Middle Tennessee joue toujours les premiers rôles sur le plan national grâce, entre autre, à l'explosion de Nick King.

Nous approchons de plus en plus du mois de mars, le meilleur mois de l’année (avec avril puisque la March Madness est à cheval sur les deux mois) et il est temps de ressortir notre chronique du Mag des Mid-Majors.

Le but de cette chronique ? Mettre en lumière les programmes des mid-majors que l’on risque de retrouver à la grande danse, le tout en faisant un point sur les places fortes (mais aussi les déceptions) de chaque conférence.

On relance la machine avec un prospect qui a eu du mal à s’imposer dans le championnat universitaire, mais qui y arrive pour sa saison de senior à Middle Tennessee : Nick King.

Nick King possède un cursus universitaire comme on en voit très peu.

Le prospect n’a pas fait que des bons choix au niveau des programmes et personne ne lui a réellement offert une chance, qui plus est. Résultat, ce sont trois universités en quatre ans pour Nick King, qui explose enfin avec sa nouvelle équipe de Middle Tennessee.

Lycéen à Memphis, chez lui, l’ancienne recrue 4-étoiles avait un souhait : porter les couleurs des Tigers de Memphis une fois à l’université.

Il a travaillé dur et son travail a payé puisque le programme s’est rapidement intéressé à lui. Quelques temps plus tard, une offre de bourse arrive au domicile des King, puis une visite officielle, avant que le joueur annonce sa volonté de rejoindre le campus.

Un comte de fée, qui va rapidement tourner au cauchemar.

A cette époque-là, le programme de Memphis était en péril, avec un coaching staff à la ramasse, des joueurs qui veulent partir après une seule année au sein de l’équipe, etc. Mais malgré une première vague d’exode, Nick King s’accroche à ses espoirs, avec la promesse d’un temps de jeu plus conséquent pour son année de sophomore (4.9 points, 3.3 rebonds en 11 minutes lors de sa première année en basketball universitaire).

Mais voilà, les promesses ne sont pas tenues et le joueur n’atteint même pas les 20 minutes de temps de jeu par match (18.9).

On sent alors qu’il y a un soucis car dès que Nick King est sur le parquet, il est efficace (7.2 points et 4.8 rebonds de moyenne). Mais la hiérarchie sur les postes arrières étant établies et avec un entraîneur qui ne veut pas changer les choses, même quand cela ne marche pas, le prospect se morfond sur le banc.

C’en est trop pour Nick, qui décide de quitter le navire en perdition de Memphis pour aller à Alabama.

Encore une fois, cela ne se passe comme prévu. Mais cette fois-ci, les entraineurs n’y sont pour rien, au contraire ; Avery Johnson lui offrait un vrai rôle de 6ème homme.

Malheureusement, Nick King a manqué un peu plus de la moitié de la saison pour des problèmes respiratoires. Il termine sa saison de junior avec 89 minutes au compteur, pour 3.2 points et 2.9 rebonds de moyenne. Décidément, quand rien ne va.

Cela n’a pas freiné Avery Johnson, qui comptait sur Nick pour épauler Collin Sexton & co, mais le prospect voulait autre chose, un nouveau départ, le dernier de sa carrière universitaire.

Nick King commence alors des semaines de réflexion et un programme se détache assez rapidement : Middle Tennessee. Il faut dire que le programme le suit depuis un très long moment et faisait partie des finalistes lors de son premier processus de recrutement. Kermit Davis, l’entraîneur des Blue Raiders, le suit depuis son année de junior en High School, lui qui faisait des apparitions lors de ses matchs.

Il faut tout d’abord savoir que depuis quelques saisons, Middle Tennessee est une place forte au sein des mid-majors. Le programme atteint régulièrement la March Madness, en donnant du fil à retordre à ses adversaires (Michigan State et Minnesota peuvent témoigner récemment).

Lors de la visite sur le campus des Blue Raiders, Nick King s’est longuement entretenu avec Kermit Davis et le courant est passé immédiatement. Naturellement, il a décidé de rejoindre le campus pour son dernier challenge.

“Je connais Kermit Davis depuis mes années au lycée. Il venait me voir lors de mes matchs et c’était gratifiant de voir qu’un entraîneur se déplace en personne et non un scout. Mais voilà, mon rêve était de jouer chez moi, à Memphis. Cela ne s’est pas passé comme je voulais et après une année dernière très dure moralement, je souhaitais un nouveau challenge.

Avery Johnson a été formidable avec moi et j’ai apprécié mon temps à Alabama. Cette saison m’a redonné le goût au basketball et je dois une fière chandelle à mes anciens coéquipiers à Tuscaloosa.

Quand j’ai ré-ouvert mon processus, Middle Tennessee a été le premier à se manifester. Je suivais aussi les performances du programme depuis deux ans et l’équipe est régulière. C’est ce que je cherchais, de la régularité dans une équipe. Kermit Davis est ce genre d’entraîneur qui vous laisse un peu libre sur le terrain, ce qui permet de s’exprimer un peu plus. Je suis vraiment heureux de rejoindre un tel programme.”

Le résultat de cette nouvelle vie pour Nick King ? 21.2 points de moyenne, soit le 22ème meilleur marqueur du pays, avec 5 doubles-doubles à la clé, le tout avec un peu plus de 50% aux tirs.

On voit enfin le vrai visage du prospect qui affichait un classement de 4-étoiles à sa sortie du lycée. Outre ses bonnes performances, Middle Tennessee est toujours aussi prolifique sur le terrain.

Dans la Conference-USA, les Blue Raiders apparaissent en première place avec une victoire d’avance sur Old Diminion et Western Kentucky, en possédant un bilan de 16 victoires pour 5 défaites cette saison. Le programme s’est forgé un CV solide avec des victoires face à Florida Gulf Coast, Ole Miss, Western Kentucky ou encore Vanderbilt.

Face aux “gros”, la défaite est au bout mais toujours de peu :

  • -6 face à Auburn ;
  • -5 face à USC ;
  • -3 face à #15 Miami.

Le problème, qui revient toujours lorsque l’on parle d’un programme en provenance des mid-majors, c’est qu’il faut absolument remporter son tournoi de conférence afin de gagner le ticket direct pour la March Madness (ces “petits” programmes se font souvent snobés lors du Selection Sunday).

La C-USA possède deux équipes capables d’atteindre la Grande Danse : Middle Tennessee et Western Kentucky. Il y aura forcément un déçu.

Quoi qu’il en soit, Middle Tennessee joue toujours les premiers rôles sur le plan national grâce, entre autre, à l’explosion de Nick King. Une belle histoire pour le prospect, qui espérons-le, connaîtra les joies de la March Madness pour sa dernière saison en NCAA.