Grâce à leur succès sur SMU, Memphis a d'ores et déjà mis la main sur le titre de division AAC West avec le regard tourné sur celui de la conférence. 

Toujours éblouissant offensivement, #21 Memphis s’est imposé face à SMU ce samedi (66-45) grâce à un festival de touchdowns bien que les conditions météorologiques soient très difficiles. Avec cette victoire, les Tigers ont empoché leur neuvième victoire synonyme de ticket pour la finale de l’AAC qui se jouera face à #15 UCF ou USF.

Memphis réalise une saison 2017 incroyable avec seulement une seule défaite concédée sur le terrain des Knights (17-40), justement.

Jamais l’université n’a perdu qu’une seule rencontre depuis la saison 1963 (9-0-1). Les Tigers sont en train de réécrire l’histoire. Pourtant, il y a quelques années, l’équipe trustait les dernières places de la Conference-USA. Et depuis qu’ils ont rejoint la conférence AAC il y a cinq ans, la progression est constante.

Un futur grand entraineur principal

Ces résultats sont biens sûr à mettre à l’actif de bonnes classes de recrutement réalisées ces dernières années, qui ont permis de dénicher quelques pépites (voir ci-dessous), mais également à mettre à l’actif du head coach, Mike Norvell.

Arrivé l’année dernière en provenance d’Arizona State où il dirigeait l’attaque des Sun Devils avec brio, il a su imposer sa patte immédiatement afin de propulser Memphis vers les sommets grâce à une redoutable machine à marquer.

Les Tigers sont effectivement intraitables cette année en attaque et font vivre des calvaires à leurs adversaires.

Avec 44.7 points marqués, 519 yards et 6 touchdowns en moyenne, l’attaque de Memphis est tout simplement l’une des meilleurs du pays. Face à SMU, on a d’ailleurs pu voir une nouvelle fois le potentiel incroyable des hommes de Mike Norvell. Puisque après un départ mitigé (0-10), ces derniers sont passés en mode rouleau compresseur et ont littéralement détruit la défense des Mustangs : 66 points pour 664 yards et 32 first downs.

Comment Memphis est devenu aussi efficace ?

Tout d’abord, il faut savoir mettre en avant le quarterback Riley Ferguson. Le senior a connu un parcours universitaire semé d’embûches. Recruté par Tennessee, il n’a jamais réussi à se faire une place parmi l’escouade de quarterbacks et a de plus connu une grave blessure à la jambe qui l’a freiné dans sa progression. Riley Ferguson devait tourner la page sur ces longs mois à oublier.

Il décide alors de partir en Junior College pour se relancer.

Ce fut un coup de poker gagnant : grâce à une saison prolifique (2942 yards et 35 TDs), Memphis n’hésite pas une seconde pour le transférer et faire de lui le quarterback titulaire pour sa saison junior. Résultat, Riley Ferguson dirige aujourd’hui à merveille l’attaque des Tigers et affiche une très belle ligne de statistiques : 2881 yards et 27 touchdowns pour 7 interceptions.

Mais il faut aussi féliciter le travail de la ligne offensive qui a réduit considérablement le nombre de sacks autorisés cette année, ce qui permet à leur quarterback de lancer avec plus d’assurance et de temps.

Du côté du jeu au sol, le coaching staff a également eu l’œil en recrutant deux running backs classés 3-étoiles et bien au-delà du Top 100 à ce poste.

Les deux sophomores Darrell Henderson et Patrick Taylor Jr. n’étaient pas attendus à exploser aussi tôt et pourtant, ils participent activement à la production offensive en 2017. Avec 1228 yards et 12 TDs en cumulé, le coordinateur offensif Darrell Dickey n’arrive plus à se passer de leurs services et de plus en plus de systèmes leur sont accordés pour proposer une attaque dotée de plusieurs armes.

Mais que serait Memphis sans Anthony Miller

Anthony Miller, l’un des tous meilleurs receveurs en football universitaire. Facilement.

Lui aussi, aucun scout ne l’avait vu venir… sauf ceux de Memphis. Classé 2-étoiles et 234e parmi les receveurs de la classe de recrutement de 2013 (!!!), Anthony Miller est passé de prospect inconnu à futur 3e tour de la prochaine Draft NFL.

Si vous vous demandez pourquoi personne l’a estimé à sa juste valeur, sa taille (1m80) posait problème pour jouer à ce poste. Cependant, le senior a su compenser ce désavantage en s’appuyant sur des qualités exceptionnelles.

Sa vision du jeu est juste impressionnante. Depuis le début de la saison, très peu de cornerbacks ont réussi à le limiter parce que ses tracés font quasiment toujours la différence. Son physique robuste lui permet de résister aux plaquages, notamment dans le slot. De plus, grâce à son excellente lecture de bloc, il est très bien utilisé sur les screen pass qui sont fatales aux défenses qui croisent son chemin.

Certes, sa pointe de vitesse peut lui faire défaut, mais en tant que monstre physique, il est totalement injouable dans la end-zone et réceptionne très souvent les catch contestés.

Anthony Miller est un receveur atypique par son parcours et son jeu, mais terriblement efficace. Après 10 matchs joués il affiche d’ailleurs 905 yards et 11 TDs en 67 réceptions. Et face à SMU, il est même devenu le meilleur receveur de l’histoire du programme n terme de réceptions accomplies.

Memphis a su faire confiance à des joueurs remplis de talent alors que personne ne les croyait capable de réaliser de telles prouesses. Bravo au staff des Tigers, vraiment.

Cette audace a permis aux Tigers de devenir un cador de l’AAC puisque ces incroyables playmakers  ne sont plus qu’à un match remporter la conférence.

Rendez-vous le 2 décembre.