L’intersaison bat son plein en basketball universitaire avec un marché des transferts en pleine effervescence.

Mais dès le mois d’avril, le basketball en High School truste les premières pages des médias spécialisés au travers des divers circuits AAU ou des séances d’évaluation. L’occasion de voir les talents de demain face à de l’adversité, une bonne chose pour connaître l’étendue du talent d’un joueur.

Il s’agit bien évidemment du rendez-vous pour les scouts universitaires ; et de notre côté, Midnight on Campus aborde cette période avec une chronique aux (potentielles) stars de demain :

Des analyses de scouting seront publiés et serviront de rapport pour les prospects de la prochaine classe de recrutement. En plus de ceci, cette chronique permet de nous projeter plus loin, en parlant des prospects qui arriveront (si tout va bien) en NCAA dans deux, trois si ce n’est quatre ans.

Après le premier volet sur le fantasque meneur Nico Mannion (#26, 2020), on vous parle aujourd’hui d’un bigman sensation et roi dans son Etat de l’Alabama, Trinity Bell.

 

Qui est Trinity Bell ?

Non, ce n’est pas un lycée situé au Texas, Trinity Bell est bien une personne.

Il mesure un peu plus de 2 mètres et vient seulement de fêter ses 15 printemps. Depuis deux ans, il défend les couleurs de son lycée de Albertville High School, dans l’Alabama. Et pour sa deuxième année en varsity, Trinity Bell commence à s’écrire un nom dans les circuits en AAU mais surtout lors du camp organisé par Future 150, l’Elite24 All-American Camp.

C’est lors de ce dernier événement que certains scouts universitaires ont été éblouis par les qualités physiques mais aussi techniques de ce joueur hors-norme pour son âge. Il s’avère que lors de ce camp, des recruteurs d’Alabama, Kentucky ou encore Texas étaient présents dans les tribunes.

Le gamin fait déplacer les foules, ce qui prouve que la hype autour de lui est bien réelle.

 

Et sinon, que vaut-il sur le plan sportif ?

Forcément, à cet âge-là, on peut dire que l’emballement est assez rapide et d’autant plus pour un joueur de son profil. Mais attention, il reste encore énormément d’interrogations quant à son sujet.

Comment évoluera le joueur, comment va-t-il vivre sa puberté et j’en passe. Un prospect peut passer de future star à joueur lambda en l’espace d’un an.

Force est de constater que Trinity Bell respire (déjà) le basketball. Il faut dire que l’Etat d’Alabama est bien connu pour sortir très souvent des intérieurs qui feront une carrière dans la grande ligue.

Charles Barkley, Ben Wallace, DeMarcus Cousins, D.J. White, Marvin Stone, Mario Austin ou encore plus récemment Austin Wiley (Auburn) et Trey Jemison (3*, 2018 engagé à Clemson).

L’héritage est lourd à porter mais Trinity Bell ne s’en cache pas : il veut faire partie de cette grande lignée avec la NBA dans un coin de son esprit. Mais le chemin est encore long, à qui il reste deux années en High School. Il possède encore le temps pour progresser, lui qui possède une marge assez importante pour devenir un prospect efficace sur le plan universitaire.

Trinity Bell est un régal à voir jouer.

Sur les quelques représentations de ces matchs en AAU (peu d’images de son année au lycée…), il dégage une telle sérénité et une telle puissance pour son âge qu’il est difficile à stopper. Pourtant, on le sait bien, l’Etat de l’Alabama n’est pas forcément connu pour être l’Etat avec le championnat le plus relevé, mais l’adversité devient de plus en plus présente, avec une très jeune génération qui fait ses débuts et qui montrent déjà les crocs.

Comment définir Trinity Bell ? C’est un joueur qui joue à l’énergie, très athlétique, bon rebondeur (normal avec sa taille) et surtout, chose rare, il sait bouger par rapport au ballon.

En effet, lorsque l’on regarde un peu les intérieurs actuels en NCAA ou en High School, on sent que le jeu sans ballon n’est pas une qualité chez certains. C’est le contraire pour Trinity Bell, qui fait des efforts incalculables pour prendre l’ascendant sur son adversaire et pour se rendre disponible à tout moment pour le porteur de balle.

On retrouve aussi, et ce n’est pas une surprise, une aisance lors des situations de pick-and-rolls. Il faut dire qu’au lycée, pas moins d’une possession sur deux se termine via un pick-and-roll.

Trinity Bell sait qu’il doit travailler dur pour pouvoir se faire un nom et devenir professionnel. C’est pour cela qu’il s’entraîne sur chaque facette de son jeu, et essayant d’ajouter quelques cordes à son arc, comme par exemple le jeu au poste. Il possède un footwork très intéressant mais demeure plutôt rustre quand on parle de finition proche du cercle.

Ceci dit, il en est conscient :

“Je sais qu’il me reste encore beaucoup à faire. A long terme, j’aimerais devenir un mix entre John Petty et Blake Griffin. Je suis très athlétique, je suis un leader vocal sur le parquet et j’essaye vraiment de progresser au niveau de mes dribbles, notamment sous pression.

Si j’arrive à être efficace ballon en mains, cela va être un gros plus pour ma carrière.”

Il lui reste deux ans pour réussir son premier objectif ; de quoi voir l’avenir assez sereinement car le bagage technique est assez développé d’ores et déjà.

 

Quelles sont les universités intéressées à l’heure actuelle ?

Pour le moment, peu de programmes ont offert une bourse à Trinity Bell.

Il n’évolue pas dans le meilleur lycée de l’Etat et qu’il vient à peine de se faire un nom au sein du circuit AAU. Cependant, les universités de l’Alabama restent sur le coup, avec notamment le Crimson Tide qui envoie des scouts à chaque match du prospect.

Lors du camp Future 150, des scouts de Texas, Auburn, Kentucky ou encore Georgetown et Baylor ont réalisé le déplacement. Mais nul doute que l’intérêt arrivera en temps voulu, d’ici quelques mois.

 

Possède-t-il un avenir en NBA ?

Là encore, il est assez compliqué de se projeter aussi loin. Trinity Bell est un prospect talentueux mais qui est obligé de faire des bonnes performances lors des circuits AAU pour se montrer.

Malgré tout, le potentiel est là.

Un intérieur (il jouera poste 4 à l’université, poste 3-4 en professionnel à moins d’une poussée de croissance) athlétique, leader dans l’âme, gros bosseur… Il possède toutes les qualités pour évoluer dans un gros programme universitaire et plus tard, au sein de la ligue professionnelle.

Mais voilà, il doit bosser sur son tir à trois points, sur sa finition proche du cercle et sur sa main gauche. Il n’est pas encore prêt (logique) pour répondre aux attentes du monde universitaire. Mais à la vue de sa progression saison après saison, il se peut qu’il entre rapidement dans le Top-150 des prospects lycéens de la promotion 2021 dès la fin de cet été.

On parle ici d’un prospect 4-étoiles, classé dans le Top-75 sans forcer. A lui de se mettre sous les spotlights pour se vendre davantage.

Retenez bien ce nom : Trinity Bell. Il risque de faire parler de lui rapidement.