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(Crédit photo : Keith Srakocic - AP Photo)

Un transfert immédiat à usage unique adopté pour tous les athlètes en NCAA : ce que cela implique

Le fonctionnement de la ligue de sport universitaire poursuit son évolution au bénéfice des athlètes. D’après un rapport initial de Nicole Auerbach (The Athletic), le Conseil de Division I a adopté une législation uniforme vis-à-vis du système de transfert afin de permettre aux étudiants de tous les sports sponsorisés par la NCAA de valider un transfert sans avoir à attendre une année pour obtenir leur éligibilité.

En résumé : tous les athlètes profitent dès à présent d’un transfert immédiat à usage unique.

La nouvelle législation entre en vigueur pour l’ensemble des sports universitaires, football et basketball masculin inclus. Les athlètes pourront ainsi opérer un transfert, avec effet immédiat, une seule fois au cours de leur carrière. A l’heure actuelle, tous sauf 5 sports fonctionnent déjà avec une telle règle de transfert.

Ces sports étant, bien entendu, le football, basketball masculin, basketball féminin, baseball et hockey masculin.

Elle permet aux athlètes en instance de transfert, aujourd’hui, de bénéficier d’un transfert immédiat dès la saison sportive en 2021-22.

Le Conseil de Division I a officiellement voté en faveur de cette législation au cours de la journée de jeudi. Et, même à l’unanimité des membres du Conseil, selon The Athletic.

Autoriser les athlètes-étudiants à profiter d’une seule opportunité de transfert pour concourir immédiatement offre une approche uniforme, équitable et compréhensible qui bénéficie à l’ensemble des athlètes-étudiants.

partage le Vice-Président du Conseil de Division I, Jon Steinbrecher.

La législation précise également que les athlètes de sports d’automne et d’hiver doivent notifier leur transfert avant le 1er mai, pour être éligible à un transfert immédiat. Et, pour les athlètes de sports de printemps, avant le 1er juillet.

Du fait de la situation actuelle et d’une saison sportive tronquée par la pandémie du COVID-19, les athlètes possèdent en 2020-21 jusqu’au 1er juillet pour partager leur décision.

Dans la lignée du portail des transferts

Cette évolution est majeure sur de nombreux points.

Le pouvoir se rapproche encore des athlètes et s’éloigne un peu plus des entraineurs et de l’administration des universités. Il devient en effet plus compliqué pour les instances dirigeantes de bloquer ou entraver le départ des étudiants ; que ce soit en empêchant le départ sur transfert ou en forçant les athlètes à attendre une année pour retrouver leur éligibilité.

La NCAA a pris une telle direction (en faveur des athlètes) depuis quelques années.

Avec une flexibilité accrue dans l’attribution d’exemption (ou “waivers”), et, puis, avec l’institution du portail des transferts.

(Nous reviendrons en détails sur la situation actuelle du portail des transferts dans les prochains jours, restez à l’affût.)

A savoir que le Conseil de Division I devait voter et adopter cette législation en janvier dernier. Toutefois, le vote a été repoussé à la suite d’une lettre du Département de Justice des Etats-Unis qui touchait à la nouvelle proposition de transferts et à la situation sur les droits d’image en faveur des athlètes.

La nouvelle législation de transfert immédiat à usage unique, pour tous les sports universitaires, devrait en tout cas permettre de court-circuiter le système fastidieux et hautement incohérent des exemptions (ou “waivers”).

Qu’implique le transfert immédiat à usage unique ?

La majorité des sports sponsorisés par la NCAA s’était déjà adaptée à une situation où les transferts uniques à effet immédiat étaient autorisés.

Et, oui, le ciel ne leur est pas tombé sur la tête.

[Le transfert immédiat à usage unique] a généralement marché en faveur des sports qui l’ont adopté. Cela nous indique alors qu’il peut fonctionner pour tous les sports.

Je sais que, s’il entre en vigueur, cela rendra le gestion des effectifs plus compliqué du point de vue des entraineurs et des programmes. Mais, nous pensons que cela peut être contrôlé. Il existe une tendance à envisager le pire scénario et à croire que le ciel nous tombe sur la tête à chaque fois qu’un changement majeur se produit.

déclarait John Swofford, Commissionnaire de la conférence ACC, au micro de Nicole Auerbach pour The Athletic.

Au moment où le Conseil de Division I avait proposé un élargissement de cette législation de transfert à l’ensemble des sports, en février 2020, Nicole Auerbach s’était entretenu avec des head coaches de sports mineurs où la règle était déjà en vigueur. Afin de répertorier les impacts de la législation et de comprendre les changements que cela apportait.

Les head coaches en question ?

  • Kelly Sheffield, head coach du programme de volleyball à Wisconsin.
  • Lars Tiffany, head coach du programme de lacrosse masculin à Virginia.
  • Marc Hubbard, head coach du programme de soccer à New Hampshire.
  • John Cook, head coach du programme de volleyball de Nebraska.

Une des craintes majeures soulevée par les entraineurs avec cette nouvelle législation est la disparition de l’accord tacite qui empêche le recrutement d’un joueur inscrit dans une autre université. Mais, ouvrez les yeux, chers amis : cela existe déjà.

Le recrutement ne s’arrête pas à l’engagement d’un athlète auprès d’une école.

Une deuxième étape de celui-ci débute même au moment de l’engagement.

Cela se produit déjà en volleyball. [Les entraineurs] passent juste par d’autres entraineurs.

