One Shining Moment. Ou tout du moins pour les arbitres, cette fois-ci.

17 joueurs sont entrés en jeu lors du National Championship Game entre les deux équipes. Mais en fin de compte, aucun de ceux-ci n’ont eu un impact aussi important que les trois arbitres de la rencontre.

Ce n’est pas une chose facile à dire. Les arbitres se sont chargés de désigner le champion national. Ce n’est pas censé fonctionner de cette manière, mais qu’on le veuille ou non, il s’agit d’une réalité.

Certes, précisons-le tout de suite. North Carolina mérite de remporter le titre national au vu de la saison accomplie et a mieux joué que Gonzaga lors de cette finale, bien que ce ne soit pas flagrant du tout. De plus, Kennedy Meeks a dominé Przemek Karnowski, qui, avant même de se retrouver tiraillé par les fautes, connaissait une rencontre catastrophique.

UNC a timidement remporté ce que l’on envisageait comme le point crucial lors de cette finale, et c’est (un peu) à cause de cette partie manquée par le pivot polonais que les Tar Heels l’emportent. Ce dernier a manqué plusieurs tirs à 2 mètres du panier qui coutent finalement très cher, des tirs qu’il a réussi tout au long des cinq années de sa carrière universitaire.

Mais on ne peut s’empêcher de penser ce que l’issue de la rencontre aurait été sans les fautes lancées à la volée.

La première mi-temps était relativement bien arbitrée, avouons-le, surtout en la comparant à la seconde. Les 20 dernières minutes du plus grand événement de la saison, devant 77.000 paires d’yeux à Glendale et des millions de spectateurs de l’autre côté de leur poste de télévision, ont été une parodie de basketball. Ni plus, ni moins.

Est-ce normal de siffler quatre fautes lors de 78 premières secondes du deuxième acte ? Neuf fautes avant le premier temps-mort pour les médias, 16 avant le second et 22 avant le troisième ?

La réponse est simple : non.

Je suis certain que n’importe quel spectateur durant la rencontre s’est demandé, à au moins une seconde, ce que foutait les arbitres sur le terrain.

Encore une fois, la réponse est simple : ¯\_(ツ)_/¯

Ces coups de sifflet incessants, ces temps-morts interminables, ces replays inutiles (et j’en passe) ont eu un effet dramatique sur l’issue de la rencontre, qu’on le veuille ou non, à nouveau. La révélation de ce Final Four parmi les troupes de Gonzaga, Zach Collins, a été forcé de rejoindre le banc définitivement pour cinq fautes alors qu’il restait 15 MINUTES 53 SECONDES à l’horloge.

Le meilleur joueur de cette finale (et possiblement le seul que l’on retrouvera à haut niveau en NBA) a seulement joué 14 minutes. 5 FAUTES sifflés contre lui EN 14 MINUTES. Et deux, si ce n’est trois de ces fautes sont complètement fantomatiques.

D’ailleurs, sa quatrième faute rélève tout simplement du comique et ne mérite même pas que l’on s’attarde dessus tant elle est outrageuse.

Mais ce n’est pas tout. Johnathan Williams et Przemek Karnowski (qui a pris une faute flagrante absolument honteuse après un replay de trois minutes sur le bord de touche, qui plus est) ont joué la majorité de la seconde période avec 4 fautes à leur compteur. Même chose pour Kennedy Meeks et Isaiah Hicks du côté des champions.

Et n’oublions pas les dernières secondes de la rencontre, où l’incompétence des arbitres s’est mêlé avec un règlement presque obsolète.

Kennedy Meeks saute sur une balle à terre, qui semblait être en la possession de Silas Melson. A quelques centimètres de l’arbitre de touche, qui avait les yeux rivés sur l’action, Kennedy Meeks se bat naturellement pour la balle mais avec la main sur la ligne de touche.

Rien n’a été sifflé à l’encontre du Tar Heel (et on apprend après le match que de toute manière, ce jeu n’était pas légalement re-visionnable d’après le règlement). North Carolina récupère même la possession à cause de la règle largement critiquable de la flèche de position. Une flèche qui rend une balle contestée à tour de rôle entre les équipes plutôt que de jouer une “jump ball”.

Bref.

On s’attendait à une finale où les bouchers de Gonzaga et North Carolina se battraient en duel afin de propulser leur équipe vers le titre. La réalité est bien lointaine.

Les big men ont davantage passé de temps à se battre pour ne pas prendre une nouvelle faute, et encore, ce n’était vraiment pas simple. C’est tout bonnement honteux de se retrouver au National Championship Game et de voir les principaux acteurs de cette rencontre lutter pour rester sur le parquet à cause de décisions arbitrales plus que douteuses.

Et tout amateur de basketball le sait pertinemment, se retrouver avec des fautes au compteur change complètement la façon de jouer. Cela n’a pas manqué.

Lors du money time, aucun joueur ne pouvait défendre comme il se doit pour un tel moment. Aucun intérieur ne pouvait se livrer à fond. Et faut-il le rappeler, il s’agit d’un moment définissant la carrière d’un joueur, l’histoire d’une université ; ce n’est pas une simple kermesse d’école.

Mais il faut croire que l’égo des arbitres a pris le dessus sur la finale elle-même.

Pourquoi une telle différence entre la première et la seconde période ? Que s’est-il passé dans la tête des arbitres pour voler le pouvoir aux joueurs, aux véritables acteurs de cette finale ?

On est arrivé à un point, lors du match, où il était impossible de se déplacer sur le parquet et de défendre un minimum sans être sous le coup d’une faute venant de nulle part. C’est grave, très grave. Le rôle des arbitres n’est pas de définir l’issue, comme il a été le cas cette nuit, et tout le monde peut tomber d’accord sur ce point.

Des changements drastiques doivent être opérés par la ligue universitaire.

Tout d’abord, il faut savoir que les arbitres universitaires sont employés à mi-temps (oui, ce n’est pas leur activité principale, aussi incroyable soit-il) par chacune des conférences de la NCAA. Vous lisez bien. La ligue universitaire ne possède pas d’arbitres attitrés, et encore moins des arbitres professionnels.

C’est insensé de se retrouver dans cette position alors que la March Madness produit des centaines de millions de dollars en revenus à la NCAA. Il est nécessaire que celle-ci acte immédiatement pour améliorer les conditions du jeu universitaire. Tout de suite, sans attendre.

Et puis, afin de vous achever dans les règles de l’art, sachez que les seuls hommes sur le terrain la nuit dernière à être payé sont les trois arbitres. Les 17 joueurs recevront un montant total de $0 pour leurs performances, ruinées par les seuls hommes auxquels on attendait un tant soit peu de compétence.

One Shining Moment. Ou tout du moins pour les arbitres, cette fois-ci.