On en a gros. Respectons les Mid-Majors !

Hier soir, c’était le traditionnel Selection Sunday, un show à l’américaine (très long cette année, et tellement naze en vrai) qui annonce le bracket pour la March Madness. Outre les équipes qualifiées d’office grâce à leur victoire lors du tournoi de leur conférence, ce moment est surtout insoutenable pour les autres programmes et surtout ceux issus des Mid-Majors.

Cette année, encore, on note un bashing à l’encontre des Mid-Majors assez criant, en repêchant des gros programmes qui ont effectué une saison bien plus mauvaise que certains.

Trop c’est trop. J’ai décidé à travers cet article de dire tout haut ce que les fans des Mid-Majors pensent tout bas.

Cette mascarade a trop duré.

Mais parlons des équipes du Power Six n’ayant pas obtenu leur qualification pour la March Madness. Le premier nom qui me frappe est celui de USC.

Dauphin d’Arizona dans la conférence Pac-12 en saison régulière, finaliste du tournoi de conférence, mais pas de March Madness. Soi-disant car “le programme est sous investigation du FBI”. Excuse bidon. Dans ce cas-là, on ne permet pas à des programmes tel que Arizona, eux-aussi cités à juste titre dans cette affaire, d’être éligible à la March Madness.

Là, on cherche surtout des excuses et on privilégie les grandes universités avec les gros prospects.

Le deuxième cas chez les conférences du Power Six qui me hérisse les poils : Oklahoma State. Je ne suis pas un grand fan de la Big 12 (vous savez, étant fan de Wichita State, on déteste Kansas et la conférence elle-même) mais force est de constater qu’il existe une une grande injustice.

Oklahoma, qui possède Trae Young ou la sensation de la première partie de saison (poussons jusqu’à janvier), entre dans la Grande Danse avec un seed #10, alors que son rival, Oklahoma State, est tout simplement recalé.

Oklahoma State a réalisé un sweep propre et efficace sur Kansas lors de la saison régulière et possède le même bilan qu’Oklahoma. Ces derniers restent sur 3 victoires lors des 12 derniers matchs… et notamment le dernier, face aux Cowboys, pour le 1er tour du tournoi de conférence Big 12 !

Cela prouve une nouvelle fois que la première partie de saison compte plus que la deuxième et le tournoi. C’est triste.

Ah oui, Trae Young fait vendre des places, même s’il n’est plus que l’ombre de lui-même et galère comme son équipe depuis des semaines.

Que dire du cas de Nebraska.

Certes, le programme est apparu tardivement dans la “bubble”, mais c’est quand même le 4ème de la Big Ten qui se participe pas à la March Madness. Je n’ai rien contre Alabama, mais quand on voit le Crimson Tide avec un bilan de 19 victoires pour 15 défaites alors que les Cornhuskers sont à 22 victoires et 10 défaites dans une conférence dense comme la Big Ten, cela me fait doucement rire.

Passons maintenant à ce qui me rend réellement malade, le traitement des Mid-Majors.

Ceux qui nous lisent depuis deux années savent que je suis à fond les programmes des Mid-Majors, en essayant saison après saison de vous faire découvrir certaines équipes qui le méritent vraiment.

Vous êtes de plus en plus à aimer ce genre de chronique et cela me motive d’autant plus à travailler dur et proposer un contenu toujours aussi complet.

Mais là, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase et le cas de Saint Mary’s est le plus criant.

Les Gaels ont trusté bien souvent l’AP Top 25 mais ils n’ont pu se qualifier pour la finale de la West Coast Conference. Malgré un bilan de 28 victoires pour 5 défaites au terme de la saison régulière et une deuxième place derrière Gonzaga (à une victoire…), le programme a été snobé.

Que dire ensuite de Middle Tennessee, qui réalise la saison de son histoire, une entrée dans le Top 25 pour la première fois, une domination sans partage dans la Conference-USA… mais qui doit s’incliner face à Southern Miss en quarts de finale.

Middle Tennessee avait effectué une excellente saison avec de l’adversité lors de la première partie de saison, avec des défaites de peu face à USC, Auburn et Miami. Mais cela n’aura pas suffit.

Je ne préfère même pas parler de Florida Gulf Coast, qui à l’image de Middle Tennessee, a fait tout ce qu’il fallait pour être à la March Madness, mais une défaite en finale a ruinée les espoirs de “Dunk City”.

Le comité de sélection répète chaque année que si un programme issu des Mid-Majors veut avoir sa chance, il faut avoir un CV très solide, avec des victoires de référence lors de la première partie de saison.

Mais il existe deux problèmes.

Lorsqu’une équipe organise son calendrier de telle sorte, qu’elle gagne ou perde de peu, cela n’est pas pris en compte. ET PERSONNE NE VEUT AFFRONTER DES MID-MAJORS !

Quand je dis personne, ce n’est aucun cador de notre championnat. Wichita State a été discriminé pendant plusieurs saisons car la Missouri Valley Conference était faible. Les Shockers arrivaient souvent avec un seed très bas à la March Madness.

Mais le problème, c’est qu’à chaque fois que le programme était en pourparlers pour organiser une série de matchs, cela ne débouche à rien.

Combien de fois Wichita State a supplié Kansas, son rival de toujours, de réaliser une série ? Plus d’une fois. A chaque reprise, Kansas a été frileux et a décliné, par peur de voir son CV en prendre un coup en cas de défaite.

Du coup, les équipes des Mid-Majors partent lésées dès le début de saison et se trouvent dans l’obligation de remporter le tournoi de conférence pour se qualifier à la March Madness.

Une université joue son avenir, sa saison, sur un match.

Une défaite et tous les efforts de la saison réduit à néant pour une seule défaite. Il faut que cela change car à ce rythme, le sentiment d’injustice entre les conférence du Power Six et celles des Mid-Majors, qui existe, risque de créer un bordel sans précédent.

Il n’existe aucun respect vis-à-vis des autres programmes.

Il faut que cela change.

Et je sais pertinemment que rien ne changera. Chaque année, c’est la même chose.

La March Madness est réservée à l’élite et aux programmes influents, qui dégagent énormément d’argent. Oklahoma est présent grâce à Trae Young. Alabama grâce à Collin Sexton et j’en passe.

Dans ce cas-là, zappons directement la deuxième partie de saison, remplissons la March Madness avec les conférences du Power Six et plaçons les équipes des Mid-Majors au NIT et CBI. Un gain de temps, une fin de saison en janvier et on est libre par la suite.

Gagnant-gagnant, du moins chez les grosses écuries.

Bref, on en a gros. Respectons les Mid-Majors !