L’intersaison bat son plein en basketball universitaire avec un marché des transferts en pleine effervescence.

Mais dès le mois d’avril, le basketball en High School truste les premières pages des médias spécialisés au travers des divers circuits AAU ou des séances d’évaluation. L’occasion de voir les talents de demain face à de l’adversité, une bonne chose pour connaître l’étendue du talent d’un joueur.

Il s’agit bien évidemment du rendez-vous pour les scouts universitaires ; et de notre côté, Midnight on Campus aborde cette période avec une chronique aux (potentielles) stars de demain : nos “Diamants Bruts”.

Des analyses de scouting seront publiés et serviront de rapport pour les prospects de la prochaine classe de recrutement. En plus de ceci, cette chronique permet de nous projeter plus loin, en parlant des prospects qui arriveront (si tout va bien) en NCAA dans deux, trois si ce n’est quatre ans.

Après les épisodes sur la sensation de Phoenix (et de l’Italie) Nico Mannion, le « next big thing » en provenance de l’Alabama Trinity Bell et le steal de la promotion 2020, Jalen Cone, on se dirige aujourd’hui vers un prospect canadien de talent, Matthew Alexander-Moncrieffe

 

Qui est Matthew Alexander-Moncrieffe ?

 

Matthew Alexander-Moncrieffe est né à Mono, dans la banlieue d’Ontario au Canada. Intérieur de 2m pour 88 kilos, il évolue actuellement dans une Prep School, la plus célèbre de son pays natal, la fameuse Orangeville Prep.

Le prospect 4-étoiles, actuellement classé 61ème de la promotion 2020 et 12ème parmi les ailiers-forts, est surtout connu pour être un formidable athlète, doté d’un potentiel athlétique bien au-dessus de la moyenne (son envergure est juste impressionnante).

D’ailleurs, le joueur lui-même ne s’en cache pas lorsqu’on lui demande sa qualité première :

« Quand je me sens bien, j’adore courir sur le parquet, attaquer le cercle, dunker sur les défenseurs et mettre des tirs à trois points si la défense me laisse seul ».

Mais le fait de résumer le profil du joueur à cette déclaration serait réducteur. En effet, il peut faire bien plus sur un parquet, à l’instar de ce qu’il nous montre en ce moment avec les u17 de la sélection canadienne aux Championnats du Monde.

Déjà, il joue avec une telle énergie que cela se transmet sur ses coéquipiers.

Offensivement, il adore attaquer le cercle adverse, mais même s’il peut dunker sur tout le monde, il n’en reste pas moins un joueur élégant quand il le souhaite. Combien de fois il sort son move préféré, un euro step si redoutable tant il est imprévisible.

C’est aussi un prospect qui connaît les bases défensives sur l’homme. Forcément, son physique lui permet d’avoir des appuis très rapides. Il se déplace facilement, possède un bon temps de réaction et surtout, il coupe les lignes de passes quand il défend.

Il ne rechigne pas à aider ses coéquipiers non plus et il ne se déconcentre que très rarement même si l’action est à l’opposé de lui ; et c’est un très bon point puisque combien de fois on voit des jeunes joueurs complètement amorphes quand le jeu est loin d’eux sur les situations défensives…

Mais voilà, Matthew Alexander-Moncrieffe possède des points faibles.

Sa base de travail se situe au niveau de son tir. Certes, il peut inscrire des paniers en jumpshot mais cela reste encore trop perfectible pour devenir vraiment un stretch 4. Lueur d’espoir, sa mécanique est vraisemblablement en place et il n’est pas maladroit sur la ligne des lancers-francs.

Il lui manque encore cette qualité de passe et de création, tellement importante pour un ailier fort dans le basketball moderne. De plus, il a encore du mal à enchaîner les dribbles efficacement. 

Matthew Alexander-Moncrieffe est conscient qu’il doit encore bosser pour devenir un joueur plus complet et il ne s’en cache pas :

« Je suis encore en phase d’apprentissage. J’apprends à gagner des matchs, à être plus actif et décisif. Je progresse match après match et je suis content. Je travaille dur chaque jour pour m’améliorer et les efforts commencent à payer, enfin !”

 

Quelles sont les universités intéressées à l’heure actuelle ?

 

Peu d’universités ont pour le moment étudié le dossier de Matthew Alexander-Moncrieffe, du moins, on peut s’attendre à largement davantage pour un prospect de son talent.

Les deux programmes qui se détachent sont Tulane et Florida, qui ont fait du joueur leur priorité. Arizona State ainsi que Vanderbilt et SMU suivent de très près. D’ailleurs, ASU est dans le besoin de joueur comme Matthew Alexander-Moncrieffe et depuis quelques jours maintenant, l’université accélère sur le dossier.

Nul doute qu’avec un été studieux avec la sélection canadienne, il risque d’obtenir quelques offres supplémentaires dans les prochains jours ou semaines.

 

Possède t-il un avenir NBA ?

 

Honnêtement, il possède une telle marge de progression qu’il est loin d’atteindre le plafond de son potentiel.

Cet été avec le Canada devrait lui permettre de se frotter à d’autres prospects de son âge (avec un peu plus d’adversité). Il lui reste encore une année avant de rejoindre le basketball universitaire, qu’il doit utiliser pour bosser sur ses défauts et nul doute qu’il sera bien productif au niveau universitaire.

Là n’est pas le soucis. Cela reste encore un peu tôt pour se prononcer quant à son futur au sein de la ligue professionnelle mais on risque d’entendre parler de Matthew Alexander-Moncrieffe.