Quels sont les prospects des Mid-Majors qui auront un impact lors de la NBA Draft ?

La très attendue NBA Draft a lieu dans quelques jours, le 21 juin prochain.

Comme chaque année, les mock drafts et les présentations de prospects avancent bon train, toujours avec un petit oubli concernant les joueurs issus des Mid-Majors. Cela tombe bien, c’est notre domaine et on propose un petit dossier sur les cinq prospects qui ont le plus de chance d’être sélectionné, que ce soit au premier ou au deuxième tour.

Attention, cette liste est subjective et représente surtout notre avis personnel.

 

Chandler Hutchison (Boise State, ailier)

20 points, 7.7 rebonds et 3.5 passes en tant que senior.

 

On ne le répète pas assez, mais le chemin parcouru par Chandler Hutchison depuis ses premiers pas en basketball universitaire est juste monstrueux. Il est le parfait exemple qu’il est bien souvent bénéfique de réaliser un cursus universitaire complet, dans le même programme, plutôt que de choisir la voie de la facilité.

De saison en saison, Chandler Hutchinson est passé de simple joueur lambda au bout du banc, à joueur possédant un petit temps de jeu, puis propulsé titulaire pour enfin être le leader offensif des Broncos.

Cela se traduit sur sa ligne de statistiques, notamment en attaque : 3.1 points en freshman, 6.8 points en sophomore, 17.4 points en junior et 20 points en senior.

Pour moi, Chandler Hutchison est probablement le prospect le plus NBA-ready en provenance des Mid-Majors. Ailier athlétique, il est avant-tout un défenseur hors pair. Il peut défendre sur les postes extérieurs mais aussi intérieur (voire poste 5, tout dépend de l’adversité). La combinaison entre la taille et le potentiel athlétique est le profil même des ailiers qui évoluent actuellement en NBA. Il n’a pas peur d’aller au contact et il possède très peu de déchets lorsqu’il attaque le cercle adverse.

Cependant, le plus gros point d’interrogation reste sur son tir et surtout sa mécanique. Oui, il peut marquer des paniers en jumpshot et il travaille dur pour améliorer cet aspect de son jeu, mais cela ne reste pas une valeur sûre.

Chandler Hutchison est le meilleur 3&D des Mid-Majors ; mais peut-il continuer sur sa lancée au sein de la NBA ?

C’est fort possible, tout du moins en sortie de banc. Il peut apporter un peu d’énergie et de défense à l’image de Semi Ojeleye cette année chez les Celtics. A priori, il devrait être sélectionné en fin de premier tour, ce qui semble à la hauteur de son potentiel. Mais voilà, il a effectué un cursus complet et arrive “âgé”, à une époque où l’on sait que les scouts NBA préfèrent un jeune qu’ils peuvent façonner plutôt qu’un joueur qui “ne progressera plus”.

 

Alize Johnson (Missouri State, intérieur)

15 points, 11.6 rebonds et 2.8 passes en tant que senior

 

Vous savez ô combien j’aime la Missouri Valley Conference, en étant fan de Wichita State (même si les Shockers ont quitté la conference depuis la saison dernière). Le prospect que je vous présente et l’un de mes chouchous, il se prénomme Alize Johnson et il a un parcours assez atypique.

Sortant d’un petit lycée, il n’a eu aucune offre de bourse en provenance de programme de Division I. Comme la plupart des joueurs dans ce cas, il a passé un cursus de deux ans en Junior College et après deux saisons monstrueuses, les offres sont arrivées. Missouri State a obtenu la signature du prospect et on peut dire que les scouts ont eu le nez fin.

Alize Johnson est le profil de l’intérieur nouvelle génération, long, mobile, adroit et qui court comme un meneur de jeu. Un intérieur dans le corps d’un arrière, voilà comment résumer le prospect.

(Il était par ailleurs meneur de jeu en Junior College mais il a connu une poussée de croissance lors de sa deuxième année, juste avant son arrivée sur le campus de Missouri State, d’où son replacement dans la raquette)

Alize Johnson est un très bon rebondeur, capable de réaliser un coast-to-coast sans la moindre difficulté, que ce soit au niveau de son dribble ou alors à la finition. Sur jeu placé, il excelle dans les situations de pick-and-pop, en sanctionnant une défense qui ne sort pas fort sur lui avec un tir extérieur… ou bien une défense trop agressive pour finir près du cercle.

Mais il n’y a pas de quoi s’enflammer non plus. On ne le compare pas à Trae Young au niveau de l’adresse à trois points. Il demeure une option viable dans ce domaine, avec quasiment 30% de réussite lors du dernier exercice.

Alize Johnson est le “complete package” de l’intérieur moderne, mais comme il joue dans un programme des Mid-Majors, il ne possède que très peu de hype auprès des scouts NBA. Pour un début ou milieu de second tour, c’est un steal à prendre les yeux fermés !

 

Brandon McCoy (UNLV, intérieur)

16.9 points, 10.3 rebonds et 1.8 contre en tant que freshman

 

Dès son engagement auprès de UNLV, Brandon McCoy avait l’étiquette de “one and done”.

