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Le Junior College, ignoré à tort sur la route de la Division I

Le Junior College, ignoré à tort sur la route de la Division I

Le Junior College, généralement connu sous le nom de JUCO et officiellement titré du patronyme de NJCAA (National Junior College Athletic Association), est l’anti-chambre du championnat universitaire de la NCAA. Fondé en 1938, il suit le même schéma que ce dernier avec un championnat divisé en divisions, le tout en 24 régions.

Le concept est simple : donner une chance aux prospects issus du Community College ou Junior College de pouvoir se montrer aux yeux des scouts universitaires. Cependant, il existe de grandes différences avec le système employée par la NCAA. Un cursus de deux années attend chaque joueur qui s’engage en JUCO, par exemple. Outre le fait de se mettre au niveau scolaire, qui est moins élevé que celui en NCAA, il permet de se frotter à des joueurs de son âge (ce qui diffère du circuit universitaire traditionnel ou bien celui en High School, avec des différences d’âge de parfois 4 ans).

Après ce cursus de deux ans, les prospects peuvent rejoindre un programme universitaire de quatre années, avec deux années d’éligibilités restantes, aussi bien sur les bancs scolaires que sur les parquets. D’un point de vue du règlement universitaire, un prospect sortant de JUCO est immédiatement éligible avec sa nouvelle équipe en Division I, au contraire d’un joueur qui arrive via un transfert d’un autre programme de cette même Division.

C’est donc une solution très viable si vous sortez de votre cursus lycéen sans aucune bourse universitaire ou si vous espérez une meilleure opportunité dans le futur.

Les scouts universitaires observent de plus en plus le circuit JUCO. Il faut dire que certains prospects qui sont passés sous les spotlights au lycée, se libèrent en Junior College et explosent aux yeux de tous. Les entraîneurs de Division I en NCAA sont friands de ce genre de joueurs dont la courbe de progression s’envole plus tard que d’autres.

Dans un premier temps, piocher dans les rangs du Junior College est un moyen utile et « économique » (éligible immédiatement) d’ajouter de la profondeur sur le banc et dans le groupe. Parfois, le coup de poker se transforme en véritable pépite.

D’un Junior College inconnu à un statut de triple All-Star NBA

Le premier cas qui vient à l’esprit n’est autre que Marshall Henderson. Des problèmes en dehors des parquets au lycée (il faut dire que le monsieur peut rapidement péter un câble), un niveau scolaire insuffisant pour rejoindre une université… Il a donc opté pour le JUCO par l’intermédiaire de South Plains College et cela lui a plutôt bien réussi : un titre de champion national, un titre de meilleur joueur du championnat et une multitude de bourses offertes par des programmes du Power Six. Il signe par la suite à Ole Miss, y connaît le succès mais ne sera pas drafté.

Il prend alors la direction de l’Europe où il évolue actuellement en tant que joueur professionnel.

(Crédit photo : Chicago Bulls, NBA.com)

L’autre joueur qui représente la pérennité de ce système est désormais l’une des stars de la NBA. Après seulement une saison en JUCO dans l’Etat du Texas, il rejoint l’Université de Marquette. Trois saisons plus tard, il est sélectionné en toute fin de premier tour à la Draft NBA par Chicago, où il deviendra le leader de l’équipe… Il s’agit bien de Jimmy Butler !

Désigné All-Star et sélectionné dans la deuxième équipe défensive de l’année à trois reprises chacune, MIP en 2015, le CV parle de lui-même. Et oui, la star adulée par un grand nombre de personnes a commencé son cursus au Tyler Junior College. Comme quoi, cela ne veut rien dire.

Mais ces deux cas ne sont pas les seuls à pouvoir plaider en faveur du Junior College. Attachez vos ceintures, les joueurs listés ci-dessous sont également passés par la case du JUCO. Cette liste n’est exhaustive puisqu’elle ne comporte pas les joueurs NBA actuels, les joueurs qui évoluent en Europe ou encore dans le système universitaire et plus particulièrement en Division I.

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  • Cédric Ceballos
  • Steve Francis
  • Mark Eaton
  • Ricky Green
  • Larry Johnson
  • Lionel Hollins
  • Bob McAdoo
  • Alvin Robertson

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  • Shawn Marion
  • Dennis Rodman
  • Latrell Sprewell
  • John Starks
  • Nick Van Exel
  • Ben Wallace
  • Sam Cassell

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Avant de devenir l’un des tauliers d’Arizona en NCAA, Kadeem Allen a fait ses classes du côté du Hutchinson Community College, en JUCO. Très peu connu par les scouts universitaires, il a saisi l’opportunité de rejoindre le Junior College pour se montrer.

