La tactique employée par Ole Miss est claire mais tout autant dangereuse.

L’Université d’Ole Miss a répondu publiquement ce mardi soir à la dernière et plus sérieuse Notice of Allegations émise par la NCAA, trois mois plus tôt. Le message envoyé par les Rebels ne peut être plus clair : défendre Hugh Freeze à tout prix.

Le head coach du programme de football d’Ole Miss se trouve au centre d’une investigation lancée il y a quatre ans, à la suite de soupçons en relation avec les techniques de recrutement des Rebels. La Notice of Allegations, amendée en Avril 2016 à la suite des révélations de Laremy Tunsil le soir de la Draft NFL, propose un total de 21 accusations sérieuses à l’encontre du programme de football.

Ole Miss révèle dans une réponse de 125 pages à la NCAA qu’elle n’a pas l’intention d’admettre la totalité de ce qui lui est reproché et utilise, pour ce faire, une défense très agressive et tout aussi dangereuse.

Les Rebels contestent fermement plusieurs accusations de Niveau I, les plus sérieuses dans la législation de la NCAA et notamment le manque de contrôle institutionnel ainsi que la responsabilité du head coach.

L’Université d’Ole Miss se justifie du manque de contrôle institutionnel en rappelant qu’elle a pris des mesures préventives de manière pro-active par rapport aux violations qui lui sont reprochées et qu’elle s’est imposée de nombreuses sanctions. Les Rebels se sont exclus de l’après-saison en 2017, ont retiré 11 bourses universitaires étalée sur une durée de quatre ans et n’ont pas accepté $8 millions de revenus en provenance de la conférence SEC.

Toutefois, il est bon de remarquer qu’Ole Miss mentionne dans la réponse que de nombreuses violations du règlement universitaire ont continué de se produire durant l’investigation de la NCAA.

De plus, réfuter un manque de contrôle institutionnel tout en admettant que certaines violations ont eu lieu sous l’égide de Hugh Freeze revient à dire que ces violations ont été commises volontairement.

Ole Miss emploie une défense agressive de son head coach.

La réponse officielle à la Notice of Allegations possède un objectif principal évident : protéger Hugh Freeze du mieux possible, quitte à faire porter le chapeau de bouc-émissaire à d’autres protagonistes. Ole Miss accuse effectivement un ancien membre du staff des Rebels, Barney Farrar, d’avoir opéré dans le dos de Hugh Freeze tel un loup solitaire.

“Cette affaire n’implique pas un head coach qui aurait facilité ou participé à des violations du règlement, ou qui aurait ignoré des alertes associates à celles-ci,” commente Ole Miss au sein de cette réponse. “Hugh Freeze a développé et implémenté un programme de conformité aux règles dédié à l’ensemble du personnel afin de satisfaire la législation de la NCAA concernant la responsabilité du head coach, amendée en 2013, et a continuellement travaillé à étendre et améliorer ce programme.”

“Barney Farrer a délibérément et activement détourné les systèmes de surveillance de l’Université et a ignoré à de nombreuses reprises les directives de son head coach [Hugh Freeze ; ndlr],” avant que Ole Miss mentionne les mensonges de Barney Farrar aux enquêteurs et le fait qu’il ait agi caché.

En se justifiant de manière à prouver que Hugh Freeze a promu une atmosphère de conformité au sein du programme de football dès lors que les premières violations sont apparues, Ole Miss tente de se dédouaner et de se déresponsabiliser de loups solitaires tels que Barney Farrar ou certains boosters de l’Université.

Le seul fait que 14 boosters soient mentionnés dans le réponse à la NCAA montre bien qu’il ne s’agit pas d’un simple problème isolé, ce que Ole Miss tente de mettre en avant. D’autant plus que le plus croustillant dans cette réponse à la Notice of Allegations peut être attribué à la défense contre les agissements des boosters du programme de football des Rebels.

Une des figures principales de cette réponse : Leo Lewis, actuellement à Mississippi State !

La majorité des réponses aux accusations se concentre autour de [Student-Athlete 39] et de ses relations avec différents boosters. On apprend à la page 57 que cet individu est en réalité le linebacker actuel de Mississippi State, Leo Lewis III, grâce à la capture d’écran d’un de ses tweets présenté dans la réponse à la NCAA.

L’histoire de ce jeune homme avec Ole Miss est fort intéressante et les Rebels tentent de décrédibiliser ses accusations à l’encontre de l’Université, notamment celle où il révèle avoir reçu une somme de $10 000 (parmi d’autres paiements) la veille du National Signing Day, afin de s’engager avec Ole Miss.

Malgré des avances généreuses de la part de boosters d’Ole Miss, Leo Lewis III a préféré rejoindre le programme de football du grand rival historique, Mississippi State. Ouch.

Cette somme de $10 000 (qui semble monter jusqu’à $15 000 dans la totalité des paiements) pourrait coûter d’autant plus cher à Ole Miss du point de vue des sanctions futures de la ligue universitaire. L’Université essaie de jouer sur le manque d’évidence et de preuves dans les déclarations de Leo Lewis afin de désapprouver l’accusation.

Dans cette optique, Ole Miss a tenté d’obtenir plus d’informations concernant Leo Lewis… en cherchant à s’entretenir avec son entraineur actuel, Dan Mullen. True story. Les Rebels ont réalisé deux demandes d’entretien avec le head coach de Mississippi State (dont une auprès du Comité des Infractions de la NCAA) ; elles ont toutes deux été rejetées.

La suite au prochain épisode : le Comité des Infractions en septembre prochain.

Cette investigation dure depuis près de 4 ans, à cause de nombreux rebondissements. Aussi bien la NCAA et l’Université d’Ole Miss veulent une conclusion rapide. Mais la perspective d’un compromis n’est pas en vue.

Les Rebels défendent agressivement Hugh Freeze, qui semble être la personne visée en priorité par la ligue universitaire. Ils tentent le tout pour le tout afin de sauver l’homme qui les a mené à deux Bowls du Nouvel An, deux victoires face à Alabama et à une période de succès faste que l’Université n’avait pas connu depuis des décennies.

Natif de la région d’Oxford (Mississippi) et ancien entraineur au lycée à quelques encablures du côté de Memphis, Hugh Freeze est une figure appréciée et soutenue auprès des boosters de l’Université. Ole Miss a montré qu’elle allait soutenir son head coach coûte que coûte, mais si les boosters commencent à remettre en cause Hugh Freeze, le futur de ce dernier pourrait s’assombrir.

Le Comité des Infractions de la NCAA devrait se réunir vers le mois de septembre pour délivrer le verdict final concernant cette investigation de l’Université d’Ole Miss.

La ligue universitaire pourra envoyer un message clair à ce moment-ci : soit les Rebels s’en sortent bien et la NCAA perd d’autant plus de crédibilité, soit les Rebels subissent un châtiment lourd et la NCAA retrouve un rôle de forte autorité.

Mais quoi qu’il en soit, il est certain qu’on retrouve un grand perdant à l’automne.