Un Final Four ou un Frozen Four à Las Vegas pourrait devenir réalité.

La NCAA a ouvert la porte à des championnats nationaux dans les Etats pratiquants les paris sportifs dans un communiqué de presse officiel.

La ligue universitaire a annoncé l’annulation “temporaire” d’une restriction qui empêchait les événements organisés par la NCAA de se produire dans des Etats où les paris sportifs sur des rencontres simples pouvaient se tenir.

Cette annonce intervient quelques jours après une jurisprudence émise par la Cour Suprême des Etats-Unis, qui a jugé une interdiction fédérale sur des paris sportifs organisés par un Etat (le cas faisant référence à l’Etat du New Jersey) inconstitutionnelle. Cette jurisprudence autorise a fortiori les paris sportifs dans l’Etat du Jersey et bientôt, dans une cascade d’autres Etats américains.

La ville de Las Vegas, située dans l’Etat du Nevada où les paris sportifs sont entièrement légaux, peut en théorie devenir la ville hôte de championnats nationaux dès à présent grâce à la disparition de cette restriction.

Cependant, il est toujours impossible pour les athlètes-étudiants ainsi que les employés des différents départements athlétiques, les entraineurs en première ligne, de participer à quelconque pari sportif.

La March Madness bientôt à Las Vegas ?

La grande majorité des sites pour les prochains championnats nationaux jusqu’en 2022 sont déjà connus, notamment l’ensemble des tours du tournoi final de basketball universitaire.

En annulant temporairement la restriction sur les Etats ayant légalisé les paris sportifs, la NCAA permet à l’Etat du Nevada et plus particulièrement à Las Vegas de soumettre sa candidature pour les championnats nationaux vacants à cette heure-ci. Les prochains votes couvriront les championnats des saisons 2023 à 2026.

Lors de la dernière session pour attribuer les sites nationaux de 2019 à 2022, Las Vegas avait soumis son nom pour les Regionals de la March Madness (basketball masculin), du Frozen Four (hockey sur glace) et du championnat national de lutte gréco-romaine. La restriction étant toujours en vigueur au moment des votes, Las Vegas n’avait pu recevoir d’événements d’envergure nationale.

Il est fort probable que la ville de Las Vegas, avec UNLV en tant que université hôte des événements, reçoive désormais des championnats nationaux organisés par la NCAA.

On pense évidemment à des Regionals de la March Madness et à terme un Final Four, dans la T-Mobile Arena, à quelques pas du fameux “Strip”. Au sein de la même arène, antre officielle des Knights (NHL), Las Vegas pourrait également prétendre à la réception du Frozen Four dans le cadre du tournoi final de hockey sur glace. Les campus de UNLV et de Nevada pourraient recevoir, quant à eux, des Regionals pour de futurs tournois nationaux en baseball et softball.

Le football universitaire pourrait également prendre ses quartiers à Las Vegas. La délocalisation de la finale de conférence Pac-12 ainsi que des matchs sur terrain neutre de début de saison, dans le futur stade des Raiders (NFL) au sud du “Strip”, semble de l’ordre du possible.

Le College Football Playoff, étant un organisme indépendant qui ne dépend pas officiellement de la NCAA, pouvait organiser un National Championship Game à Las Vegas mais ne l’a pas réalisé (pour le moment), du fait de la stigmatisation des paris sportifs de la ville. Il ne serait pas surprenant qu’une prochaine finale nationale soit annoncée dans le futur stade des Raiders.

A savoir que les tournois de conférence Pac-12, Mountain West, WAC et WCC en basketball universitaire se déroulent d’ores et déjà à Las Vegas, puisque ce ne sont pas des événements régis par la NCAA mais par les conférences elles-même.

Une volonté de contrôle fédéral sur les paris sportifs

Dans le communiqué de presse publié par la ligue universitaire, le Président de la NCAA, Mark Emmert, a également appelé à une réglementation des paris sportifs à un niveau fédéral, au même titre que la NFL, la NBA et d’autres ligues professionnelles.

La Cour Suprême des Etats-Unis, qui a délivré une jurisprudence en faveur de la légalisation des paris sportifs, désirerait un système de législation dans le cadre de chaque Etat ; la NCAA, entre autres, voudrait un système de législation fédéral.

“Il peut y avoir une niche afin d’éliminer les sports universitaires des paris sportifs, au même titre que ce qui a été réalisé pour les sports de “fantasy” quotidien,” disait Mark Emmert en décembre dernier lors d’un forum sur les sports universitaires. “Cela demanderait un lobbying Etat après Etat à moins que l’Etat fédéral participe à cette régulation.”

“80% des directeurs athlétiques ont indiqué qu’ils s’opposaient aux paris sportifs incluant les sports universitaires,” ajoute l’ancien Député Démocrate Tom McMillen, aujourd’hui président de Lead1, une association de directeurs athlétiques issus des 130 universités majeures en football universitaire.

“Nos directeurs athlétiques sont concernés, non seulement par la vulnérabilité des athlètes-étudiants à l’incitation du trucage de matchs, mais aussi aux coûts liés au respect du règlement et du maintien de la propreté des programmes.”

La notion d’argent est toujours un sujet plus compliqué en NCAA qu’au sein des ligues professionnelles.

Outre le fait que la ligue universitaire ne récompense pas les joueurs d’une contribution financière pour leurs exploits sur le terrain de jeu, ces mêmes joueurs sont pour l’écrasante majorité mineure (moins de 21 ans) lors de la cursus universitaire et ne peuvent ainsi participer à des paris sportifs.

La régulation de ces derniers est ainsi plus complexe en NCAA ; une multitude de lois issues du règlement universitaire pourrait causer la perte d’éligibilité d’un joueur ou même d’un programme.