La réelle question est de savoir si les maux actuels de Michigan State se transposeront jusqu'à décembre.

Lors de leur affrontement samedi dernier, les Spartans de Michigan State se sont imposés à domicile face au Fighting Irish de Notre Dame, 38 à 18. La rivalité entre ces deux équipes, qui remonte à 1897, tombe en faveur de ces derniers (49-29-1) ; ou tout du moins jusqu’à la prochaine rencontre entre les deux programmes prévues en 2026. Le Megaphone Trophy restera donc sur le campus de South Bend pendant les neuf prochaines années.

Le match de samedi s’est déroulé à sens unique. Le Fighting Irish a mené aux scores dès la première série et tout au long du match, les Spartans ont tenté de rattraper leur retard. Mais ils se sont retrouvés miné par trois tares : turnovers, pénalités et impossibilité de réaliser des plaquages.

Ces trois points sont des défauts plus ou moins récurrents cette saison pour les hommes de Mark Dantonio et cela leur a enfin coûté une rencontre face à une adversité plus relevée. Doit-on attendre à pareil scénario pour le reste de la saison ? Les Spartans peuvent-ils inverser la tendance ? Est-ce que ces erreurs sont caractéristiques de cette équipe de Michigan State ?

Les turnovers ont coûté des points

Les Spartans ont concédé trois turnovers : une interception et deux fumbles. Et de trois manières différentes ces turnovers leur ont coûté des points.

Le premier turnover de la partie arrive dès la première série de Michigan State, alors que le quarterback Brian Lewerke lance une passe destinée à Darrell Stewart, interceptée par le cornerback adverse Julian Love. Brian Lewerke n’a jamais décroché son regard de sa cible durant le processus menant à sa passe. Le défenseur est en mesure de s’interposer facilement en lisant les yeux du quarterback. Et il retourne l’interception pour un pick-six. C’est de manière directe que ce turnover coûte des points à Michigan State. Et ce deuxième touchdown coup sur coup pour Notre Dame permet au Fighting Irish de prendre un large avantage dès le début du match.

Le deuxième turnover arrive un peu plus tard dans le deuxième quart-temps. Celui-là coûtera à Michigan State des points à retardement. Lors d’un 3rd & 6 sur ses propres 23 yards, Brian Lewerke choisit de s’échapper de la poche pour prendre le first down lui-même. Seulement, lorsque le plaquage semble inévitable, il lève le bras portant le ballon au dessus de sa tête, pensant pouvoir éviter Greer Martini en train de fondre sur lui. Le sommet du casque du linebaker fait sauter le ballon hors des main du quarterback, ensuite recouvert par Notre Dame très proche de l’en-but des Spartans. Notre Dame marquera son troisième touchdown de la partie lors de la série suivante, avec une position idéale sur le terrain.

Le troisième et dernier turnover a lieu dans la série offensive suivante de Michigan State. Cette fois-ci c’est au tour de L.J. Scott de commettre l’erreur. Le runnning back titulaire qui a déjà trois fumbles en trois matchs à son actif, se fait subtiliser la balle dans la end zone de Notre Dame alors qu’il s’apprête a marquer le deuxième touchdown des Spartans. Ce deuxième fumble de la partie coûte à nouveau des points à Michigan State. Des points non marqués, cette fois-ci.

Les turnovers avaient déjà mis les Spartans en difficulté contre Bowling Green et Western Michigan. Le staff avait assuré que le problème avait été adressé. A priori quelques réglages sont encore nécessaire.

Les pénalités ont miné la dynamique des Spartans

Sur l’ensemble de la rencontre, Michigan State a commis neuf pénalités qui leur auront couté 97 yards au total. Un fait assez rare d’habitude pour une équipe qui est généralement disciplinée.

Les pénalités les plus handicapantes sont intervenues en défense. À trois reprises sur des situation de 3rd & long pour Notre Dame, Michigan State a commis des fautes personnelles ou des hors-jeux permettant au Figthing Irish de bénéficier d’une première tentative salvatrice. Chacune des séries où ces fautes ont été commise se sont soldées par un touchdown pour Notre Dame.

Les trois holdings sifflés à l’encontre de la ligne offensive des Spartans sont encore plus rares. Deux notamment au cours de la première mi-temps sont le fait du capitaine senior Brian Allen, qui ne commet de fautes que très rarement. Ces trois pénalités ont tous mis un terme abrupte aux séries offensives dans lesquels ils ont eu lieu.

Ces neufs fautes, bien au-delà de la moyenne des Spartans, peuvent être expliquer par la relative inexpérience de l’ensemble du roster ainsi que par l’enjeu et l’importance du match, une rivalité diffusée en primetime sur une chaine de télévision nationale.

Manquer des plaquages n’aide pas vraiment, non plus

Encore une fois, l’inexpérience de l’escouade défensive se ressent dans l’incapacité du back-seven à plaquer des coureurs totalement ouverts.

Tout au long du match, l’attaque de Notre Dame a été capable d’obtenir des premières tentatives sur des jeux qui, face à une défense plus expérimentée, n’auraient pas fonctionné. Les fameuses jet sweeps et bubble screens sont les jeux incriminés, notamment. Et alors que le coureur se trouve isolé derrière la ligne de démarcation, la tâche du plaquage incombe soit à un linebacker, soit à un safety.

Il faut bien l’admettre, l’exercice du plaquage n’est pas une chose aisé au milieu du terrain. C’est une histoire d’anticipation des mouvements de son adversaire, de bluffs et de vitesse d’exécution. Des qualités qui s’acquièrent et s’affinent avec l’expérience. Et c’est bien ce qu’il manque à cette défense de Spartans. Autant la ligne défensive a démontré un jeu de qualité depuis le début de la saison, notamment pour arrêter la course, le reste de l’escouade a beaucoup de progrès à faire pour stopper ce type de jeux.

Même si cette rencontre s’est soldée par un échec cuisant pour Michigan State, les performances de ses joueurs restent encourageantes. Les Spartans ont posté plus de yards au total (496) que le Fighting Irish (355), et ils ont aussi obtenu plus de premières tentatives (26 contre 21).

Si ces chiffres s’étaient convertis en points, Michigan State aurait pu remporter le match et ce n’est sans compter sur l’excellente prestation de Brian Lewerke malgré ses deux turnovers. Il capitalise 340 yards à la passe et 56 yards à la course pour deux touchdowns. Il complète également plus de 50% de ses passes. Il est indéniable que le sophomore est la réponse à long terme pour le poste et qu’avec de la maturité il sera en mesure d’exploser.

Oui, ces chiffres sont encourageants pour le reste de la saison des Spartans, certes, non pas pour finir avec un record de 10-2 bien évidément, mais un bowl est toujours envisageable.