On aurait vraiment dû croire en Marshall avant la March Madness et ne pas se laisser aveugler.

Sur le plan personnel, ce fut une soirée difficile hier soir.

Mon programme de cœur, Wichita State, a perdu dès le First Round face à une équipe de Marshall complètement décomplexée. A froid et après revu le match, Marshall mérite pleinement son succès et mérite vraiment que l’on s’intéresse de plus près à ce programme.

En plus d’être une belle histoire lors de cette édition de la March Madness, le Thundering Herd propose un niveau de jeu très solide et très plaisant à regarder.

Déjà, Marshall est une belle histoire dans le sens où ce n’était pas le représentant attendu de la Conference-USA à la March Madness.

On attendait plus Middle Tennessee, présent sur les dernières semaines de saison régulière au sein de l’AP Top 25, ou encore l’un des favoris de l’avant-saison (avant l’annonce du départ de Mitchell Robinson, top 5 de la dernière promotion de freshmen), Western Kentucky.

Mais au final, la quatrième équipe de la C-USA au terme de la saison régulière a remporté le tournoi de conférence, au prix d’une finale dantesque, grâce à une victoire finale sur les Hilltoppers d’un petit point, 67 à 66.

31 ans plus tard, Marshall est de retour à la Grande Danse de mars.

On savait que Marshall était une équipe offensive

Avant de débuter la March Madness, on savait que Marshall était une équipe redoutable mais lorsque l’on a découvert le tirage, avec Wichita State dès le First Round, la hype est rapidement retombée.

Et pourtant, ce fut une belle erreur de ne pas parler de Marshall comme une équipe capable de sortir un upset sur ces premiers jours. Certainement aveuglé par le fait qu’ils rencontreraient mes chouchous.

Ah, l’amour d’un programme, quelque chose d’extraordinaire.

Marshall est une équipe très offensive et surtout collective. 10ème meilleure attaque du pays et 11ème au niveau des passes décisives, le Herd possède quelques scoreurs importants au sein de ses rangs. Mais le plus important et la clé de l’équipe, c’est d’avoir un intérieur travailleur de l’ombre quand il le faut, capable de prendre le relais sur le plan offensif.

Un tel facteur X se nomme Ajdin Penava, international bosnien. Si ce nom vous rappelle quelque chose, cela vient certainement du papier qu’Emmanuel a écrit à son égard en janvier, vantant sa montée en puissance au sein de l’effectif de Marshall.

Il forme un trio explosif avec le backcourt junior composé de C.J. Burks et Jon Elmore. Face à Wichita State, le trio compile 56 points sur les 81 de leur équipe. Il faut dire que le leader, Jon Elmore, affiche 27 points à lui seul, ce qui aide.

D’ailleurs, parlons de ce jeune homme qui a purement et simplement volé la vedette à Conner Frankamp, dans un duel de pistolero assez incroyable !

La fabuleux destin de Jon Elmore

Jon Elmore n’est pas une découverte. Il sort d’une saison exceptionnelle, affichant une moyenne de 22.8 points, 6.9 rebonds et 6 passes de moyenne. Malgré cela, il n’a eu l’attention qu’il mérite aux yeux du grand public. Enfin, jusqu’à hier.

Sur le papier, on promettait un match délicat à Marshall et surtout à Jon Elmore, face à Landry Shamet, qui est bon défenseur. Mais ce dernier a été très décevant, que ce soit offensivement et défensivement, laissant le leader du Thundering Herd mettre panier après panier, avec une facilité déconcertante.

Le fabuleux destin de Jon Elmore n’était pas loin de ne jamais voir le jour.

Sortant d’un cursus lycéen très bon mais dans un Etat de West Virginia qui ne concentre pas une attention suffisante pour attirer les grosses écuries, il décide de rejoindre VMI.

Mais en plein milieu de sa saison de freshman, il quitte précipitamment le programme pour revenir chez lui et s’occuper de son grand-père malade. Après quelques mois, Jon Elmore décide de reprendre le basketball mais de ne pas quitter ses proches. Marshall s’est rapidement manifesté et la belle histoire a pu avoir lieu.

“Vous savez, pour la petite histoire, je ne voulais pas de Jon Elmore.

Nous n’avions aucune vidéo sur lui, rien. Pourtant, mes scouts me disaient de tenter le pari, que c’est un joueur spécial. Je me suis dit pourquoi pas, on perd pas grand chose si c’est un flop.

Il s’avère que dès le premier entraînement, j’ai été séduit. Il a travaillé dur sur la fin de saison [il était inéligible à cause de son changement de programme, ndlr] et il était prêt. C’est un gamin en or, un grand travailleur. Je suis heureux de le voir exploser aux yeux de tous, c’est une belle reconnaissance,” s’exprime Dan D’Antoni, le head coach de Marshall.

Dan D’Antoni marque déjà l’histoire de Marshall

Comment ne pas terminer avec le travail incroyable que produit Dan D’Antoni et son staff.

Le retour au sein de son alma-mater de Marshall a été une bénédiction pour lui, après un passage sur les bancs professionnels en dents de scie. Il a repris un programme en souffrance, souvent décrié par la pauvreté de son jeu.

Les deux premières saisons se sont révélées délicates mais depuis deux saisons, Marshall se reconstruit et les efforts payent. Déjà, l’année dernière, le programme avait passé la barre des 20 victoires sur la saison. Bis-répétita cette année, avec à la clé, une victoire à la March Madness.

Histoire de marquer un peu plus l’histoire du programme.

Marshall n’avait jamais obtenu de victoires à la March Madness de son histoire… avant hier soir et l’upset conclu face à Wichita State.

Comme quoi, on peut arriver en basketball universitaire avec une vision du jeu très axé sur l’attaque et avoir des résultats sur le plan national.

Le prochain tour, face à West Virginia s’annonce assez dantesque, avec une opposition de style… et une opposition très géographiquement ancrée dans une rivalité entre deux écoles séparées de 150 miles à peine.

Les deux head coaches ont déjà commencé à trashtalk, la sauce monte doucement et le feu d’artifice est en approche !