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a connu deux saisons exceptionnelles, en mettant son nom dans l’histoire de son Community College. Troisième meilleur marqueur de l’histoire avec 1.425 points inscrits au compteur, des distinctions de tous les côtés, que ce soit dans le cinq majeur de son état et bien d’autres. Que dire sur sa saison de sophomore, qui a été tout simplement monstrueuse.

Il amène son équipe en finale régionale, avec un bilan de 26 victoires pour 8 défaites (cela faisait longtemps que la barre des 25 victoires n’avait pas été atteinte en saison), en étant le deuxième meilleur marqueur du championnat (25.9 points de moyenne). Si l’on rajoute le fait que sur sa saison de freshman, il a été le seul joueur du Hutchinson Community College a réalisé un triple-double (29 points, 12 rebonds et 10 passes). Puis il a récidivé en début de Playoffs avec une ligne de statistiques moins imposante (18 points, 10 rebonds et 10 passes) mais difficile de faire la fine bouche.

C’est avec un nouveau statut qu’il quitte le JUCO pour rejoindre les Wildcats d’Arizona. Impensable en fin de son cursus lycéen. Là-bas, il devient rapidement indispensable à Sean Miller, qui le lance sur le parquet pour 30 minutes de moyenne, pour un rendement efficace (non loin des 10 points de moyenne sur sa dernière saison, mais un apport général indéniable).

Puis, son rêve se réalise. Il est appelé par les Celtics de Boston à la Draft NBA, au second tour à la 53e position générale. Il succède à un certains Darius Johnson-Odom en 2012, qui sortait du même programme en JUCO et qui avait été drafté par les Lakers en 55ème position.

La voie du succès pour la Division I

Même si le JUCO possède une petite hype grandissante, ce ne fut toujours pas rose concernant la réputation du circuit. En effet, bien longtemps (et c’est toujours le cas malheureusement), les joueurs allant en Junior College était catalogué comme « intellectuellement stupide » pour ne pas remplir les critères d’adhésion à l’université. Même si cela possède une part de vrai, le JUCO relève également d’un choix de la part des prospects.

Imaginez un peu le contexte : vous êtes un joueur de basketball dans un petit Etat. Vous ne recevez pas de bourse pour jouer en Division I, qui est votre objectif. Vous ne pouvez pas vous permettre d’aller dans une université en tant que walk-on (sans bourse et donc payer la totalité des frais d’inscription). Soit vous partez en Division II ou III, avec une exposition bien moindre, ou alors vous rejoignez un circuit compétitif et attrayant qu’est le JUCO.

Deux ans pour se montrer sous son meilleur jour aux yeux des scouts, qui sont souvent dans les gradins et surtout lors des phases finales, tout en gardant deux années d’éligibilité en NCAA dans le pire des cas.

L’alternative du JUCO est la plus efficace pour les prospects passés sous les radars en High School. Une deuxième chance que peu ne laissent passer.

En tant que joueur de Junior College, les athlètes peuvent prouver leurs valeurs dans le sport de leur choix. Si jamais ils excellent, ils sont remarqués par les scouts universitaires de la NCAA et obtiennent une chance d’accéder à un programme de Division I. De plus, dans une ère où les réseaux sociaux sont omniprésents dans un processus de recrutement, le nombre de vidéos de highlights est impressionnant et l’on peut rapidement trouver ses actions sur la toile. C’est un atout non-négligeable pour se faire connaître et certains en jouent parfaitement.

L’alternative du JUCO est la plus efficace pour les prospects qui sont passés sous les radars en High School. C’est une sorte de deuxième chance accordée et bien souvent, les prospects ne la laissent pas passer et la plupart signent en Division I.

L’aspect sportif n’est pas le seul qui prime. Nombre de joueurs arrivant en Junior College ne remplissent pas les critères académiques de la NCAA. Ces deux ans de réhabilitation et de mise à niveau sont essentiels et trop souvent, on ne met pas assez en lumière qu’ils rejoignent la grande ligue universitaire avec un diplôme en poche au bout de deux ans de Community College, tout en déboursant des frais bien moindres qu’au sein d’une université de Division I. Rappelons (à nouveau) que ce sont des étudiants-athlètes, pas seulement des athlètes.

Mais voilà, même si le JUCO semble être la solution, la montée en puissance des Prep Schools (pas de perte d’éligibilité et centrées essentiellement sur le côté sportif) rend moins attractif le Junior College. Mais détrompez-vous, c’est le processus qu’il faut adopter si l’on veut réussir en Division I.

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