Le plan de jeu du Cardinal s'appuie peut-être trop sur son running back star.

Des matchs serrés, il en existe toute les semaines. Ça n’en rend pas la victoire moins légitime. Cependant, #20 Stanford affrontait Oregon State, l’une des plus mauvaises équipes du pays. Et s’en sortir avec un score de 15 à 14 laisse un peu perplexe.

Les Beavers sont non seulement bon derniers de la division Pac-12 North. Mais ils détiennent aussi la 105ème meilleure attaque du pays (sur 130) et la 108ème meilleure défense, derrière des équipes telles que Charlotte et BYU.

La victoire du Cardinal est arrivé dans les tout derniers instants du match alors que Oregon State a mené au score pendant près de 42 minutes. Et avant que Stanford ne marque son touchdown salvateur, la defense adverse les a litteralement étouffés.

Sur leur 11 séries offensives, 5 ont fini sur un punt (dont quatre 3-and-out) et un autre sur une interception. 222 yards ont été inscrits par Stanford avec seulement 3,7 yards par tentative. Et pour enfoncer le clou, le Cardinal n’a obtenu que 12 premières tentatives sur la partie et a converti 5 third down sur 16 tentatives.

En bref, les Beavers débordaient Stanford.

Mais, sauvé par un fumble commis par Ryan Nall dans sa propre moitié de terrain, Stanford marque son premier touchdown du match avec 24 secondes restantes au chrono (tout en manquant la conversion a deux points). Oregon State possède 20 secondes pour marquer le field goal de la victoire ; malheureusement, Darell Garretson est intercepté sur les 44 yards de adverse par Brandon Simmons. Stanford s’en sort au forceps.

A leur décharge, depuis le départ de Gary Andersen, les Beavers ont mis l’accent sur la défense sous la tuelle de Cory Hall, son remplaçant et ancien assistant en charge de la défense secondaire. L’enthousiasme et le feu de ce dernier semble avoir quelque peu redonné des couleurs au programme.

Les difficultés de Stanford s’expliquent en partie par l’absence de son running back vedette, Bryce Love. Le candidat au Heisman Trophy et cheval de traie de l’attaque souffre d’une blessure à la cheville, survenu lors du match contre Oregon lors de la huitième semaine de compétition.

Son absence s’est durement fait ressentir. Sans compter le match de jeudi, Bryce Love est responsable de près de la moitié des yards offensifs de son équipe et de 11 touchdowns sur les 33 de l’ensemble de l’effectif.

Et dans un schéma de jeu qui où prévaut la course sur la passe, sa présence est essentielle au bon déroulement du plan de jeu. Ses qualités athlétiques, son expérience et sa vision font de lui un spécimen de running back hors du commun qui est éclipsé seulement par la saison monstrueuse de Saquon Barkley.

Son remplaçant Cameron Scarlett a été incapable de produire au même niveau que lui (seulement 71 yards), démontrant un probleme de plan de jeu et mettant à jour des défaillances dans un système qui s’appuie trop sur le running back titulaire.

Bien sûr lorsqu’un joueur du talent de Bryce Love est présent dans un effectif, il est essentiel de s’en servir comme ancre. Mais en faire son seul atout c’est se tirer une balle dans le pied. Surtout avec un quarterback comme Keller Chryst qui possède tous les atouts pour faire mieux que ce que ses statistiques montrent de lui.

Toujours est-il que seulement 15 points contre la 108ème défense du pays est un poil décevant pour un programme qui prétend au titre de conférence Pac-12.

Vu la trajectoire que prend Oregon State depuis deux semaines, la visite à California la semaine prochaine pourrait leur offrir leur première victoire en conférence grâce à ce sursaut de la défense. Pour Stanford, un changement dans le système offensif est à espérer pour pouvoir franchir les deux prochains obstacles, Washington State et Washington.