Ce qu'il faut retenir de la victoire de #5 Oklahoma sur #11 Oklahoma State lors du Bedlam Game (62-52). 

Encore une fois, Oklahoma a accru sa domination sur ses voisins d’Oklahoma State. Dans une rencontre ultra spectaculaire, ce sont effectivement les hommes de Lincoln Riley qui sont sortis vainqueurs d’un Bedlam Game comme on les aime, sur le score incroyable de 62 à 52.

Durant 60 longues minutes (plus de 4h de jeu effectif), les deux programmes ont offert un festival offensif que les amoureux de football universitaire sauront apprécier. “A toi, à moi”, chacun leur tour, Sooners et Cowboys se sont rendus la pareille pour au final, cumuler 114 points (record de la rivalité), 1446 yards et 62 first downs. Des statistiques à peine croyables.

Mais au-delà d’un tel spectacle, une fois l’engouement fini, ce match nous permet d’en savoir plus sur l’avenir de la saison pour les deux équipes. Les trois grands points à retenir de cette rencontre.

1. Oklahoma plus que jamais dans la course au CFP (mais il serait tant de se construire une défense).

Premièrement, il est logique de parler de l’importance de cette victoire pour la course au College Football Playoff. Alors que #6 Ohio State et #7 Penn State ont chuté, entre autre, Oklahoma a sans aucun doute remporté une victoire significative pour la suite de la saison. S’imposer face à un adversaire digne du Top 10 national et du calibre d’Oklahoma State n’est pas chose aisée, d’autant plus lorsque vous devez vous déplacer à Stillwater.

Lors de cette victoire, les Sooners ont une nouvelle fois prouvé qu’ils comptaient sur la meilleure attaque au niveau FBS. Baker Mayfield a certes concédé deux interceptions, mais le quarterback a une nouvelle fois époustouflé de son talent (plus de détails ci-dessus). De plus, avec le matche en demi-teinte du receveur CeeDee Lamb, le senior s’est trouvé une nouvelle grosse arme aérienne en la personne de Marquise Brown (9 réceptions pour 265 yards et 2 TDs).

Considéré comme la quatrième cible des Sooners jusque là, ce dernier a littéralement explosé face aux Cowboys.

Cette bonne surprise ne peut que renforcer la suprématie du programme en terme d’attaque aérienne, qui attend toujours de faire face à une couverture défensive digne de ce nom. De son côté, le jeu au sol n’a pas été exceptionnel, mais il fut très efficace en revanche. Le running back Rodney Anderson a surtout affirmé sa belle progression (111 yards et un TD en 21 portées). Très discret en début de saison, le sophomore monte peu à peu en puissance, ce qui ne fait que renforcer la force de frappe au sol d’Oklahoma.

Avec une telle armada offensive, les Sooners sont incontestablement un favori pour le titre national, mais il suffit de se pencher sur la tonne de problèmes défensifs pour se refroidir à l’idée de voir les joueurs soulever le trophée en janvier.

Clairement, la défense affiche presque un niveau de FCS. Très attentiste, le secondary s’est fait marcher dessus par Mason Rudolph et son impressionnante escouade de receveurs. Alors bien sûr, le quarterback des “Pokes” a été intercepté à deux reprises, mais il est inadmissible de proposer un tel marasme défensif lorsque vous présentez des objectifs si élevés de College Football Playoff.

Pourtant, les cornerbacks ont proposé de belles actions de temps à autre, mais les big plays ont été fatals. Ce manque de régularité fait défaut depuis septembre, par ailleurs.

Quant à la défense contre la course, celle-ci n’a jamais trouvé la solution face à Justice Hill (228 yards et 2 TDs en 30 courses). Ce dernier s’est baladé, cassant un nombre incalculable de plaquages. Le manque cruel d’impact est à noter dans le front seven. Cela est décevant puisque les Sooners ont toutefois les capacités de monter en intensité, comme on a pu le voir lors de deux ou trois séquences défensives où Oklahoma State a été dans l’obligation de taper un field goal.

Mike Stoops, le coordinateur défensif, doit trouver des solutions au plus vite si Oklahoma ne veut pas se mordre les doigts lorsque Baker Mayfield quittera le campus de Norman.

2) Oklahoma State a déjoué.

“C’est incompréhensible.”

Voilà comment les fans des Cowboys ont du réagir à la vue des performances défensives de leur équipe. Et cette réaction peut se comprendre. En effet, durant la semaine précédant le choc, tout le monde était d’accord pour dire que l’équipe présentant la meilleure défense l’emporterait. Cela est souvent le cas lorsque deux des meilleurs attaques du pays s’affrontent. Oklahoma State partait donc sur une longueur d’avance dans ce domaine.

Car lors de la première partie de saison, la défense a répondu aux attentes, provoquant un bon nombre de pertes de balle et mettant beaucoup de pression sur leurs adversaires. Tout le contraire de ce qui s’est passé face au rival historique de l’Etat.

Si les deux interceptions provoquées et les 5 sacks empochés semblent s’opposer à ce raisonnement, ces jeux défensifs n’ont fait que cacher le naufrage des Cowboys, notamment de la part du secondary qui a déjoué alors qu’il offrait auparavant une assurance dans la couverture.

Alors comment expliquer cet échec défensif ? Bien sûr, le fait que l’attaque des Sooners ait été extrêmement bonne joue dans la balance, mais un autre facteur est à souligner : le complexe d’infériorité.

Dans l’histoire de Bedlam, Oklahoma a très souvent vaincu Oklahoma State et cela dure toujours depuis la prise de fonction de Mike Gundy. Celui-ci reste d’ailleurs sur un record de 2-11 face aux rouges et blancs. Et samedi, le coaching staff des Cowboys n’a une nouvelle fois pas trouvé comment contrer Oklahoma. Qui plus est, Mike Gundy n’a pas osé prendre des décisions risquées, ce qu’il fait pourtant toujours en temps normal. Par exemple, il n’a pas préféré tenter une 4&1 pour assurer.

Malheureusement, ce manque de punch et de prise de risques sur lesquels repose Oklahoma State d’habitude a sûrement joué un rôle dans cette défaite.

3) Baker Mayfield s’inscrit en tant que favori pour remporter le Heisman Trophy.

Enfin, terminons ce bilan par l’homme de la rencontre : Baker Mayfield.

Totalement injouable, il s’est montré excellent du début à la fin de la rencontre (24/36, 598 yards et 5 TDs malgré 2 INT). Cette incroyable performance renforce l’idée que le quarterback répond toujours dans les moments importants et dans les grands matchs en général. Une troisième tentative avec 13 yards à aller chercher ? Passez-lui le ballon. Besoin de finir une action dans la red-zone ? Passez-lui également le ballon.

Bayker Mayfield est juste impressionnant de facilité et de sérénité. Il ne semble jamais faiblir et c’est cela qui fait aujourd’hui de lui un concurrent sérieux au trophée Heisman. Avec les contre-performances de tous les autres grands concurrents (voir ci-dessous), le quarterback et leader des Sooners se place effectivement en tête dans de nombreux classements après cette dixième semaine de compétition.

Il faudra voir s’il tiendra cette cadence jusqu’au bout mais en tout cas, cette dernière année universitaire est d’ores et déjà réussie.