Quelles équipes domineront les débats de cette nouvelle saison de Lacrosse ?

En 2019, Midnight on Campus a pris une bonne résolution : couvrir la saison universitaire de lacrosse. Et pour ceux qui n’auraient pas encore eu le temps de les règles et les spécificités de ce sport méconnu (mais si passionnant), le premier volet de notre présentation est à découvrir ici.

Fort de son succès la saison passée face à Duke en finale nationale (13-11), Yale figure parmi les favoris pour réitérer son exploit. Les Bulldogs se sont imposés pour la première fois depuis 47 ans. Mais réaliser le back-to-back sera très compliqué. Le championnat de lacrosse universitaire se resserre de plus en plus avec l’émergence d’un noyau dur capable de s’immiscer au sein du Top-5.

Entre la mise en place d’une horloge de 80 secondes pour réguler les possessions et la hausse du niveau de jeu global, cette nouvelle saison risque d’être très intéressante à suivre.

 

N.B. : les classements réfèrent à l’USILA Division I Men’s Coaches Poll dévoilé lundi 28 janvier, ce qui est l’équivalent de l’AP Top-25 en basketball ou en football.

 

Nos deux favoris pour remporter le titre de lacrosse :

 

#1 Yale Bulldogs (Ivy League)

 

Classés premiers du classement de pré-saison, les Bulldogs sont majoritairement vus comme des champions potentiels.

Pourtant, Yale sera privé de son meilleur joueur cette saison. Le vainqueur du Tewaaraton Award (équivalent du Heisman Trophy en football), Ben Reeves, a terminé sa carrière universitaire. Mais le vivier de joueurs talentueux est impressionnant à Yale. Le head coach, Andy Shay, ne devrait pas avoir de mal à remplacer la production de son ancien protégé (62 goals et 53 assists).

Offensivement, Jackson Morrill sera le nouveau leader attitré. Fort d’une très belle saison sophomore (40G et 32A), il devrait bénéficier de davantage de systèmes avec l’absence de Ben Reeves. À ses côtés, un autre junior devrait accroître sa production rapidement. Pur marqueur, Matt Gaudet (42G et 7 A) pourrait légitimement atteindre la barre des 60 goals cette saison.

Derrière ce duo, l’expérience ne manquera pas avec le retour de seniors tels que Jack Tigh (35G et 14A), qui peut jouer midfielder également, et Brendan Rooney (19G et 3A). Ils connaissent le chemin à suivre désormais pour glaner le titre.

Défensivement, cela sera encore solide malgré le départs de nombreux cadres. Meilleure défense d’Ivy League la saison passée (8.75 buts encaissés en moyenne), les Bulldogs pourront s’appuyer sur un groupe jeune, mais talentueux. Chris Fake (29 ground balls et 18 turnovers causées) sera l’homme à suivre après une saison freshman incroyable.

Malgré des ressources à tous les postes, la force principale de Yale pourrait bien se trouver au milieu de terrain où la profondeur de banc sera un atout majeur. La rotation sera excellente avec Jack Tight, Brian Tevlin et John Daniggelis.

Les équipes spéciales seront quant à elle les meilleures du pays. Joueur le plus convoité de l’inter-saison, T.D. Ierlan (79.1% de ces duels gagnés, record all-time sur une saison) a décidé de quitter Albany pour rejoindre Yale. Avec le départ de Trevor Baptiste du championnat, T.D Ierlan est désormais le meilleur “fogo” du pays (joueur attitré pour les face-offs, que l’on a expliqué dans notre premier volet).

Bref, Yale est largement armé pour conserver son titre cette saison. Les réceptions de Penn State et Cornell en début de saison nous en diront un peu plus sur l’équipe.

 

#2 Duke Blue Devils (ACC)

 

Malheureux vaincus lors du National Championship Game en 2018 face à Yale (11-13), les Blue Devils sont de retour plus revanchards que jamais. Outre deux interrogations, en attaque et sur le poste de gardien, l’effectif a des allures de champion.

