Justin Herbert et Jake Browning, destins croisés

 

C’est peu dire que le duel de quarterback était attendu.

Le senior Jake Browning, quarterback le plus prolifique de l’histoire des Huskies, affrontait Justin Herbert, enfant de l’Oregon, qui est resté chez lui à Eugene, et qui selon toute vraisemblance, devrait être l’un des premiers choix de la prochaine Draft NFL s’il choisit de sauter le pas un an plus tôt.

Sous les yeux de nombreux scouts NFL, dont le légendaire John Elway, manager général des Denver Broncos, Justin Herbert et Jake Browning ont connu une soirée bien différente.

Si Justin Herbert n’a pas réalisé son meilleur match, il a livré une performance propre et a permis aux siens de s’imposer. Jake Browning, lui, n’a pas eu la même réussite et a dû forcer ses lancers en fin de match après les blessures de ses deux coureurs, Myles Gaskin et Salvon Ahmed. Au final, il termine avec 243 yards, 1 touchdown et 1 interception, loin de ses statistiques habituelles.

(Crédit photo : Thomas Boyd/ AP Photo)

Plein de maturité, Justin Herbert a impressionné dans ce qui est sans doute la plus belle victoire de sa carrière. S’il reste un diamant à polir, sa capacité à lancer en mouvement pour se défaire de la pression est intéressante et ne sera pas de trop puisque la blessure du lineman Penei Sewell reste le point noir de la soirée.

C’est là un sacré clin d’oeil de l’histoire pour Justin Herbert, qui avait honoré sa première titularisation dans un terrible blowout (70-21) face aux Huskies, il y a deux ans.

Le niveau affiché par les deux quarterbacks reflète d’une manière générale le niveau de leur équipe sur la durée de leur carrière universitaire.

Petit flashback et revenons à une nuit pluvieuse à Seattle. Cette nuit où la domination des Ducks s’est effrité, la faute à Jake Browning.

Après plus d’une décennie de lourdes défaites et plus précisément une série de 12 victoires pour Oregon, les Huskies tombent de seulement 6 points face à leur rival. Depuis, les Ducks n’ont plus battu les Huskies et Jake Browning n’était pas étranger à cette dynamique. Un an après l’épisode Seattle, il entra dans l’histoire des Huskies en lançant 6 touchdowns et en ajoutant 2 autres touchdowns à la course, humiliant ainsi les Ducks.

Certes, entre temps, Justin Herbert s’est affirmé et se révèle petit à petit meilleur que son compère. Il a d’ailleurs permis à Oregon de briser une série de près de 3 ans sans victoire face à son rival.

 

Une victoire inutile dans l’optique du College Football Playoff ?

 

C’était attendu, cet énième chapitre de la rivalité devait jouer un rôle crucial dans le couronnement du champion de la Pac-12 North.

Tel a été le cas puisqu’avec cette victoire, Oregon prend le contrôle de sa division et est désormais classé 12ème au dernier AP Top 25. Ce classement propulse les Ducks au statut d’équipe la mieux classée de la conférence Pac-12 et représente le meilleur classement du programme d’Eugene depuis 2015. L’outsider que nous avions présenté à l’intersaison a laissé place à un vrai coupeur de tête.

Bien qu’Oregon compte, au même titre que plusieurs autres programmes, une défaite dans son bilan en conférence, il est clair qu’Oregon est l’équipe à battre.

Pourtant, le programme d’Eugene regrettera sans doute longtemps ce match face à Stanford. Il devient même difficile de penser que si les Ducks avaient remporté ce match, un match qu’ils menaient 24-7 à la fin du troisième quart-temps, la rencontre face à Washington n’aurait pas seulement une signification dans la conférence Pac-12, mais il aurait pris un écho plus important à l’échelle nationale.

Si rien n’est encore définitif, tout est possible en football universitaire. Il sera néanmoins difficile d’accrocher une place au College Football Playoff pour les Ducks. En finissant la saison par une série de victoires, les hommes de Mario Cristobal pourraient être dans la discussion. Mais les trois rencontres hors-conférence disputées face à une faible adversité sont un poids qui pèsera de tout son poids sur le dossier des Ducks.

A vrai dire, le principal problème d’Oregon ne serait-il pas son appartenance à la conférence Pac-12 ?

Depuis plusieurs années, la conférence lutte contre l’opinion générale qui voit la Pac-12 comme l’une des pires conférences du Power 5, loin de moi l’idée d’affirmer ou d’infirmer cette théorie. Le problème majeur de la conférence ne serait-il pas son manque de locomotive ? Une équipe qui pourrait amener de la lumière sur la conférence et redynamiser la conférence serait la bienvenue, Oregon pourra-t-il enfiler ce costume pour les années à venir ? Rien n’est moins sûr.

S’il n’est pas interdit de rêver, il est très difficile d’imaginer les Ducks prendre part au College Football Playoff cette saison. Qu’importe, avec un calendrier abordable pour le reste de la saison, Oregon devrait terminer la saison avec un bilan quasi-inespéré en début de saison.

Il est évidemment encore tôt pour parler de renouveau, pourtant une certitude émane du résultat de la rencontre de samedi : Oregon a décroché un succès référence qui pourrait amener le programme d’Eugene dans une nouvelle dimension plus vite que prévu.