Mississippi State a joué durement mais Alabama conserve une puissance de frappe inégalée.

Alabama ne possédait pas le statut de meilleure équipe du pays selon le comité de sélection du College Football Playoff, rang tenu par leurs collègues de la conférence SEC, Georgia.

Mais cette onzième semaine de compétition a permis de montrer quel était le véritable boss de la ligue. Les Bulldogs ont littéralement coulé sur le terrain d’Auburn. Le Crimson Aide a joué avec le feu mais s’est tout de même imposé sur le terrain de Mississippi State.

Et bien plus qu’un simple résultat, qui en raconte déjà énormément sur la valeur de chacune des équipes, la manière avec laquelle Alabama a évité l’upset solidifie véritablement l’idée que le roi du football universitaire réside bien à Tuscaloosa.

Une tentative d’upset menée d’une main de maitre

Mississippi State a endossé le rôle d’outsider à merveille et réalisait une rencontre parfaite afin de pousser son adversaire à la faute.

Les Bulldogs ont tenu le ballon deux fois plus longtemps que le Crimson Tide (38min56 contre 21min04), ont converti 8 des 15 tentatives sur third down et sont arrivés à installer un jeu de course plus que solide face à un front-seven terrifiant.

Tous ces éléments ont contribué à la poussée des locaux en seconde mi-temps.

Alabama n’a eu le ballon que lors de 3min42 au cours du troisième quart-temps, ce qui est très rare pour être signalé, d’autant plus lorsque l’on connait la tendance dictatrice de Nick Saban à conserver la balle en sa possession. Mississippi State en a profité pour prendre les devants en se jouant de la défense avec une facilité presque déconcertante.

Le running back Aeris Williams et le quarterback Nick Fitzgerald, grands artisans de la performance des Bulldogs, alternent les actions marquantes lors de cette série avant que le dernier ne s’enfonce dans l’en-but avec autorité. Ils semblaient être capables de remettre le couvert sur la possession suivante, avant que la défense d’Alabama ne tende les lignes pour limiter son adversaire à un field goal.

A ce moment-là de la partie, alors que le dernier quart-temps débute à peine, Mississippi State mène de sept points.

Le backfield répond toujours présent lorsque l’on a besoin de lui

Le réveil du triple champion en titre de la conférence SEC, poussé dans ses retranchements comme personne ne l’avait réalisé auparavant, ne se fait pas attendre plus longtemps.

Et la résistance prend forme de la manière la plus logique pour Alabama : grâce au jeu de course.

Le quarterback Jalen Hurts, bien encadré par la ligne défensive de Mississippi State depuis le début de la partie, passe la vitesse supérieure. Il peut également se reposer sur une paire de running backs transcendante, que ce soit entre le junior Damien Harris ou le sophomore Josh Jacobs.

La triplette magique du Crimson Tide démontre tout simplement un talent supérieur à son adversaire. Ils transpercent l’un après l’autre les lignes adverses, faisant valoir leurs qualités physiques ou bien leur vitesse pour prendre à revers les Bulldogs.

Mississippi State ne peut rien faire et Alabama égalise à moins de 10 minutes de la fin du match par l’intermédiaire de Damien Harris, auteur d’une course impressionnante de facilité.

Le backfield offensif continue de martyriser son adversaire et semble se diriger vers le coup de grâce dans les dernières minutes. Sauf que la ligne défensive des Bulldogs connait une poussée de chaleur et stoppe l’avancée du Crimson Tide.

Et le kicker Andy Pappanastos tape un field goal de 41 yards en plein sur les poteaux.

44 secondes pour un touchdown, le visage moderne d’Alabama

Avec 2 minutes de jeu, à égalité au tableau des scores, Mississippi State possède le ballon de la gagne entre les doigts. Mais ce n’était sans compter sur la puissance intrinsèque de la défense d’Alabama. Cette dernière répond à son adversaire, qui n’accomplit rien du tout malgré la pression de la victoire.

Faut-il ajouter au talent inouï de la défense un play-calling quelque peu douteux de Dan Mullen, pourtant si bon jusque-là.

Alabama retrouve la panse avec une bonne minute encore au chronomètre. Il ne faudra que 44 secondes au coordinateur offensif Brian Daboll pour lancer l’attaque au touchdown.

Jalen Hurts se sublime dans les moments les plus cruciaux, faisant de lui une place cruciale dans le système de Nick Saban. Le quarterback se connecte à deux reprises avec Calvin Ridley. Le receveur réalise par ailleurs une réception sublime de 31 yards, à la hauteur de son talent, avant que le freshman DeVonta Smith fonce dans l’en-but pour ajouter le touchdown salvateur sur un jeu parfaitement exécuté.

L’animation offensive du Crimson Tide a peiné une bonne partie de la rencontre face à une défense qui a joué le coup à fond, notamment avec l’aide d’un play-calling astucieux et efficace appelé par Todd Grantham. Mais lorsqu’il le faut, Alabama est capable de franchir une vitesse supplémentaire.

Un tel comeback sur le terrain d’un adversaire paré pour toutes les éventualités dénote une nouvelle fois de la force mentale de l’équipe de Nick Saban.

Une qualité présente chez Alabama et qui un peu plus tôt, dans l’Etat voisin, a cruellement manqué à Georgia pour se sortir des griffes d’Auburn. Les Bulldogs ont sombré sous la pression, le Crimson Tide s’est sublimé.

Un Iron Bowl fantastique en ligne de mire

Alabama n’a cependant toujours pas remporté la division SEC West, et encore moins la conférence dans son ensemble. L’issue finale trouvera réponse dans deux semaines, avec le déplacement au Jordan-Hare Stadium pour un Iron Bowl qui retrouve tout de sa superbe.

Avec une victoire face à Georgia, Auburn conserve toutes ses chances d’empocher la division au nez et à la barbe du Crimson Tide et d’espérer une qualification inespérée pour le College Football Playoff.

Le Crimson Tide a vu ce dont il était capable ce samedi dans le Mississippi. Les hommes de Nick Saban n’ont connu aucune adversité réelle en deux mois et demi de compétition. Florida State s’est accroché un temps en ouverture de saison et Texas A&M a joué son va-tout sans pour autant parvenir à embêter son rival.

Ces deux matchs ont été les plus compliqués à gérer pour Alabama avant la pression folle infligée par Mississippi State. C’est dire que la saison a été calme.

Finalement, cette rencontre face aux Bulldogs devrait être une aubaine pour le Crimson Tide.

Nick Saban haït plus que tout au monde que son équipe se repose sur ses lauriers. Il met un point d’honneur à améliorer n’importe quel petit détail bien qu’Alabama inflige une correction de 30 ou 40 points à son adversaire.

Passer si près de la défaite devrait réveiller ses troupes et préparer l’équipe de la meilleure des manières pour le choc au sommet face à Auburn.

Et si l’on réfléchit bien, Alabama a utilisé la totalité de la saison pour monter en puissance jusqu’aux échéances de fin de saison. Le potentiel du Crimson Tide peut alors effrayer n’importe qui.

A commencer par Auburn, certainement.