Disons : tu es un entraineur qui a dirigé une fille et pour laquelle tu veux obtenir un transfert. Tu pourrais juste appeler et dire : “Salut, tu connais quelqu’un qui voudrait partir sur transfert ? On a une place disponible. Comment vont tes anciens joueurs ? Est-ce qu’ils sont heureux ?” Et c’est comme cela que ça démarre. Les entraineurs ont beaucoup de pouvoir aujourd’hui et ils peuvent se transformer en négociateur pour un paquet de transferts.

Ce qui est fabuleux est ce qui se passe quand un joueur entre dans le portail et que, le jour suivant, ils sont déjà engagés ailleurs. Tu sais que c’était arrangé d’avance.

explique John Cook, head coach du programme de volleyball de Nebraska, à The Athletic.

Il faut aussi prendre en compte la connotation négative que la décision d’un transfert porte depuis des décennies. Or, l’aspect sociétal du transfert a évolué dans l’histoire récente. Il ne faut plus l’envisager comme un abandon de poste face à une adversité relative.

Du fait d’une identité d’athlète-étudiant renforcée, avec des hommes et des femmes qui prennent davantage le pouvoir de leur carrière (académique et sportive) en mains, les transferts ont été normalisés par les revirements plus fréquents.

On voit en NBA que les joueurs bougent parce qu’ils veulent gagner des titres. On ne veut pas cela dans notre sport.

Il existe de bonnes raisons de rechercher un transfert, comme vos priorités académiques ou votre objectif de diplôme, qui peuvent avoir changé. Parfois, vous prenez une mauvaise décision sur la compatibilité [avec un programme ou une université]. Ce n’était juste pas le bon endroit. Je veux que le portail des transferts soit accessible à ce genre de personnes.

Mais, je grince des dents quand celui-ci devient : “Je pense que je peux atteindre un meilleur niveau de lacrosse et concourir pour un titre national.”

avoue Lars Tiffany, head coach du programme de lacrosse masculin à Virginia.

Le portail des transferts ne deviendrait-il pas un “mercato” afin de trouver une meilleure équipe ? Cela ne créerait-il pas des niveaux de plus en plus éloignés entre l’élite, les universités du Power Five/Six et le reste des écoles moins huppées ? Peut-être.

Mais, ne perdez pas à l’esprit qu’une telle hiérarchie et qu’une telle soif de succès immédiat existe déjà parmi les recrues à la sortie du lycée. Au sein du processus de recrutement classique.

Le transfert immédiat à usage unique devient, en essence, un moyen de corriger une erreur sans pour autant subir les pots cassés avec la perte d’une année d’éligibilité.

Pourquoi les athlètes devraient-ils perdre une saison complète s’il quitte leur université sur transfert au moment où leur head coach (qui les a recruté dans la plupart des cas) s’envole pour une opportunité et/ou un chèque plus attractif ? Les employés n’ont-ils pas la possibilité, aussi, de quitter leur emploi pour un autre s’ils ne s’y sentent pas à l’aise ou s’ils veulent obtenir une meilleure rémunération ?

Cette législation n’ouvre pas une quelconque boite de Pandore. Celle-ci a déjà été ouverte depuis plusieurs années.

Elle évite de passer systématiquement par l’imprévisible et lunatique système de demandes de “waiver”. Et elle aide simplement à fluidifier le processus de transfert ; qui est devenu, faut-il l’avouer, une réalité de l’expérience universitaire pour joueurs et entraineurs.

Le règle du transfert immédiat à usage unique a également été implémentée en réponse aux entraves posées par les head coaches.

Notamment, ceux qui ne souhaitaient pas le départ de leurs athlètes.

Ou ceux qui n’accepte pas un transfert vers telle ou telle école.

Il semblerait que les athlètes doivent toujours être libérés de leur bourse universitaire afin d’être éligible pour un transfert immédiat. Mais, il faut tout de même savoir que les entraves des entraineurs et/ou universités sont très rares.

Je n’ai aucun problème avec les transferts.

Les gens changent de boulot. Les gens déménagent. La moitié des gens de ce pays signe un divorce. Je ne comprends pas pourquoi les transferts [en NCAA] ont une connotation si négative. C’est un moment de la vie où les [athlètes] grandissent et apprennent. Certainement, ils ont un lien avec le sport ; mais tout n’a pas forcément un lien avec le sport.

Si tu te dis que “Cela ne me convient pas” pour une raison ou bien si tu te dis que “Je ne suis pas heureux”, ce n’est pas grave. Tu seras heureux ailleurs. C’est tout.

explique Kelly Sheffield, head coach du programme de volleyball à Wisconsin.

Plutôt que de se plaindre et que de trainer les pieds, les administrations universitaires devraient accepter cette nouvelle organisation et mettre le pied à l’étrier au plus vite. Le train ne les attendra pas.

Le portail des transferts est devenu une part intégrale de la vie sportive en NCAA.

Pour les athlètes, bien sûr, mais également pour les entraineurs.

On vérifie le portail tous les jours parce qu’on est certain d’avoir des transferts. C’est une vraie saison du portail. Et on se dit “Qui est entré dans le portail aujourd’hui ?”. Vous savez, vous pouvez travailler avec celui-ci et profiter de ses avantages, ou pas.

rend compte John Cook, head coach du programme de volleyball de Nebraska.

Ne vous inquiétez pas, les programmes qui composent déjà avec le transfert immédiat à usage unique ne se retrouvent pas à reconstruire 50% (ou plus) de leur effectif avec le portail des transferts. Et, ils ne perdent pas non plus leurs meilleurs athlètes à chaque saison. Ce n’est pas une réalité.

Le nombre de bourses universitaires allouées et le nombre d’athlètes éligibles pour chaque programme permettent de réguler les mouvements.

L’offre et la demande, mes chers amis.