Qui aurait cru que les Wildcats auraient un record de 6-2 grâce, en partie, à un sophomore ? 

Arizona est incontestablement la grande surprise de la conférence Pac-12 en cette saison.

Avec un bilan positif de six victoires et seulement deux petites défaites, le programme est en effet éligible pour un bowl (déjà !) et est dans la course pour décrocher un ticket qui l’enverrait en finale de conférence. Une situation qui était impensable il y a encore deux mois.

Et oui, puisque depuis leur titre de la division South remporté en 2016, les Wildcats s’étaient habitués à occuper les bas fonds de la conférence, comme l’en atteste leur record de la saison dernière (3-9, dont 1-8 en Pac-12). Tout le monde s’attendait à voir cette séquence négative continuer de plus belle. Arizona avait vu partir durant l’intersaison trois de ses quatre meilleurs receveurs, et ainsi de l’expérience, qui devait délaisser un jeu aérien en ruine.

Cette tendance s’est ainsi vérifiée lors des quatre premières rencontres de la saison. Tandis que le jeu de course était à son beau fixe, porté par J.J. Taylor et Nick Wilson (871 yards et 7 TDs après huit matchs), le secteur aérien peinait à accumuler les yards sur le terrain.

Certes, Brandon Dawkins n’était pas abominable, mais son manque criant d’explosivité à la passe ne permettait pas à Rich Rodriguez de se reposer sur lui quand il s’agissait de faire souffler le jeu au sol.

Ainsi, après quatre rencontres disputées pour 670 yards, 5 touchdowns et 3 interceptions, le staff pris une grande décision en envoyant le backup Khalil Tate au poste de quarterback titulaire. Cette décision a depuis littéralement changé la saison du programme.

Arizona reste en effet sur quatre succès de rang et Khalil Tate sur quatre trophées de meilleur joueur de la semaine en Pac-12, ce qu’aucun joueur n’avait jamais réalisé jusque là. Incroyable, non ?

Pour réaliser cet exploit, le sophomore affiche sans surprise des statistiques impressionnantes depuis qu’il a pris les reines de l’attaque : 734 yards, 6 TDs et 3 interceptions à la passe, mais surtout, 840 yards et 8 TDs à la course. Tout cela ayant était réalisé en octobre uniquement.

Ce samedi, c’est logiquement grâce à ces performances que les Wildcats ont crée l’upset face à #15 Washington State (58-37). Avec 421 yards et 4 touchdowns au total, il a ainsi porté son équipe vers le succès. Les Cougars, qui arrivaient dans l’Arizona en concédant seulement 30% de passes complétées, ont vu Khalil Tate en compléter quatre de plus de 40 yards sur 10 de réussies au total ! Simple, mais terriblement efficace.

Le QB dual-threat est par conséquent la révélation de cette saison au niveau FBS puisqu’il a su faire d’un programme très moyen un réel contender pour le titre de conférence. Recruté en 2016 comme un athlète 4-étoiles (classé 11e à ce poste), il était attendu à devenir un joueur très polyvalent dans le roster des Wildcats. Mais dès sa saison freshman, il a occupé le poste de QB en participant à sept rencontres dont une en tant que titulaire. Cependant, si on pouvait déjà apercevoir son potentiel l’année dernière, personne ne l’aurait imaginé exploser de cette manière.

“Exploser” est d’ailleurs un terme qui lui va à merveille. En dynamitant les défenses de l’ouest américain, il est effectivement un joueur ultra athlétique et explosif, ce qui est logique lorsque l’on voit ses mensurations. Toutefois, Khalil Tate s’appuie essentiellement sur une caractéristique non négligeable : la modération.

Alors que de nombreux grands QB double-menace ont besoin d’une quantité importante de ballon pour faire la différence, le natif de Californie a cette capacité de créer d’immenses dégâts quasiment à chaque fois qu’il a la possession du ballon. Face à Washington State justement, il a accumulé son compteur de yards grâce à des big plays qui ont mis le feu à la défense des Cougars.

Seulement 13 lancers dont 6/10, 238 yards et un TD sur des lancers de plus de 10 yards et 11.2 yards par portée à la course. Des chiffres tout simplement ahurissants.

Au niveau national, il se place tout simplement premier en terme de yards par course (13.42), très loin devant Malcolm Perry (11.05) qui se classe second. Et si l’on peut penser que Khalil Tate affiche de telles statistiques parce qu’il n’a pas un nombre assez élevé de tentatives, détrompez-vous car il en compte 69, soit davantage que la moitié du Top 10 dans cette catégorie.

Evidemment, l’improbable réussite d’Arizona n’est pas uniquement à mettre à l’actif de Khalil Tate, mais son incroyable talent aide considérablement l’université. Grâce à des prestations qui lui ont permis de rentrer dans la discussion pour un Top 5 au Heisman Trophy, Arizona surfe sur une dynamique positive à quatre matchs de la fin de la saison régulière.

Avec des déplacements à #17 USC, Oregon et Arizona State et la réception de Oregon State, le calendrier n’est aisé, mais pas sur-humain non plus. Et lorsque l’on voit le niveau de jeu proposé par les Wildcats et son leader, on se dit qu’une finale de conférence ne se révélerait finalement pas de l’impossible.