One-and-done, stop ou encore ? La question refait une nouvelle fois surface dans les discussions entre la NBA et le syndicat des joueurs.

Le commissionnaire de la NBA, Adam Silver, a annoncé lors d’une conférence de presse qu’il pensait fortement à modifier l’âge minimum d’entrée dans la ligue professionnelle, en ajoutant qu’il s’agit de “l’un des sujets que nous devons étudier ensemble.”

Depuis 2006, les joueurs qui veulent s’inscrire à la Draft NBA doivent au minimum avoir 19 ans durant l’année. C’est à dire, qu’un joueur doit obligatoirement avoir atteint sa dix-neuvième année entre janvier et décembre de l’année de la Draft. Cette règle oblige donc les joueurs qui sortent du lycée d’attendre une année avant de rejoindre la NBA. Pour ce faire, l’immense majorité d’entre eux décident de rejoindre une université pour une seule saison : ce que l’on appelle le one-and-done.

Durant cette conférence de presse, Adam Silver a annoncé que les deux camps, la NBA et le syndicat des joueurs, étaient d’accord sur une chose : abroger ce point de règlement.

Nous sommes d’accord sur le fait qu’il faut changer quelque chose.” Cependant, pour le commissionnairel’âge limite doit passer à 20 ans : “Notre position de base durant les négociations [du nouveau CBA*, ndlr] était d’augmenter l’âge d’entrée à la Draft de 19 à 20 ans,” alors que la position du syndicat des joueurs “était de baisser l’âge limite de 19 à 18 ans.”

La raison principale de ce changement pour la NBA est que ce point de règlement est loin d’être bénéfique pour tous les joueurs : “Cette année nous projetons d’avoir 20 joueurs en one-and-done qui vont être sélectionnés alors que lorsque nous avons changé l’âge minimum de 18 à 19 ans en 2006, il y en avait deux. Donc, selon moi, cela ne fonctionne pas pour tous les joueurs.

Reste à savoir si les deux camps réussiront à s’entendre. En tout cas, c’est un système qui ne plaît pas à tout le monde et en NCAA en premier lieu. De nombreux head coachs se plaignent régulièrement de cette règle. Des entraîneurs qui, selon Adam Silver, n’en sont pas contents.

Ça ne fonctionne pas, c’est ce que j’ai entendu de certains head coaches et directeurs athlétiques. Ils ne sont pas heureux avec le système actuel. Et je sais que nos équipes NBA ne sont pas heureuses non plus parce qu’elles pensent que les joueurs n’arrivent pas avec l’entraînement nécessaire pour un joueur de lottery.

Le problème est que le nouveau CBA signé en janvier dernier doit entrer en vigueur en juillet et pour les sept ans à venir, soit jusqu’à la saison 2023/2024. Si cela n’empêche en rien les deux parties de renégocier cet accord, il semble difficilement imaginable que cela se fasse tant les avis sont divergents entre la NBA et le syndicat des joueurs.

Néanmoins, c’est un sujet qu’il faut continuer de surveiller puisque le changement de l’âge limite d’entrer en NBA, qu’il passe de 18 ou 20 ans, aura un impact direct sur le visage de la NCAA. La ligue universitaire pourrait dans le même temps être obligée de changer quelques points de règlement dans le cas où l’âge limite revient à 18 ans.

Si cela arrive, et que la NCAA nechange rien, ce serait un immense coup dur. Au contraire, si la NBA arrive à faire passer l’âge limite à 20 ans, la NCAA serait la grande gagnante puisqu’elle pourrait alors renégocier ses contrats, et notamment celui des droits de télévision.

L’argent tient encore une fois une place importante dans ce débat. C’est notamment ce que prononce le head coach de Kentucky, John Calipari, dans le documentaire que lui consacrait ESPN, One and Not Done. Bien qu’il déteste ce système de one-and-done, il comprend les joueurs qui le font.

En effet, souvent, les joueurs qui obtiennent une bourse pour jouer au basket à l’université ne viennent pas de quartiers aisés des Etats-Unis. S’ils peuvent après un an à l’université poursuivre leur carrière en NBA et obtenir un contrat, il faut qu’ils foncent car on ne sait pas ce qui peut arriver l’année suivante. Aujourd’hui, un premier choix de Draft obtient un contrat de 26 millions de dollars sur quatre ans. Une somme qui fait réfléchir n’importe quel joueur.

Le dernier mot reste dans les mains de la NBA et du syndicat des joueurs. Un accord, quel qu’il soit, qui changera le visage du basketball universitaire.

* Le CBA, ou “Collective Bargaining Agreement”, est un contrat qui lie la NBA, les 30 propriétaires de franchises et le syndicat des joueurs.