Plus les semaines passent et plus Georgia s'impose comme l'unique dauphin d'Alabama en SEC.

Les performances de Georgia étaient largement décevantes la saison dernière. Kirby Smart, pour ses débuts sur la touche en tant que head coach, ne semblait pas être une meilleure option que Mark Richt à la tête des Bulldogs. Mais peut-être avait-il seulement besoin de temps.

Georgia débute cette nouvelle saison tambours battants avec cinq victoires en autant de rencontres, intégrant même le top-5 national dès le tout début du mois d’octobre après avoir été mis de côté à l’intersaison.

Jamais inquiétés par Appalachian State en ouverture, assez solides pour empocher un succès crucial sur le terrain de Notre Dame, puis renversants face à Mississippi State et Tennessee afin de lancer le bal du programme de conférence SEC, les Bulldogs impressionnent davantage chaque semaine. Tennessee en a fait les frais ce week-end (0-41), subissant son premier shutout depuis 1994 et surtout la pire défaite au Neyland Stadium depuis 1904.

La recette de Georgia s’affine peu à peu et ne souffre d’aucune contestation : tout débute avec une défense en acier trempé. Preuve en est, aucune de cinq équipes affrontées n’a dépassé le cap des 300 yards offensifs. Tennessee a par ailleurs du se contenter de seulement 146 yards, en plus d’un revers cuisant.

Le premier jeu de la rencontre résume parfaitement les exploits défensifs des Bulldogs (ou les déboires offensifs des Volunteers) : Quinten Dormady est intercepté par Tyrique McGhee.

Le quarterback de Tennessee a vécu une journée exécrable, poursuivi de manière incessante par le pass-rush de Georgia et/ou poussé à la faute par leur secondary. Et lorsque Butch Jones tente de donner le ballon à son meilleur élément offensif, le running back John Kelly, les linebackers adverses jouent de leurs qualités athlétiques hors norme pour annihiler toute percée à la course.

Hors Alabama, difficile de discerner une défense plus intraitable que celle de Georgia au sein de la conférence SEC. Elle a déstabilisé une attaque relativement fragile de Tennessee sans trop forcer, en apportant une pression monstre sur le backfield adverse. Et lorsque le junior Quinten Dormady a laissé sa place au freshman Jarrett Guarantano au cours du troisième quart-temps, tout était déjà plié (sans que cela ne produise une réelle différence, non plus).

Georgia menait d’ores et déjà 24-0 à la pause et avait mis la rencontre hors de portée grâce à un autre aspect qui n’état présent l’an dernier : une attaque terriblement efficace.

Attention, efficace n’est pas synonyme de productif ou bien même plaisant. L’animation offensive des Bulldogs ne fera chavirer personne de bonheur ; mais au final, elle empile les points qui importent. Et aussi surprenant que cela puisse paraitre, ce succès est à mettre au crédit d’un quarterback true freshman.

Jake Fromm, propulsé ballon en main à la suite de la blessure du sophomore Jacob Eason, dirige cette attaque de la façon qu’on lui demande : ne pas faire d’erreurs et trouver une solution lorsque l’on a besoin de lui. Initialement titulaire, Jacob Eason devrait revenir de blessure sous peu, a priori sans son poste à la barre de l’attaque.

Le jeune quarterback grandit sur le terrain après chaque rencontre. Tennessee s’est révélé être une nouvelle étape. Très propre lors des quelques passes qu’il a réalisé, Jake Fromm a surtout propulsé Georgia en tête de la partie en inscrivant deux touchdowns à la course, coup sur coup, en fin de deuxième quart-temps. Ce fut sans aucun doute le coup de marteau enfonçant définitivement les espoirs de Butch Jones.

Le déficit des Volunteers est passé de 10 à 24 points en l’espace de quelques minutes. Deux touchdowns entrecoupés d’une interception de J.R. Reed sur Quinten Dormady. La défense provoque des turnovers, l’attaque en profite pour inscrire des points ; la copie parfaite des attentes de Kirby Smart.

Mais le succès de Jake Fromm ne pourrait intervenir sans un aspect crucial de l’attaque des siens. Il ne faut pas oublier que le tempo de la rencontre est dicté par les performances des running backs. Le duo de seniors, composé bien évidemment de Nick Chubb et Sony Michel, fait des ravages en ce début de saison.

Les dernières minutes de la première mi-temps illustrent parfaitement le squelette offensif de Georgia. Nick Chubb et Sony Michel s’échangent des cours vindicatives, suppléés avec succès par le freshman De’Andre Swift, avant que Jake Fromm s’enfonce dans l’en-but une première fois.

Georgia utilise le jeu de course parfaitement pour fatiguer ses adverses avant d’en profiter pour faire basculer la rencontre en sa faveur, que ce soit grâce aux running backs eux-même ou que ce soit grâce aux exploits offensifs des quarterbacks.

Oui, quarterback au pluriel. Puisque si la défense marche sur l’eau en ce moment et si le jeu au sol ne peut être un souci avec autant de joueurs transcendants, la position de quarterback est véritablement l’endroit qui peut déstabiliser le succès des Bulldogs. Et Kirby Smart se trouve aujourd’hui face à un dilemme à résoudre.

Laisse-t-il le ballon dans la main de Jake Fromm, en forme, ou préfère-t-il donner une nouvelle chance à Jacob Eason, au risque de mettre à mal l’alchimie offensive de ces dernières semaines ?

Quoi qu’il en soit, Georgia continue son bout de chemin, invaincu et en position de force au sein de la SEC East. Le mois d’octobre devrait se révéler crucial avec le déplacement sur le terrain de Vanderbilt et la rivalité annuelle face à Florida, les deux concurrents principaux pour le gain de la division. Et si l’on regarde les performances des dernières semaines, les Bulldogs sont bien partis pour retrouver une finale de conférence SEC qui les fuit depuis 2012.

Un aspect rapproche cette équipe de celle d’il y a cinq ans : Georgia détient une identité. Ce qui n’était pas forcément le cas depuis lors, menant à l’éviction de Mark Richt, en fin de compte.

Kirby Smart se trouvait d’ailleurs sur la touche lors de cette finale de conférence SEC en 2012 ; l’actuel head coach des Bulldogs était le coordinateur offensif de Nick Saban pour Alabama. Peut-être que le destin des deux équipes se croisera à nouveau en 2017.