Si Duke va loin cette saison, ce sera grâce à sa défense. Une défense aux ressources infinies qu’on peut objectivement définir comme la meilleure du pays. J.T. Giles-Harris et Cade Van Raaphorst forment un tandem très efficace. Le premier nommé sort d’une saison riche en statistiques (26 ground balls et 22 turnovers causées) et durant laquelle il a notamment muselé Ben Reeves lors de la finale nationale. Le second nommé est quant à lui un All-American très intelligent sur le terrain (43GB, 23CT).

Pour assister ce duo très complémentaire, le senior Jack Fowler sera aligné. Wilson Stephenson et Frank Marinello seront des remplaçants de luxe. La seule interrogation concerne le poste de gardien où il faut combler le départ de Danny Fowler. Turner Uppgren est pressenti, mais il n’a pas encore prouvé qu’il pouvait être une valeur sûre dans les cages.

De l’autre côté du terrain, le défi est de taille. Les Blue Devils doivent remplacer la totalité de la production de Justin Guterding (66G et 47A). Véritable légende du programme, il aura porté sur ses épaules le programme durant sa carrière universitaire. Après une saison freshman prometteuse, le jeune Joe Robertson (48G et 12A) sera à suivre très spécialement.

Offensivement, c’est donc un peu flou. Pas d’inquiétudes pour autant puisque les midfielders ont la particularité de se projeter rapidement vers l’avant, à l’image de Brad Smith (29G et 36A). Le meilleur joueur de l’ACC sera la pierre angulaire des Blue Devils. Physique, expérimenté et altruiste, il est redouté par tous les head coaches de la conférence.

Après être passé à deux doigts de devenir champions nationaux, les Blue Devils restent parmi les grands favoris en 2019. L’avenir de la saison pourrait bien résider en Brian Smyth. Le junior, responsable des face-offs, ne remporte “que” un duel sur deux. Un faible taux de réussite qui doit être augmenté.

 

Les outsiders sérieux :

 

Pour contrecarrer les plans de Duke, #6 Virginia a un paquet d’atouts. Le milieu de terrain composé de Ryan Conrad, Dox Aitken et Matt Moore est tout simplement le plus fort en NCAA et les unités spéciales sont également de grande qualité.

#10 Notre Dame est de son côté vu comme un concurrent de grand calibre par certains journalistes américains. Si Ryder Garnsey risque d’être esseulé en attaque, la défense est une valeur sûre comme chaque année.

Troisième larron de l’ACC, #11 Syracuse gagne en expérience cette saison. Les jeunes freshmen ont énormément appris en 2018 et seront redoutables en 2019. Mais cela suffira-t-il dans une conférence très dense ?

Du côté de la Big Ten, #3 Maryland mise davantage sur l’attaque cette saison. Il faut dire qu’avec un trio Bubba Fairman-Logan Wisnauskus-Jared Bernhardt, les buts devraient s’enchaîner.

Adversaire principal des Terps, #9 Penn State pourrait créer une belle surprise. Blessé en 2018, Grant Ament apporte une nouvelle arme offensivement tandis que la profondeur de banc sera importante pour une fois.

Quelque peu under the radar, #7 John Hopkins vivra et mourra avec ses playmakers. Que ce soit en attaque (Joey Epstein) ou en défense (Patrick Foley), le talent ne manque pas. Mais l’absence de solidité et de rotation dans le milieu de terrain pourrait coûter cher.

Dans la Patriot League, #4 Loyola et Patrick Spencer font figurent de favoris. Le senior est sans aucun doute le meilleur joueur du pays. Reste à voir si les autres escouades, autres que celle de l’attaque, suivront le rythme face à un calendrier relevé.

Un peu à l’image de Loyola, #5 Cornell peut avoir confiance en son attaque avec Jeff Teat et ses coéquipiers. Mais le manque de niveau cruel au poste de gardien et de “fogo” posent de nombreuses interrogations. C’est à ce niveau que se fait la différence avec Yale dans l’Ivy League.

Comment les Pioneers vont gérer le départ de Trevor Baptiste ? Cette question résume l’immense défi auquel est confronté #8 Denver. L’équipe reposait sur les face-offs pour lancer leurs offensives. Cette saison, il faudra construire davantage le jeu. Pour gagner la Big East, cela pourrait suffire. Mais assez suffisant pour un Final Four en mai ?