Le prospect a répondu aux attentes pour son unique saison en basketball universitaire avec un titre honorifique de “Freshman of the Year” de la Mountain West Conference en écrasant toutes concurrences. Lors de la saison régulière, quand le joueur enchaînait les bonnes performances, sa côte dans les mock drafts était vraiment bonne, avec une position acquise dans le Top-25.

Et à quelques jours de la NBA Draft, le joueur n’apparaît qu’au 2ème tour et même dans les derniers choix.

Mettons les choses au clair : Brandon McCoy est un prospect de fin de premier tour et possiblement le sleeper de cette Draft.

Son plus gros souci ? Une envergure et de manière générale, un physique un peu en-deça des normes professionnelles. Il reste bien en dessous des pivots de cette cuvée, possédant à peu près le même profil qu’Alize Johnson… et ce ne sont pas les même types de joueur !

Et ses workouts pré-Draft n’ont pas permis de faire grimper sa côte.

Pourtant, Brandon McCoy est joueur très doué au poste, avec un bon footwork et une capacité à toujours bien se placer afin de prendre l’ascendant sur son adversaire direct. Mais les scouts NBA n’ont pas eu la chance d’étudier cette capacité puisque le jeu de UNLV était tellement pourri par les extérieurs, qui ne servaient que trop rarement son intérieur vedette (un problème d’ego selon les insiders au sein du vestiaire). Il n’a pas pu mettre en lumière cet aspect de son jeu et c’est assez désolant, sachant que les adversaires de UNLV défendaient en zone, limitant encore plus l’impact de Brandon McCoy.

Du coup, malgré une ligne de statistiques assez bonne, Brandon McCoy réalisait des prestations frustrantes, prenant des tirs forcés en fin de possession à mi-distance car il ne voyait pas le ballon. Cela a forcément joué en sa défaveur.

On n’a pas eu la chance d’admirer toute l’étendue du talent du joueur et il sera un pari à prendre. Mais son jeune âge (une seule saison en basketball universitaire) peut lui permettre de trouver une franchise qui va prendre son temps pour le développer correctement.

Brandon McCoy est ce genre de pivot dur au mal, un peu old school dans sa panoplie offensive, mais il ne mérite pas d’être drafté au second tour.

 

Kevin Hervey (UT-Arlington, intérieur)

20.5 points, 8.5 rebonds et 2.2 passes en tant que senior

 

J’avais personnellement de grandes attentes pour UT-Arlington au sein de la conférence Sun Belt concernant la saison dernière. Et bien ce fut une belle… déception.

Pas de March Madness, une quatrième place de la conférence à la fin de la saison régulière. Seul un joueur est sorti du lot dans cette jeune équipe : le senior Kevin Hervey. Un Alize Johnson 2.0, intérieur athlétique (un peu moins que ce dernier), mobile et surtout, efficace au niveau de son tir.

On se souvient du buzzer beater contre Texas State à trois points, en mode patron, tout simplement incroyable. Il peut marquer de n’importe quelle position, c’est aussi simple que ça.

Avec une belle et grande panoplie offensive, il intrigue énormément les scouts NBA, qui adorent ce genre d’intérieur capable d’écarter le jeu. Mais voilà sur le plan défensif, cela se complique. Il ne fera pas le poids face à de beaux bébés avec un potentiel athlétique limité (niveau wingspan c’est pas foufou…).

Kevin Hervey n’en reste pas moins un joueur qui sera capable de sortir du banc et d’avoir un petit impact sur le plan offensif. Il lui manque quelques heures à la salle de musculation mais cela sera rapidement réglé. Il sera un choix intéressant au deuxième tour.

 

Melvin Frazier (Tulane, ailier)

15.9 points, 5.6 rebonds et 3.9 passes en tant que junior

 

S’il existe un joueur peu connu juste avant le début de la saison dernière, du moins aux yeux des scouts de la grande ligue, il s’agit bien de Melvin Frazier.

Heureusement, cela a changé après une saison de junior réussie et surtout, lors du NBA Combine, grâce à des mensurations assez exceptionnelles. Son physique et son potentiel athlétique, ce sont évidemment les points qui intéressent bon nombre de franchises en fin de premier tour ou en début du deuxième tour.

Il est un excellent défenseur (merci le physique) et est NBA-ready. Athlète hors-pair, qui peut aussi prendre le relais lorsqu’il faut mettre quelques paniers à longue distance, il reste quand même un pur slasher et sa mécanique de tir à encore besoin de travail pour être vraiment efficace.

Mais le tir, cela se bosse et il ne sert à rien d’avoir trop d’inquiétudes sur ce point, surtout que Melvin Frazier possède la réputation d’être un grand travailleur.

Un 3&D (expression vulgarisée mais qui reflète vraiment le profil des deux prospects) qui est prêt pour les défis de la grande ligue, c’est une jolie addition pour bon nombre de franchises NBA. Surtout qu’un certain Steve Kerr aime bien le prospect.

Cela promet et comme quoi, le travail paye toujours tôt ou tard. Melvin Frazier en est l’exemple.

 


 

N.B : forcément, je n’ai pas écrit sur ce bon vieux Mitchell Robinson puisque monsieur n’a pas foulé les parquets universitaires avec Western Kentucky. Il était prêt pour le niveau universitaire dès sa sortie du lycée mais il reste à voir son développement au cours de son année blanche. Il reste tout de même un bon choix, pas trop haut au premier tour, par contre.