Une évolution du règlement à propos des transferts serait une bonne chose si elle est réalisée correctement.

Le sport universitaire moderne évolue rapidement, plus rapidement que son règlement qui peu à peu tombe dans l’obsolète. La NCAA s’en est rendu compte et s’attelle aujourd’hui à la réforme du règlement concernant les transferts.

Le Division I Council Transfer Working Group s’est réuni cette semaine afin de discuter des améliorations potentielles que la ligue universitaire pourrait entreprendre au sein du monde des transferts, et notamment en ce qui concerne la permission de contacter une autre université.

La NCAA aimerait donner plus de contrôle aux athlètes-étudiants eux-mêmes, tout en uniformisant le règlement avec une mise à plat probable des graduate transfers.

A ce jour, un athlète-étudiant souhaitant quitter son université pour x ou y raison doit obtenir la permission de celle-ci afin d’entrer en contact avec une autre université. Ce procédé permet aux écoles de tenir en otage leurs joueurs et de bloquer les discussions avec certaines facs. Cet aspect est extrêmement important puisqu’un athlète-étudiant ne peut obtenir d’aide financière de sa future université si le contact n’est pas approuvé par l’école de départ.

La NCAA juge que “l’aide financière (i.e. bourse universitaire) ne devrait pas être rattachée à la permission d’entrer en contact d’une université“.

L’ancien receveur de Kansas State, Corey Sutton, a récemment mis en exergue le côté draconien et injuste de cette règle. Il désirait quitter les Wildcats le mois dernier mais Bill Snyder s’y est opposé en n’acceptant aucune permission de discuter sur les 35 demandes du joueur.

Corey Sutton n’a pas eu d’autre alternative que de déballer son sac sur la place publique (de manière plutôt agressive) afin d’obtenir une voix dans cette histoire ; cela a finalement fonctionné puisque Kansas State a libéré le joueur de sa bourse universitaire et celui-ci s’est engagé à rejoindre l’équipe d’Appalachian State.

En suivant la règlement actuel, Corey Sutton n’aurait pas pu obtenir une aide financière de la part d’Appalachian State si Kansas State n’avait pas permis au joueur de discuter avec d’autres universités. Tout ce cirque aurait été évité si les universités ne possédaient pas autant de contrôle.

Le règlement à l’étude permettrait ainsi à l’athlète-étudiant de recevoir une aide financière après un transfert, même dans la cas où son ancienne université ne lui ait accordé la permission de contacter.

Le groupe de discussion a également touché au sujet de l’éligibilité des athlètes-étudiants après l’obtention de leur diplôme, plus connu sous le nom de graduate transfers.

La ligue universitaire semble d’accord pour conserver une éligibilité immédiate lorsqu’un joueur quitte une université sur transfert avec son diplôme en poche, mais elle souhaite restreindre une vague qui est devenue massive ces dernières années, que ce soit en football et surtout en basketball.

Une des idées proposées serait que la bourse universitaire d’un athlète-étudiant se trouvant dans un tel cas soit comptée dans la limite des bourses allouées par une université pendant deux ans, que le joueur reste une ou deux saisons sur le campus. Une seconde idée serait d’intégrer les graduate transfers au sein de l’APR (Academic Progress Rate) de leur nouvelle université.

Ce dernier point permettrait ainsi à la ligue universitaire de pénaliser les écoles qui ne respecteraient pas les exigences académiques de l’APR, à l’instar de ce qu’a mis en place la conférence SEC. Cette dernière bloque l’arrivée de graduate transfers au sein d’une école si un de ceux-ci ne respecte pas les exigences de l’APR.

La durée d’interdiction de l’accueil de nouveaux graduate transfers était de trois ans, mais elle est passée à un an le mois dernier. Ce changement a été engendré par l’arrivée de l’ancien quarterback de Notre Dame, Malik Zaire, sur le campus de Florida.

Le groupe de discussion espère enfin uniformiser le règlement des transferts, mais cette tâche s’annonce possiblement la plus ardue de toutes.

Une telle uniformisation serait mise en place afin que “tout le monde suive les mêmes règles, quel que soit les sports pratiqués“. Aujourd’hui, certains sports autorisent les transferts sans perte d’éligibilité alors que d’autres, comme le football et le basketball, forcent à perdre une année d’éligibilité à la suite d’un transfert entre deux universités.

Deux modèles distincts ont été ouverts à la discussion : le premier où tous les athlètes-étudiants devraient abandonner une année d’éligibilité afin de s’acclimater à sa nouvelle université, et le second où tous les athlètes-étudiants pourraient jouer immédiatement au sein de leur nouvelle école (sous réserve de résultats académiques satisfaisants).

La NCAA se trouve face à un problème compliqué à résoudre car un choix particulier entre ces deux modèles enverrait un message fort. Sans perte d’éligibilité, elle donnerait beaucoup plus de pouvoir aux athlètes-étudiants mais elle déréglerait également un système qu’elle souhaite encadrer de meilleure manière. En forçant une perte d’éligibilité, elle prendrait le rôle du vilain gendarme et le règlement ne bénéficierait pas aux joueurs, ce qui est la volonté principale de celui-ci.

Difficile de savoir quelle direction la NCAA compte prendre à propos des transferts. Mais on ne peut que se féliciter de la prise de conscience que le règlement actuel ne convient pas au monde actuel.