Lamar Jackson n'a rien pu faire contre la solidité générale de NC State. Oui, c'est une phrase qui a du sens en 2017.

La conférence ACC devait revenir à Clemson ou Florida State. Louisville pouvait jouer les trouble-fêtes, sur un malentendu. Mais deux de ces équipes se trouvent déjà éliminées de la course au titre.

Pourquoi ? NC State ne l’entendait pas de cette oreille.

Le quatrième larron de la division ACC Atlantic ouvre le mois d’octobre en tant que principal, si ce n’est unique adversaire pour empêcher Clemson de remporter la conférence une troisième saison consécutive. Le Wolfpack s’est débarrassé des Seminoles il y a deux semaines, au terme d’une rencontre dominée de bout en bout, afin d’entrer de plein pied dans la conversation.

La réception de l’équipe du dernier Heisman Trophy faisait office de second test, censé confirmer ou infirmer les chances de NC State. Tous les projecteurs étaient fixés sur cette rencontre du jeudi soir. Ceux du Carter-Finley Stadium de Raleigh et ceux des observateurs, qu’il s’agisse des médias nationaux ou des yeux de spectateurs lambda.

Lamar Jackson concentrait une bonne partie de l’attention, à juste titre. Pourtant, il repart sur son campus de Louisville sorti de la conversation pour remporter un titre en fin de saison.

Les derniers instants de la rencontre apparaissent comme un symbole d’un tel changement. Le quarterback des Cardinals, derrière au score de 7 points alors qu’il ne reste plus qu’une poignée de minutes au chronomètre, possédait entre ses doigts une ultime chance de raccrocher le wagon et de continuer à espérer.

Toutefois, à l’image d’une rencontre où la défense a joué un rôle de tampon face à la furie offensive de son adversaire, Lamar Jackson lance une interception destructrice retournée en touchdown. 39-25, tirez les rideaux, il n’y a plus rien à voir.

Le Heisman Trophy en titre s’est d’ailleurs heurté à une ligne défensive en grande forme ; il s’agit d’une constante qui revient inlassablement sur le devant de la table. L’excellent defensive end du Wolfpack, Bradley Chubb, ouvre la partie avec un sac dès la deuxième action. Le defensive tackle Eurndraus Bryant en ajoute deux supplémentaires et le safety Shawn Boone participe également à la fête en plaquant le quarterback adverse derrière la ligne de démarcation.

Ces quatre sacks représentent parfaitement la pression défensive que le Wolfpack a initié du début à la fin du match. L’interception au moment le plus crucial est la cerise sur le gâteau.

Il est impossible de lutter contre Clemson sans une défense un tant soit peu efficace. NC State possède vraisemblablement la meilleure escouade défensive que les Tigers affronteront jusqu’à la fin de saison.

Les hommes de Dabo Swinney ont affronté la superbe défense d’Auburn au début du mois de septembre et comme par magie, ils ont été limité à seulement 14 points en l’espace de 60 minutes. NC State ne réalisera pas une telle performance. En revanche, l’escouade de Dave Doeren peut espérer rivaliser avec les Tigers en limitant ces derniers à une vingtaine de points.

Et oui, l’attaque du Wolfpack possède des atouts indéniables pour lutter face aux champions nationaux en titre.

Certes, le talent général n’est pas le même que celui de Clemson ou Florida State. Ils ne peuvent pas compter non plus sur un joueur aussi transcendant que celui de Lamar Jackson pour Louisville. Mais le quarterback Ryan Finley est un atout incroyable et une pièce indéniable du succès de NC State.

L’ancien quarterback de Boise State, qui a obtenu son diplôme en trois ans avant de prendre un billet d’avion pour la Caroline du Nord, n’a toujours pas lancé une interception de la saison. En 192 tentatives. Il ne lance pas nécessairement une tonne de touchdowns (9) mais son pourcentage de passes complétées n’est jamais descendu en deçà des 60% après cinq rencontres.

Le natif de l’Arizona contrôle le ballon sans fautes grossières et manie le système pro-style du Wolfpack avec brio. Et il arrive qui plus est à faire tourner le cuir vers de très bons playmakers qui le suppléent.

Le running back junior Nyheim Hines monte en puissance semaine après semaine et devient une force dans le backfield du Wolfpack. 94 yards face à Florida State, 115 yards et un touchdown face à Syracuse et désormais, 102 yards et 2 touchdowns face à Louisville. La première incursion dans l’en-but a d’ailleurs permis à NC State de prendre une avance de 10 points (17-7) que Louisville n’est jamais arrivée à remonter.

Le couteau-suisse Jaylen Samuels n’a pas connu une partie à la hauteur de son talent contre les Cardinals, mais une réception cruciale de 79 yards lors du deuxième quart-temps a complètement changé la physionomie de la rencontre, en inversant le placement du terrain en faveur de NC State.

Le Wolfpack a accumulé 520 yards offensifs lors d’une soirée où il n’a jamais été mené au score.

Lamar Jackson a beau avoir essayé de faire fonctionner sa magie en seconde mi-temps, avec deux touchdowns inscrits à la course avec une certaine facilité. NC State aurait pu et dû vaciller si l’on prend les années précédentes.

Cette équipe semble différente. Elle a tout de même laissé des points en route et a stoppé le rythme cardiaque de ses supporters à plus d’une reprise. Mais le Wolfpack n’a jamais perdu le fil de la rencontre. Il s’est même imposé sur un changement de possession et une réalisation défensive.

NC State est arrivé à enfoncer le clou sur le dos des Cardinals lorsqu’il le fallait. Les Seminoles ont subi le même sort deux semaines plus tôt. Et cette évolution du Wolfpack est possiblement le point qui permet de croire en eux pour arrêter le course inexorable de Clemson jusqu’au College Football Playoff.

Il est l’heure de prendre sérieusement en compte cette équipe de NC State. Le Wolfpack a sorti les crocs et est prêt à mordre n’importe quel adversaire.

Mais bien plus qu’une capacité à renverser ses adversaires, NC State s’est tout simplement invité dans la course au titre de conférence ACC. Clemson est d’ores et déjà prévenu.